Musso, Valentin « Les cendres froides » (2011)

Musso, Valentin « Les cendres froides » (2011)

Auteur : né le 19 août 1977, à Antibes, est un écrivain français, auteur de romans policiers. Il est le frère de Guillaume Musso. Agrégé de lettres, il enseigne la littérature dans les Alpes-Maritimes. Son premier roman, La Ronde des innocents (2010), a été remarqué et défendu par le chroniqueur Gérard Collard qui a contribué à le faire connaître du grand public. Depuis, il a publié Les Cendres froides (2011) , Le Murmure de l’ogre (2012), Sans faille (2014) , Une vraie famille (2015), La Femme à droite sur la photo (2017), Dernier été pour Lisa (2018), Un autre jour (2019)

Les nouveaux auteurs – 5.5.2011 – 360 pages / Points Thriller – 18.05.2012 – 343 pages

Résumé : Le drame, quand on commence à creuser le passé, c’est qu’il faut aller jusqu’au bout. 1999. À la mort de son grand-père, Aurélien Cochet découvre que celui-ci aurait travaillé durant la guerre dans un lebensborn, une maternité nazie accueillant des jeunes femmes enceintes de membres de la SS. Au même moment, dans un petit village de la Marne, une octogénaire sans histoire est retrouvée assassinée à la suite d’un cambriolage.

(j’ai volontairement raccourci le résumé pour ne pas divulgâcher )

Mon avis :  Belle découverte que cet auteur que je n’avais jamais lu. Dans la famille Musso, j’avoue une préférence nette pour Valentin. Plus littéraire et plus historique. Un moment de lecture très intéressant avec ce polar historique et psychologique, qui aura su allier action et connaissance. Tout commence par la découverte du corps d’une vieille dame. Cambriolage qui a mal tourné ? C’est ce qu’il semble au premier abord… Une enquête policière, les zones d’ombre qui entourent le meurtre, les secrets du passé, La Retirada, la déportation des Juifs, une famille traumatisée par des morts qui recèlent leur part de mystère et une trame historique qui se fonde sur des horreurs perpétrées en France pendant le IIIème Reich« d’un côté, la première grande expérimentation eugéniste de l’humanité, de l’autre, le génocide des races « inférieures ». Des personnages attachants, avec un lourd passé, un suspense qui va durer jusqu’aux dernières pages.  Au final une question se pose relative à la sempiternelle question de nos racines et l’interrogation qui nous hante : Sommes-nous responsables des erreurs du passé ? Je vais en lire d’autres c’est certain.

Extraits :

Je ne sais plus qui a dit que la seule conscience que nous pouvons avoir du temps qui passe réside dans ce réveil douloureux qui nous fait découvrir un jour un étranger dans le miroir.

— Est-ce que tu vois quelqu’un en ce moment
Entre n’importe quels frère et sœur, cette question aurait concerné un éventuel petit ami ou une relation amoureuse. Entre nous, elle faisait référence à un thérapeute.

Le lebensborn devait donner la possibilité aux mères « racialement valables » d’accoucher, puis de donner leur enfant à la SS qui s’occuperait de sa protection et de son adoption. C’était là un moyen de relever la natalité et de fortifier la « race aryenne ».

Si un nom propre est parfois capable de déclencher une rêverie sans que l’on n’ait connu physiquement les lieux, je faisais l’expérience du chemin inverse. Et, pouvoir magique des mots, le fait de nommer le réel me le faisait découvrir sous un nouveau jour.

Comme chez beaucoup de dépressifs, elle ne comprenait pas que ce qui la touchait, elle, ne bouleverse pas plus la vie des autres.

les secrets trop longtemps enfouis ne viennent nous heurter que lorsque nous prenons conscience qu’ils peuvent détruire la vie de nos proches.

Les secrets ont leur rhétorique fallacieuse. Un secret n’est pas un mensonge par omission – conception trop facile et rassurante. Il est un négatif photographique, une réalité en creux ayant sa propre existence et qui le jour où elle est mise à jour peut tout dévaster, là où, révélée à temps, elle aurait sans doute blessé, mais de ces blessures dont on guérit. Sa force destructrice réside dans la dissimulation, plus que dans le contenu dissimulé.

Au-delà même des souvenirs de cet été qu’il ravivait soudain, j’avais l’impression d’être enfin perméable à la leçon de vie qu’il nous inculquait : l’art n’est pas artifice ou mensonge, mais il est la vie même, il nous fait accéder à notre Moi le plus profond qui, sans lui, nous resterait inconnu.

le malheur peut vous détruire, petit bout par petit bout, plus sûrement que la folie, jusqu’à vous rendre étranger à vous-même.

Marguerite Yourcenar : Le silence est fait de paroles que l’on n’a pas dites.

Infos : 

Lebensborn « :  Il n’y eut qu’un seul lebensborn installé en France pendant la Seconde Guerre mondiale, celui de Lamorlaye, dans l’Oise. Beaucoup d’enfants nés dans ces maternités ont ignoré toute leur vie, et ignorent encore, le secret de leur origine. » (voir article)

Eugenisme :   (voir article)

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