Pérez-Reverte, Arturo « Le soleil de Breda » (1999) 320 pages

Pérez-Reverte, Arturo « Le soleil de Breda » (1999) 320 pages

Auteur: Arturo Pérez-Reverte, né le 25 novembre 1951 à Carthagène en Espagne, est un écrivain, scénariste espagnol et ancien correspondant de guerre.

Ses romans : ( en italique : lus avant la création du blog)
1986 : Le Hussard (El húsar), retouché et réédité en 2004 après le rachat des droits par l’auteur
1988 : Le Maître d’escrime (El maestro de esgrima) adapté au cinéma en 1994 par Pedro Olea sous le titre El maestro de esgrima
1990 : Le Tableau du maître flamand (La tabla de Flandes) a inspiré le film du même nom de Jim McBride (titre original : Uncovered)
1993 : Le Club Dumas ou l’ombre de Richelieu (El club Dumas) a inspiré le film La Neuvième Porte de Roman Polanski
1993 : La sombra del águila
1994 : Territorio comanche
1995 : Cachito (Un asunto de honor)
1995 : Obra breve
1995 : La Peau du tambour (La piel del tambor)
1998 : Patente de corso
2000 : Le Cimetière des bateaux sans nom (La carta esférica)
2002 : La Reine du sud (La Reina del Sur)
2004 : Cabo Trafalgar
2006 : Le Peintre de batailles (El pintor de batallas)
2008 : Un jour de colère (Un día de cólera, Trad. François Maspero)
2009 : Les Yeux bleu (Ojos azules)
2010 : Cadix, ou la diagonale du fou (El asedio, Trad. François Maspero)
2012 : Le Tango de la vieille garde (El Tango de la guardia vieja)
2013: La Patience du franc-tireur (El Francotirador paciente )
2015 : Deux hommes de bien (Hombres buenos)
2019 : Sidi (Sidi)
2021 : L’italien (El Italiano)

Série Capitaine Alatriste
– 1996 : Le Capitaine Alatriste (El capitán Alatriste) – tome 1
– 1997 : Les Bûchers de Bocanegra (Limpieza de sangre) – tome 2
– 1998 : Le Soleil de Breda (El sol de Breda) – tome 3
– 2000 : L’Or du roi (El oro del rey) – tome 4
– 2003 : Le Gentilhomme au pourpoint jaune (El caballero del jubón amarillo) – tome 5
– 2006 : Corsaires du levant (Corsarios de Levante) – tome 6
– 2012 : Le Pont des assassins (El puente de los asesinos) – tome 7

Série Falcó
– 2016 : Falcó, (Falcó) – 2017 : Eva (Eva) – 2018 : Sabotage (Sabotaje)

Série Capitaine Alatriste
Le soleil de Breda (El sol de Breda ) – tome 3
Seuil – 04.05.1999 – 232 pages / Points Poche  11.10.2012 – 320  pages / Points Poche  Jean-Pierre Quijano (Traducteur)

Résumé :
La guerre des Flandres fait rage. Au pied de la cité de Breda, un siège sanglant oppose Hollandais et Espagnols. En juin 1625, après des mois de corps à corps, les clés de la ville sont enfin remises au général espagnol Spínola. Neuf ans plus tard, Inigo Balboa, le jeune page fidèle du grand capitaine Alatriste, se souvient de cet abominable chaos auquel il a pris part aux côtés de son maître. Né en Espagne en 1951, Arturo Pérez-Reverte est un des plus grands romanciers espagnols contemporains.

Mon avis: ❤️❤️❤️
J’ai retrouvé le Capitaine Alatriste  mais cet opus est trop sanglant pour emporter mon adhésion ! 

Alors certes il y a des descriptions épiques mais trop de violence dans ces descriptions! Pour qui aime être au coeur de la guerre, dans le sang et la sauvagerie, je reconnais que c’est extrêmement bien décrit. On s’y croit ! Mais pour moi qui ne suis pas fana des scènes de tueries et massacres… c’est trop !
Au programme champs de bataille, siège, tueries, massacres, , tirs d’arquebuse, de mousquets, piques, hallebardes, épées,  cris, mutineries, désolations et mort…
Et aussi une furtive rencontre livresque, avec Pedro Calderón de la Barca, le grand auteur dramatique, une mention de Don Quichotte de la Manche de Miguel de Cervantès .
J’adore les romans de cape et d’épée mais honnêtement j’ai souffert sur le camp de bataille… C’est davantage un documentaire sur le siège de Breda qui opposa les Espagnols aux Hollandais. Alors oui, pour l’Histoire avec un grand H … mais quitte de l’histoire , de l’intrigue, du coté romanesque ? Oui j’ai retrouvé les personnages mais pas d’intrigue proprement dite…

Extraits:

Les ordres étaient tranchants, comme le fil d’une épée de Tolède

Mieux valait pour un hidalgo – et tous prétendaient l’être – mourir de faim et sauvegarder son honneur que de devoir la vie au maniement de pelles et de pics.

