Chamak, Stéphane « Frôler la vie » (2026) 224 pages

Chamak, Stéphane « Frôler la vie » (2026) 224 pages

Auteur: de nationalité française, né en 1972. Il écrit depuis l’enfance, mais son désir de publication et de partage est récent. À 19 ans, Stéphane se lance dans le monde professionnel armé d’un baccalauréat de comptabilité, et travaille pour une société de contrôle de marchandises destinées à l’exportation en Afrique et en Amérique latine. Cette expérience dure sept ans et lui permet de nombreux déplacements à l’étranger (Bénin, Togo, Comores, Pays-bas…).
De retour en France en 1998, après deux ans d’expatriation à Djibouti, Stéphane décroche un poste de manager dans une grande société informatique, et supervise divers projets au niveau européens. Il est aujourd’hui responsable de projets sénior dans une société de service en ingénierie informatique, où il pilote le déploiement des 80 000 machines et systèmes d’exploitation d’un (gros) client.
Stéphane est un amoureux du livre, un objet qu’il trouve magnifique. Il écrit des nouvelles dans des genres très différents (comédie, thriller, conte, fantastique, drame…). Il est également passionné par le cinéma. Son travail d’écriture est avant tout motivé par son envie de raconter des histoires, de prendre et de donner du plaisir. (Source Babelio)

Romans : « Les éphémères » (2016)  – « Le petit Lebanski »(2018)    « Kanaka » (2023)  – « Frôler la vie » (2026) 

Recueils de nouvelles : Un pied devant l’autre – IXCEA (2005) – Les escapades casanières – La Compagnie Littéraire (2007) – L’ombre au tableau – La Compagnie Littéraire (2009) – Les hommages collatéraux – Widj’Editions (2011) – Mozaïk – Widj’Editions (2014) – La bascule -Widj’Editions (2017)

Aux éditions « le mot et le reste » – 22.05.2026 – 224 pages

Résumé:
Paul, 86 ans, est un homme en retrait du monde. Spectateur lucide, parfois ironique, il vit seul à Montmorency, dans une routine sans désir ni attaches. Un jour, il reçoit une lettre qui l’incite à se rendre dans un village d’Auvergne, où une femme prétend le connaître. Intrigué, il accepte. Dans une maison vieillissante, entre silences des repas, odeurs de tome fondue, photographies floues et gestes empêchés, il va chercher à découvrir la vérité de son histoire, mais se verra obligé de questionner ses propres émotions. Confronté à tout ce qu’il a toujours tenu à distance – les autres, le passé, l’existence – à travers des moments burlesques, poétiques ou graves, ce voyage intime le mènera vers une révélation essentielle : vivre ne consiste pas à se souvenir, mais à se laisser atteindre.

Avec une grande délicatesse, Stéphane Chamak explore les thématiques de la vieillesse, de la mémoire et de la famille.

Mon avis : ❤️❤️❤️❤️❤️

Déjà, avant de commencer la lecture, les deux citations en exergue avaient touché mon cœur ! Camus et Serge Lama avec ses magnifiques ballons rouges..

Comme pour les romans précédents, j’ai ressenti une énorme tendresse pour les personnages du roman. Les deux personnages principaux sont touchants, ils parlent directement au coeur.  Et les autres personnages du village, tous plus originaux les uns que les autres.

Il suffit d’une simple lettre, adressée semble-t-il à la bonne adresse mais à un faux destinataire pour que l’aventure commence pour un vieux monsieur de 86 ans. Il aurait pu l’ignorer, la retourner à l’expéditeur, mais non… il décide de se déplacer … Pourquoi ? Il ne le sais pas… pour que l’expéditrice reçoive une réponse, qu’elle ne soit pas déçue… Il se sent une responsabilité vis-à-vis de cette vieille femme qu’il ne connait pas…
Et l’histoire est belle… Une belle relation va se tisser entre le vieux monsieur et la vieille dame.
C’est doux, c’est touchant. C’est drôle et inventif… et je ne vous en dit pas plus pour vous laisser la découverte…

Extraits:

J’ai une relation ambiguë avec les mots.
Le plus souvent, je me méfie d’eux.
Ils compliquent les choses.
Ils prennent trop de place.
Les mots encombrent.

« Pour le vieil homme que je suis, se souvenir revient à serrer le poing pour retenir le sable. Quelques grains subsistent. Le reste s’éparpille »

Si la vieillesse est inéluctable, la négligence, elle, ne l’est pas.
Nul ne devrait se laisser aller.

Dans mon rêve, je sentais leur présence. Un rêve aux contours flous, dont il m’est resté au réveil un bourdonnement léger et persistant dans les oreilles – semblable à des acouphènes.

Pour la plupart, les gens classent les souvenirs en deux catégories : les bons et les mauvais.
En ce qui me concerne, je les répertorie dans deux autres registres : les précis et les approximatifs.

Des hommes ou du temps, à la guerre, on finit toujours par tuer quelque chose.

Cette fois, le silence ne me dérange pas.
Il ne m’est pas devenu familier, mais il ne m’apparaît plus comme un convive indésirable.

– Je me fiche du temps perdu. Je te parle du temps qui reste.

La nuit, disait-elle, il y a des prières sans mots, des confessions qui s’ignorent, des âmes qui Le cherchent sans le savoir, sans Le nommer. La nuit, on croit tous en Dieu.

La mort d’une mère est le premier chagrin que l’on pleure sans elle.

Les enfants sont pour moi des êtres d’un autre règne. D’un autre monde. Non pas inférieur, non – simplement inconnu du mien. Un monde que je ne comprends pas, trop bruyant, un tumulte perpétuel auquel je suis incapable de faire face. À vrai dire, je n’ai qu’un seul reproche à leur faire : les enfants ignorent tout du silence.

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