Jérusalmy, Raphaël « La Confrérie des chasseurs de livres » (2013)

Jérusalmy, Raphaël « La Confrérie des chasseurs de livres » (2013)

Auteur : Raphaël Jérusalmy est issu de l’École normale supérieure. Après ses études, il s’engage dans l’armée israélienne, au sein de laquelle il évolue rapidement vers le service de renseignement. Après une quinzaine d’années, il prend sa retraite de l’armée et mène des actions éducatives et humanitaires, puis devient négociant en livres anciens à Tel Aviv. Il est également expert sur la chaîne de télévision I24news.

J’aime beaucoup cet auteur ; j’ai lu de lui Sauver Mozart (voir article), La Confrérie des chasseurs de livres (voir article), «Les obus jouaient à pigeon vole» (2016) (voir article). En 2017, il publie « Évacuation » et en 2018 « La Rose de Saragosse »

 

Résumé :
Le roman de Raphaël Jerusalmy commence là où calent les livres d’histoire. François Villon, premier poète des temps modernes et brigand notoire, croupit dans les geôles de Louis XI en attendant son exécution. Quand il reçoit la visite d’un émissaire du roi, il est loin d’en espérer plus qu’un dernier repas. Rebelle, méfiant, il passe pourtant un marché avec l’évêque de Paris et accepte une mission secrète qui consiste d’abord à convaincre un libraire et imprimeur de Mayence de venir s’installer à Paris pour mieux combattre la censure et faciliter la circulation des idées progressistes réprouvées par Rome. Un premier pas sur un chemin escarpé qui mènera notre poète, flanqué de son fidèle acolyte coquillard maître Colin, jusqu’aux entrailles les plus fantasmatiques de la Jérusalem d’en bas, dans un vaste jeu d’alliances, de complots et de contre-complots qui met en marche les forces de l’esprit contre la toute-puissance des dogmes et des armes, pour faire triompher l’humanisme et la liberté.
Palpitant comme un roman d’aventures, vif et malicieux comme une farce faite à l’histoire des idées, regorgeant de trouvailles et de rebondissements, La Confrérie des chasseurs de livres cumule le charme et l’énergie de Fanfan la Tulipe, l’engagement et la dérision de Don Quichotte et le sens du suspense d’un Umberto Eco.

Mon avis :
Entre Moyen Age et Renaissance. Deux héros dans ce roman : le poète François Villon, aventurier et voyou.. un personnage de légende… qui disparait de la circulation à 32 ans et de ce fait on peut imaginer la suite de sa vie. On voyage à travers les pays, à travers la langue. L’autre héros : le livre. A quoi sert le livre ? A sauvegarder la liberté de pensée. Et ici à sauver notre âme…
Deuxième roman que je lis de cet écrivain et deuxième coup de cœur. Même si le livre témoigne d’une véritable érudition, cela reste un roman d’aventure, ancré dans la période allant du Moyen Age à la Renaissance, faisant référence à l’époque actuelle aussi. Et la langue est une pure merveille. Même mes amis qui n’aiment pas les romans mais qui sont amoureux de la poésie, des livres, des manuscrits et de la langue devraient le lire. Et avec de l’humour, ce qui ne gâche rien !

J’avais déjà beaucoup aimé son précédent roman “Sauver Mozart” (2012)

Extraits :
Sa voix suave flotte comme un doux encens dans l’air rance de la pièce

Leurs craquelures parlent un langage mystérieux. Elles vous soufflent des mots, des phrases à l’oreille. Il suffit ensuite d’une musique, de quelques rimes, pour en révéler le secret

De mes amours et de mes duels, il ne me reste que des cicatrices

La place du marché s’éveille, emmitouflée dans l’épaisse brume du matin. Des sons tout d’abord timides, épars, picorent quelques grains de silence

Les meilleurs livres qui soient ont souvent un triste sort. Ils tombent aux mains de nigauds qui s’étonnent qu’on puisse perdre son temps à les lire, et encore bien plus qu’on veuille les acquérir pour argent comptant

Et c’est ainsi que la connaissance circule et se répand, d’un larcin à l’autre, de faillite en héritage. Au grand bonheur des libraires

Pour chasser cette sensation de froid, il s’imprègne de la chaleur des détails familiers : pavés boueux, bornes de pierre verdies de mousse, enseignes qui se balancent au-dessus des porches, au sanglier, à la cruche, au cadran solaire.