Tous portaient leurs bandes d’un rouge fané, ou comme moi, cousue sur le pourpoint ou sur la casaque, la croix rouge de Saint-André, signes qui permettaient aux Espagnols de se reconnaître dans le feu du combat. 

L’un d’eux dit quelque chose à la blague et un éclat de rire accueillit ses paroles. Je me souviens de la profonde impression que me fit cette scène, car j’aurais cru, après une pareille journée, que le rire des hommes se serait éteint pour toujours dans le monde.

J’étais partagé entre des sentiments contradictoires, fier et honteux tout à la fois, épuisé mais rempli d’une énergie qui me faisait battre le cœur à tout rompre, horrifié, triste, amer et heureux d’être vivant. Je vous jure que toutes ces sensations et tous ces sentiments, comme bien d’autres encore, peuvent se donner libre cours après une bataille.

Celui qui tue de loin ne tire aucune leçon sur la vie ni sur la mort. Il ne risque rien, il ne se salit pas les mains, il n’entend pas la respiration de son adversaire, il ne voit pas l’épouvante, le courage ou l’indifférence dans ses yeux. Celui qui tue de loin ne met pas à l’épreuve son bras, son cœur ni sa conscience. Il ne crée pas de fantômes qui reviennent ensuite le tourmenter toutes les nuits, pour le restant de ses jours. Celui qui tue de loin est un coquin qui confie à d’autres le sale travail qui est le sien. Celui qui tue de loin est pire que les autres hommes, car il ignore la colère, la haine, la vengeance et la terrible passion de la chair et du sang en contact avec l’acier d’une lame. Mais il ignore aussi la pitié et les remords. Celui qui tue de loin ne sait pas ce qu’il perd.

Il eût été absurde de perdre son temps à penser à autre chose qui ne fût pas se traîner avec son pistolet dans une main et sa dague dans l’autre, sans autre but que de reproduire le rituel macabre que d’autres hommes avaient répété au cours des siècles : tuer pour rester en vie. À part cette certitude bien simple, rien n’avait de sens. 

Puis sa voix s’éleva, lente et froide, très basse, aussi tranchante que l’épée dont l’envie de se servir le démangeait.
— Je me sers de mes deux bras pour m’acquitter de mon devoir envers le roi qui me paye… quand il me paye…
Alatriste fit une très longue pause. Quant à mon honneur et à ma réputation. Votre Seigneurie n’a rien à craindre. Je m’en occupe moi-même et je n’ai besoin de personne pour me faire la leçon.

Information :
Tercio
( Source wikipedia) : Le tercio est l’unité administrative et tactique de l’infanterie espagnole de 1534 à 1704, subdivisée à l’origine en dix, puis douze compagnies composées de piquiers, escrimeurs et arquebusiers ou mousquetaires. Regroupant environ trois mille fantassins professionnels par unité, hautement entraînés et disciplinés, les tercios furent réputés invincibles jusqu’à la bataille de Rocroi (1643).
En 1632, une ordonnance royale fixe l’organisation des tercios espagnols à 12 compagnies de 250 hommes et ceux des Flandres et d’Italie, à 15 de 200 hommes. Ces nouvelles banderas, dites d’ordonnance, sont uniformes au sein d’un même tercio ; celle de 250 hommes comprend onze officiers et aides, 90 corseletes, 60 mousquetaires et 89 arquebusiers, et celle de 200, onze officiers et aides, 70 corseletes, 40 mousquetaires et 79 arquebusiers.

Cependant en 1636, le gouverneur des Pays-Bas espagnols, organise les tercios espagnols et italiens de l’armée des Flandres sur un autre modèle à treize compagnies de piquiers et deux d’arquebusiers mais, du fait de la grande proportion de mousquetaires dans les banderas de piquiers, ceux ne représentent plus que le tiers de l’effectif théorique. Ces tercios sont censés avoir 759 piquiers, 318 arquebusiers et 1 380 mousquetaires. Les tercios provisoires levés dans la péninsule Ibérique sont beaucoup moins puissants, avec dix banderas de seulement cent hommes, ils sont aussi constitués de troupes de piètre valeur. Les tercios provinciaux qui les suivent sont plus réussis avec leurs douze compagnies de cent hommes et des troupes beaucoup plus motivées.

Image : Velasquez « La reddition de Breda » 

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