Voltenauer, Marc « L’aigle de sang » (2019)

Voltenauer, Marc « L’aigle de sang » (2019)

Auteur : Ecrivain suisse, Marc Voltenauer est né en 1973 à Genève, d’une mère suédoise et d’un père allemand et a vécu à Versoix, au bord du Léman, les vingt premières années de sa vie. Enfant, il est partagé entre sa passion pour le foot et son attrait pour une carrière de pasteur, peut-être pour suivre les traces de son grand-père, évêque au sein de l’église luthérienne de Suède. Après des études de Théologie à l’Université de Genève, Marc Voltenauer s’engage comme Secrétaire général des Unions Chrétiennes de Genève et opte ensuite pour un poste dans les ressources humaines au sein d’une banque. C’est suite à un voyage autour du monde qu’il décide de se mettre à l’écriture, et trouve à son retour son inspiration dans le pittoresque village montagnard de Gryon. Grand amateur de films et de romans policiers, il se dirige tout naturellement vers le polar.

«Le Dragon du Muveran» est le 1er roman de cet auteur mettant en scène l’Inspecteur Andreas Auer. La 2ème enquête de Auer «Qui a tué Heidi ?» est parue en septembre 2017.  « L’aigle de sang» est paru le 14 mars 2019.

Editions Slatkine et Cie – 14.03.2019 – 512 pages

Un très grand merci à l’auteur et aux Editions Slatkine pour l’envoi du livre

Résumé : Un secret de famille, une épitaphe mystérieuse, une inquiétante confrérie viking… L’inspecteur Auer était parti sur l’île de Gotland à la recherche de ses origines, il se retrouve prisonnier d’une enquête vertigineuse, entre Suisse et Suède, sur fond de meurtre rituel et de disparitions. En dénouant les hypothèses, il remonte au plus lointain de son enfance. Mais qui est vraiment Andreas Auer ?

Après l’immense succès du Dragon du Muveran et que Qui a tué Heidi ? Marc Voltenauer livre enfin la troisième saison des aventures de l’inspecteur Auer. De Gryon à Gotland, en passant par Paris, un voyage dont vous n’êtes pas près de revenir

Mon avis : Quel plaisir de retrouver pour la 3ème fois Andreas Auer (et Mikael). Nous partons pour l’île de Gotland, un autre point d’attache de l’auteur. Bien que se soit le 3ème violet des enquêtes de l’Inspecteur suisse Andreas Auer, il est possible de lire le livre même si on n’a pas lu les deux précédents mais il serait fort dommage de s’en priver. J’aime beaucoup cette série car l’environnement familial extrêmement présent crée une proximité avec les personnages (sans le côté couche-culotte de Camilla Läckberg ou la noirceur de certains héros vieux, alcooliques ou déglingués d’autres auteurs nordiques). J’ai adoré ce livre et j’ai à la fois tourné les pages frénétiquement et à la fois tenté de freiner car je ne voulais pas arriver à la fin. 500 pages, c’est court parfois. Et j’ai été passionnée jusqu’à la dernière page. Vous allez peut-être penser que cela démarre lentement, mais vous comprendrez par la suite à quel point cette mise en place va se révéler importante.

Le livre est résumé par l’auteur en une phrase (page 109) « Qui était-il avant de devenir Andréas Auer ? » Suite aux révélations de sa sœur à la fin du volume précédent, Andreas part à la recherche de son passé. Nous allons le suivre à Gryon et en Suède, sur plusieurs décennies. Je ne vais pas vous parler de l’intrigue car je ne veux pas risquer de « divulgâcher ». Sachez simplement qu’après avoir cherché la vérité pour son propre compte et alors qu’il s’apprêtait à rentrer en Suisse, notre inspecteur sera appelé à devenir consultant sur une enquête en cours à Gotland.