Il a soif d’autre chose, de vigueur, de hardiesse. D’un endroit où chaque pas compte, où chaque instant apporte un nouveau défi, où ni l’âme ni le corps n’ont le droit d’abaisser leur garde. Un tel endroit existe-t-il ici-bas ? Si oui, c’est certainement un lieu empli de passion et de tourmente…

Le vacarme du chargement cède la place à un silence serein qui berce doucement le navire. Les teintes chaudes du couchant grimpent lentement le long des mâts, en peignant le bois sombre d’un rouge intense. Cordes et filins quadrillent l’azur de traits droits et nets, comme tracés au burin. Au loin, un enchevêtrement confus de bâtisses et de clochers ondoie sous une lumière incertaine. Les entrepôts et les quais s’évaporent en un mirage orangé. Une mouette solitaire apostrophe le soleil de ses piaillements exaspérés

Il fixe la ligne d’horizon qui s’estompe, l’immense étendue de mer et de ciel qui s’épand à perte de vue, invitante, exaltante. Le jour s’y noie avec indolence, entraînant le passé avec lui au fond des flots. Bons et mauvais souvenirs se retirent sans bruit, lentement ensevelis par la nuit qui gagne

N’ayant pas la moindre idée de ce à quoi ressemble le pays de la Bible, il se le représente mystérieux et splendide. Dans son esprit, le Carmel est une immense montagne aux pics ornés de croix géantes qui percent les nuages. La Samarie est un jardin édénique, empli de fleurs aux mille couleurs, où batifolent ânes blancs et brebis frisées. Sans oublier les hydres et les cyclopes

À qui appartient donc la Terre sainte ? À celui qui la possède ? À celui qui l’occupe ? À celui qui l’aime
Les mains croisées sous la nuque, il sourit aux milliers d’étoiles qu’il imagine à travers la charpente du toit.
Il a le teint blafard, la peau fripée comme du linge mal essoré.

Il s’est laissé berner par la magie des mots “Terre sainte”, “Galilée”, “Jérusalem”, par le mystère que ce pays cache sous ses pierres, par le vent qui souffle ici autrement qu’ailleurs. Et comment ! Un vent brûlant qui vous rôtit les fesses

C’est une ville non tant bâtie de pierres et de briques que maçonnée de palabres et de rêves
Quel bon vent vous amène en Terre sainte, maître Villon ? — Des vents contraires. Zéphyrs d’évasion et alizés de fortune

Sa carrure imposante, taillée à l’emporte-pièce, bosselée de rugueux biceps, son faciès raturé de balafres inspirent tout d’abord de l’effroi

La journée s’annonce torride. Une lumière de plomb couvre la plaine aride, les arbustes figés qu’aucune brise ne soulage, le vol lointain d’un épervier solitaire. La campagne se renfrogne, tordue par les vapeurs de la canicule. L’ombre grincheuse d’un nuage éclabousse la ligne d’horizon puis va étendre sa tache grise sur la nappe ocre des champs

Et pourtant, cette terre lui murmure un message confus, venu du fond de l’âme. Comme une confidence. Il sent intuitivement qu’elle l’attendait depuis toujours

Chaque parole est bue telle une potion réconfortante, chaque tour de phrase est applaudi telle une acrobatie de haute volée

Il laisse planer un silence embarrassant, dévisageant ses interlocuteurs avec insistance, comme s’il tentait de déchiffrer le message des rides et des plis. Ses sourcils froncés, son regard braqué cherchent à pénétrer l’âme même, à en sonder les recoins les plus sombres

