Koike, Mariko « Le chat dans le cercueil » (2002)

Koike, Mariko « Le chat dans le cercueil » (2002)

Autrice: Koike Mariko, née en 1952, a reçu en 1989 au Japon le prix du roman policier pour Les Amis de l’épouse et, en 1996, le célèbre prix Naoki pour Amour. Elle est l’auteur d’un grand nombre de romans à suspense psychologiques.

Picquier poche – 30.05.2002 – 207 pages /

Résumé : Si Momoko n’ouvre son cœur qu’à sa chatte Lala, son père n’a d’yeux que pour la belle et pulpeuse Chinatsu, au grand dam de la jeune fille au pair : trois habitants d’une même maison dans le Japon d’après-guerre vivent dans un calme apparent, ignorants d’une vérité cachée qui les pousse inexorablement vers la tragédie. Quand la neige recouvrira de silence le jardin et le champ de blé alentour, les non-dits réveilleront ce petit démon intérieur qui appelle au meurtre. Et Lala, sphinx au blanc pelage, pourrait bien alors s’avérer la victime et la clé de ce surprenant suspense psychologique.

Mon avis : Au centre du le roman : une chatte qui cristallise tout :  l’amour, le manque d’amour, l’amitié, la souffrance, la solitude, la peur, l’égoïsme, l’envie, la jalousie, la vengeance.

J’ai bien aimé ce petit roman plein de douceur et de couleurs : le blanc est couleur de la chatte et de la neige et domine le côté psychologique qui entoure la fillette ; l’environnement artistique des autres personnages est la couleur. L’importance de la chatte dans la vie de la fillette est au cœur de l’histoire. Une fillette qui vit seule avec son père et pour qui la chatte représente l’amour et la chaleur maternelle ; une femme qui voudrait prendre la place de la chatte comme figure maternelle. Une jeune fille qui est entre les deux femmes. Les non-dits qui pèsent dans la balance… Mais derrière la douceur, rien n’est pardonné… Bien sûr le rythme est lent, mais c’est le cas de la littérature asiatique me semble-t-il, plus je lis des auteurs chinois ou japonais.

Extraits :

En réalité je n’aimais ni ne détestais les chats. Autour de notre maison de Hakodate, il y en avait toujours qui traînaient dehors et ils m’étaient si familiers que j’y pensais autant qu’aux poteaux électriques qui se dressaient dans la rue

La petite fille semblait penser que le repas était quelque chose qui commençait par « Bon appétit » et se terminait par « Merci, c’était très bon

Je la sentais réduire très progressivement la distance qui me séparait d’elle, comme si elle décollait une fine feuille de papier japonais

Elle avait quelque chose du pendule qui s’éloigne pour se rapprocher de nouveau. Plus les oscillations du pendule diminuaient, plus mon cœur s’emplissait d’une joie tranquille

Roulée en boule contre elle, j’avais l’impression que les ronronnements de la chatte étaient les battements du cœur de ma mère. Comme si je retournais à l’état de fœtus dans le ventre maternel

Son visage subissait de subtiles et étonnantes transformations. Exactement comme s’il s’était reflété sur l’eau d’un lac agité de petits frémissements.

J’eus l’impression qu’il avait l’habitude de l’appeler par ce petit nom familier, qui s’étendait comme une gelée onctueuse sur ses lèvres au moment où il le prononçait

Quand la critique a dit que j’avais des visées commerciales, cela aurait pu porter atteinte à ma renommée. Mais de même qu’un romancier, devenu incapable de peindre le paysage de l’âme, se met à écrire des romans érotiques, j’ai prodigué sans commentaires mes toiles au public, en m’adaptant à sa demande.

Chose étrange, je n’apparais pas dans le paysage de mes souvenirs

One Reply to “Koike, Mariko « Le chat dans le cercueil » (2002)”

  1. Je viens de finir ce petit livre plein de douceur et de délicatesse toute japonaise .Mais c’est quand même un livre où derrière la délicatesse et la douceur il y a des événements implacables. J’ai bien aimé aussi l’écriture assez représentative de la littérature japonaise qui me plaît beaucoup.

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