Je dois dire que moi qui aime énormément les civilisations anciennes et les légendes, j’ai apprécié de connaitre davantage la mythologie nordique que je ne connais pour ainsi dire pas et qui est au centre de ce roman. Dans ce thriller qui se déroule dans une ambiance mystique, j’ai découvert les dieux nordiques, Freyja, la déesse de l’amour et fille de Njord, Dieu de la navigation et les autres ; j’ai appris ce que sont les Neuf mondes. Et il n’y a pas que la mythologie, les traditions, les fêtes, les croyances… il y a également la description de Gotland qui devient un acteur du roman, tout comme c’était le cas pour Gryon. Gotland, une île suédoise avec une histoire viking, une culture dans laquelle le passage vers la mort était considéré comme une traversée, un voyage (cela ne vous fait pas penser à l’Egypte ancienne ?) . Gotland avec son Phare, ses sites archéologiques, ses ruines, ses rituels, ses rites (le rite viking de l’Aigle de sang), ses runes, l’alphabet « fulhark », la religion Asatro, le paganisme nordique, les symboles norrois, le walhalla, les pierres semi-précieuses, les sacrifices humains…

En plus de la mythologie, j’ai également découvert un pan d’histoire que je ne connaissais pas : l’histoire de l’Estonie et les relations entre la Suède, l’Estonie et l’Allemagne.

J’ai beaucoup aimé les parallèles entre le monde suisse et le monde suédois d’Andréas Auer, symbolisés par la nature, par le frêne, symbole de l’immortalité en Scandinavie et bien présent à Gryon. Un pied en Suisse, un pied en Suède mais enracinement dans les deux cultures.

Les anciennes croyances païennes sont très importantes mais le symbolisme païen est dangereux quand il est manipulé par les nazis et les gens de l’extrême droite. Quand les légendes et la réalité se rejoignent, cela peut devenir très dangereux. Et avec tout ce contexte en toile de fond, il y a l’enquête criminelle… Un livre complet, dans cette ambiance nordique si particulière.

Et je vais me procurer les romans de Mari Jungstedt, dont parle l’auteur et qui se déroulent sur l’Ile de Gotland.

 Extraits :

Toute sa vie avait été une succession de cycles de floraisons abondantes et de flétrissures. D’abord, sa jeunesse et le gout amer d’un mal qui s’était immiscé dans son existence de manière insidieuse et l’avait peu à peu rongée de l’intérieur.

A Gotland, chaque bateau possède une âme. C’est pour cela qu’on ne peut pas les détruire. Ils ont le droit de reposer en paix.

L’existence de chaque etre humain se construit à travers un enchevêtrement de décisions prises ou subies, d’heureux hasards, de rencontres fortuites ou d’événements malheureux. Sa vie telle qu’il la vivait maintenant était le résultat de tout ce qui s’était passé depuis le jour de sa naissance.

Il devait éviter de tomber dans ce piège, où un mot lâché suffirait à semer le doute et mettre l’autre sur une piste. Un mot. Un seul, ou même une hésitation, un silence, comme une trace d’animal que repère un chien de chasse.

Car porter le même nom qu’un dieu comportait un énorme risque. Si une personne maudissait le dieu en question, alors le mauvais sort pouvait s’abattre sur tous ceux qui portaient ce nom. Un nom composé, à l’inverse, l’aurait protégée.

Comme le voulait la tradition suédoise, chacun souleva son verre à la hauteur du menton afin de laisser les puissances supérieures remplir le verre de chance et de bonheur, à l’attention de ceux avec qui on portait un toast

 

Infos :

Petit aparté : J’ai beaucoup aimé la petite explication sur l’importance de laisser des directives anticipées, appelées aussi dispositions de fin de vie permettant que votre volonté soit respectée même si vous n’êtes plus en mesure de vous exprimer ou plus capable de discernement, notamment suite à un accident ou à une maladie.

Les 9 mondes : la mythologie nordique

Cordiérite  : pierre et symbolique  
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4 Replies to “Voltenauer, Marc « L’aigle de sang » (2019)”

  1. et l’auteur a laissé un petit mot sur ma page Facebook

    « Merci infiniment Catherine pour cette chronique très complète ! Je suis très touché !!! »

  2. Je connais bien la Suède pour y avoir passé des vacances familiales… là bas ds le vermland j ai appris la vie sauvage….. sans eau courante… sans électricité… et le lac Vanaer pour salle de bain… je comprends la magie de ces lieux… le soleil effleuré l horizon à minuit… et t es jamais couché… ma seule peur… croiser des élans à l heure d aller se coucher… ambiance…

      1. non pas Gotland. Mais la Suède un peu, vers le lac Vener. Nous y passions les vacances, sur une presqu^’île nommée Bohamn, des petites maisons individuelles, uniquement pour la famille. Une centrale, appelée la Sturstuga, avec un poêle au milieu où nous nous faisions des orgies de chanterelles…. Le soir, les élans… partir à la pêche à 23 h, revenir et se retrouver tous. De bons souvenirs.

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