La religion montre chaque jour comment gouverner par la seule force de l’écrit

Des coulées de lumière argentée ruissellent le long des branches noires, se faufilant parmi feuilles et fruits, rampant jusqu’aux racines, à la manière de reptiles. Villon songe au serpent de l’arbre de connaissance. Est-il en train de pactiser avec Satan

L’engouement renouvelé pour la sagesse des anciens n’est qu’une mode passagère. Le dogme, lui, est inébranlable. Ce ne sont pas quelques manuscrits, antiques ou séditieux, qui changeront la donne

Il fait d’une fissure dans le mur un rayon de soleil, de la paroi obscure et humide un ciel étoilé, des brins de paille sur le sol des prairies

Au début, le détenu voit des océans, des femmes aux cheveux d’or, des fleurs géantes, des serpents. Et puis, rapidement, d’autres images défilent, en chaîne : un morceau de viande sur la braise, un fruit énorme dégorgeant de jus et de sucre. Les circonvolutions du cerveau se transforment en intestins. Le corps tout entier n’est plus que viscères. C’est alors qu’elle vient, en traîtresse, en libératrice, la méchante idée de mourir. Le prisonnier la repousse. La mort lui fait encore peur. Et puis, un jour, il lui parle. Il se confie. Elle s’offre à lui. Il recule, effrayé, mais elle ne le retient pas. Elle attend… Elle attend qu’il finisse son poème. Mais il ne peut déjà plus écrire, plus réciter. Il bredouille, se mord la lèvre, oubliant peu à peu les paroles de sa ballade. La mort tente une caresse. Elle a les doigts pâles d’Aïcha

Entrevue l’espace d’une nuit, sa face blanche se dessine à peine, fuyante, vaporeuse, comme celle de quelqu’un qu’on aurait connu il y a longtemps. Seuls ses yeux noirs percent le brouillard de l’oubli

Le débit régulier des vers évoque un voyage sur un fleuve. Les tournures de phrase tracent des méandres au cœur de l’auditoire intrigué, tout comme la Seine se fraye un cours parmi les vallons.

Ce ne sont ni belles palabres ni rimes alambiquées qui font la force d’une ballade. C’est la voix qui parle, qui chante, qui caresse. C’est elle qui rapproche les hommes, comme un pont. Ou une main tendue

Il voudrait tant briser le mutisme de cette terre. Il l’entend parfois murmurer dans le bruissement des feuillages, l’appeler d’un claquement d’ailes, l’encourager d’un souffle de vent chaud. Mais il ne comprend pas ce qu’elle lui dit

Il n’entend rien, pas même un miaulement, pas même le trot menu des rats qui, la nuit, se faufilent en bande le long des murs. La ruelle est comme bâillonnée. Le silence qui y règne d’ordinaire n’a rien à voir avec cette absence totale de bruit

Les flammes montent vite. Poupées et masques en papier mâché se tordent et recroquevillent. Une figurine de cire fond en une larme brune qui coule lentement sur son petit socle de bois. Un psautier tend les bras suppliants de ses feuillets. Des bulles d’encre bouillante perlent le parchemin, glissant le long de la page avant d’éclater en de minuscules crépitements. Un pégase de bronze fend la fumée d’un ultime galop. La patine dégouline en une sueur vert-de-gris le long de son échine tendue par l’effort. Ses muscles ondoient dans les vapeurs de la fournaise, enfin délivrés de leur carcan de métal. Sa gueule se contracte en un muet hennissement. Il disparaît d’un coup dans un tourbillon de suie

Le masque de ceux qui, venus trop avant l’heure, choisissent de faire le pitre plutôt que de passer pour des prophètes.

C’est ici le royaume des livres. Mêlés ainsi les uns aux autres dans une sorte de danse muette et vide de sens, ils ne semblent pas être les œuvres de l’homme, ni pour lui, mais dotés d’une vie propre, dégagée des textes mêmes qu’ils renferment. Villon aperçoit une splendide reliure estampée de motifs animaliers. Monstres et bêtes sauvages s’y ébattent, aériens, oublieux de leur carcan de peau

Une sorte de gaieté émane des reliures aux couleurs vives qui se pressent sur les rayons

Les caractères robustes de ce manuscrit allemand se prêtent mal au madrigal et au rondeau. En revanche, ils conviennent parfaitement aux exhortations enflammées d’un prédicateur. Rebuté par l’impétuosité des déliés, la brutalité des pleins, la rigidité des lignes, Colin en perçoit intuitivement le fanatisme intransigeant
En parlant de sa vie, des femmes, de sa douleur, de Paris, il invite les sujets du royaume à partager tous un même destin. Son chant unit les Français, poitevins ou picards, en un seul hymne, une seule langue, par-delà dialectes et chapelles. À la différence des Médicis, Louis XI n’est pas imbu de grec et de latin mais bien du parler de son pays que manie si bien maître François. Le roi n’est pas grand amateur de poésie. Il voit tout simplement en Villon le chantre d’une nation naissante

Pour affaiblir la papauté sans déclencher un conflit de fait, la Confrérie a soigneusement choisi les textes à propager. Mais ce sont d’abord les livres eux-mêmes que l’opération aspire à changer, leur forme, leur poids, leur aspect. Elle va les libérer du carcan des cloîtres et des collèges. Imprimeurs, graveurs, brocheurs, colporteurs, vont les rendre plus maniables, plus légers, moins coûteux. Et bien moins sérieux. Au lieu d’attaquer la scolastique de front, ils vont la noyer dans un flot d’ouvrages en tous genres, inondant la place de récits de voyages, de traités de physique, de tragédies et de farces, de manuels d’algèbre ou de chaudronnerie, de chroniques historiques, de contes et de légendes. Et surtout, les libraires vont encourager l’emploi du français, de l’italien, de l’allemand. Le latin ne sera plus idiome sacré mais simplement la langue de Tite-Live et de Virgile
Les cartes marines, elles, n’intéressent pas encore les censeurs. Pourtant, les distances énormes qu’elles recouvrent rendront bientôt Rome minuscule, insignifiante

Un grondement éolien, comme en font les baleines, monte de sa poitrine essoufflée

Il respire l’air marin à pleins poumons, comme si on venait de lui ôter un garrot, puis se retourne un moment, bien heureux de voir la ligne du rivage s’effacer et disparaître au loin

Maigre comme une ficelle, pâle comme un drap, le jeune garçon nage dans un caftan noir bien trop large pour lui
Il ignore par quelle méprise Tel Megiddo, lieu-dit hébreu, simple bourg, relais d’étape, est devenu, tant en arabe qu’en latin, l’Armageddon. C’est là, à la fin des temps, à l’ère sanglante de Gog et Magog, que Lucifer sera vaincu par l’ange du bien

Il éprouve une étrange sensation de vide qui semble croître de jour en jour, au fur et à mesure de sa longue marche vers le sud. La trame de son passé s’effiloche, lambeau par lambeau, s’accrochant aux arbustes épineux qui bordent le chemin. Ses regrets, ses espoirs s’envolent, emportés par le vent, brûlés par le soleil, comme si un mystérieux larron l’en dépouillait petit à petit

En remodelant ainsi la planète à sa guise, il la rend plus belle, plus mystérieuse et invite à l’aventure et au rêve. Le jeune garçon suit du regard ces tracés qui pointent vers l’infini. Il imagine un navire en suivre les méandres à l’aveuglette pour aller jeter l’ancre tout au bout de la terre, parmi les étoiles. Un vrai bateau n’est pas fait pour mener d’un port à un autre, telle une carriole rejoignant un relais d’étape.

L’eau, pétrifiée en une banquise de lumière et de sel, scintille à peine. Les rayons du soleil s’y enlisent, jaspant un moment l’indigo mat de la surface avant d’être happés par les profondeurs. Le reflet d’un cumulus solitaire patine sur l’onde, dérapant comme une mouche sur l’étain poli d’un miroir

La nuit ne tombe pas ici comme à Paris ou en Champagne. Elle s’élève. Elle déborde du gouffre noir de la mer Morte, montant en crue, se répandant lentement sur le sable comme de l’encre sur un buvard. Les étoiles s’allument, une à une, nettes et perçantes. Elles ne tremblotent pas timidement dans quelque brume, éparses parmi les cimes des arbres. Elles s’étendent ici à l’infini, déployées en une immense armada

En allant à l’essentiel, il rend simple ce qui est ardu, clair ce qui est confus et prodigue une sagesse abordable à tout un chacun

Des saules caressent les rivières, filtrant le courant du bout des doigts, tel un rêveur assis sur la berge
Il sème le doute, subodore, conjecture, se rétracte, tente une sortie puis bat à nouveau en retraite, laissant le lecteur perplexe, insatisfait, mais ébranlé à jamais dans ses convictions les plus intimes. Un doute semé au vent germe mieux dans les esprits qu’une vérité plantée à la bêche

Louis XI s’en délecte au point qu’il a affirmé trouver “fort belles” les récentes œuvres soumises par les chasseurs de livres à l’approbation de la couronne. Depuis ce mot heureux, courtisans et professeurs ne parlent plus que de “belles-lettres” et de “beaux-arts”. Curieusement, il n’y a ni belles sciences ni sciences laides

Bien des écrits pertinents avaient été réunis, ceux des orateurs romains pour les Médicis, ceux des sophistes d’Athènes pour la gouverne du roi Louis, mais ils n’étaient que de la poudre à canon à quoi manquait encore l’étincelle qui y mettrait le feu

Voilà ce qui manquait à Caton et Virgile, à Lucrèce et Démosthène, un langage vivace qui houspille tout d’un les bourgeois et les princes, les bonnes gens et les étudiants

La journée est radieuse. Le pavé sent bon, fraîchement lavé par l’averse, brossé par le crin du vent. La route s’étire, trouée de flaques, parmi les dernières bicoques qui s’appuient aux remparts de la cité

5 Replies to “Jérusalmy, Raphaël « La Confrérie des chasseurs de livres » (2013)”

  1. Peut-être, oui, tes amis qui n’aiment plus les romans devraient-ils faire une exception pour celui-là, tout comme, et là je suis sincère, pour le « Meursault » de Daoud qui me tente très fort, pour de tout autres raisons …
    Car ici, je pense qu’en lisant l’un ou l’autre essai sur Villon, ou sur les moeurs de l’époque de la fin du Moyen Âge et du début de la Renaissance, ou sur Louis XI rédigés par des historiens, j’en apprendrai plus et en moins de temps, et surtout sans passer par la trame romanesque qui ne m’apportera rien et me le fera perdre, ce temps …
    qu’à un âge certain, l’on estime précieux, je t’assure.
    Dès lors, aller à l’essentiel est ce qu’il me reste.
    Ce que, d’ailleurs, je me propose de faire tout bientôt.
    (Tu comprendras mieux à la fin de mon futur article …)

    À bientôt.
    Richard

    1. il y a quelques années j’avais lu le livre de Jean Teulé : « Je, François Villon »
      Résumé : Il est peut-être né le jour de la mort de Jeanne d’Arc. On a pendu son père et supplicié sa mère. Il a étudié à l’université de Paris. Il a joui, menti, volé dès son plus jeune âge. Il a fréquenté les miséreux et les nantis, les curés, les assassins, les poètes et les rois. Aucun sentiment humain ne lui était étranger. Des plus sublimes aux plus atroces, il a commis tous les actes qu’un homme peut commettre. Il a traversé comme un météore trente années de l’histoire de son temps. Il a ouvert cette voie somptueuse qu’emprunteront à sa suite tous les autres poètes : l’absolue liberté.
      J’avais pensé que la vie de Villon était point de départ fantastique … . La vie de Villon est un roman, le personnage est fascinant. Le poète maudit vit et sa vie est illustrée par ses poèmes. Voleur, violeur, assassin, traître, écorcheur, sans tabous… une vie de débauche et de liberté rendue magnifiquement par Jean Teulé.
      Une fois encore un auteur s’empare de Villon, mais cette fois c’est encore autre chose, tant dans la documentation que dans le raffinement de l’intrigue et le contexte historique..

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