Carrisi, Donato «Le jeu du chuchoteur» (2019) – Mila 04

Carrisi, Donato «Le jeu du chuchoteur» (2019) – Mila 04

L’auteur : Né en 1973, Donato Carrisi est l’auteur italien de thrillers le plus lu dans le monde. Le Chuchoteur, son premier roman, a été traduit dans vingt pays, a reçu quatre prix littéraires en Italie. Lauréat du prix SNCF du Polar européen et du prix des lecteurs du Livre de Poche dans la catégorie polar, il connaît un immense succès en France aux éditions Calmann-Lévy.
Série Mila Vasquez : Le ChuchoteurL’EcorchéeL’égaréeLe jeu du chuchoteur
Série
Marcus et Sandra : Le tribunal des âmes Malefico – Tenebra RomaAutres romans : La Femme aux fleurs de papierLa Fille dans le brouillard

4ème enquête de Mila.

Calmann-Lévy Noir– 2.10.2019 – 380 pages (Il gioco del Suggeritore) – Traductrice : Anaïs Bouteille-Bokobza

Résumé : En pleine nuit d’orage, l’appel au secours d’une famille. Autour de leur maison, un homme à capuche qui rôde. La police n’arrive qu’au petit matin. Le spectacle d’un carnage : du sang partout. Mais aucun corps. Ni parents. Ni enfants.
Mila, experte en enlèvements, ne voulait plus du tout enquêter mais tout porte à croire que le Chuchoteur est de retour. Mila n’a pas le choix : il faut à tout prix l’empêcher de frapper à nouveau.

Mon avis : Cet auteur fait partie de ceux qui vous captivent dès les premières lignes du roman et ne vous lâchent plus.  Comme les vieux amis que l’on retrouve après des mois ou des années d’absence, on retrouve les personnages là où on les a laissés et on poursuit la route en leur compagnie. J’avais été scotchée par Le Chuchoteur. C’est à nouveau le cas.

Intelligence artificielle, réalité virtuelle, Internet. Une enquête dans un univers glauque, des fausses pistes… A qui faire confiance ? Suspense et angoisse. L’emprise de la technologie, l’addiction aux jeux, le côté « Big Brother » de la toile, le sentiment d’invulnérabilité que donne le Web en permettant aux gens de se cacher derrière une fausse identité. Un thriller psychologique intense ou s’affrontent le bien et le mal, l’humain et la machine, Quand l’ordinateur prend le contrôle sur l’être humain, rien ne va plus…

Extraits :

chercher un enfant disparu, c’était comme suivre un arc-en-ciel noir. Il ne fallait pas s’attendre à trouver la poule aux œufs d’or, mais plutôt un monstre sournois, avide de sang et d’innocence.

Un psychopathe constitue déjà lui-même une prison, se rappela-t-elle. Il abrite en lui un démon cherchant par tous les moyens à sortir, toujours.

Les petits secrets des morts devaient rester avec les morts.

Et où les gens renferment-ils leur propre existence ? Dans les objets technologiques. C’est là que nous déversons tout.

Les monstres ne savent pas qu’ils sont des monstres, affirma l’ex-policière avec conviction. Ils ont en eux une insatisfaction, une faiblesse.

Je n’ai ni téléphone portable ni appareil électronique permettant de remonter jusqu’à moi. Les seuls objets technologiques que j’utilise remontent aux années quatre-vingt-dix, quand les multinationales n’avaient pas encore le droit d’insérer des codes de traçabilité dans leurs produits.

Internet est une énorme éponge qui absorbe ce que nous sommes, surtout le pire. Dans la vie réelle, nous sommes contraints de nous adapter pour vivre avec les autres, de faire des compromis avec notre nature, d’accepter des lois et des conventions. Parfois, nous devons porter un masque, mais c’est inévitable : sinon, nous ne pourrions pas faire partie de la société… En ligne, en revanche, nous nous sentons libérés de toute cette hypocrisie, mais ce n’est qu’une illusion : on nous a simplement laissés seuls avec nos démons.

Obsolescence numérique, commenta le policier, évoquant le phénomène selon lequel la vitesse d’évolution de la technologie posait un problème d’accessibilité aux données contenues dans les disques durs du passé. Les gens de ma génération ont plein de cassettes audio qu’ils ne peuvent plus écouter. Le progrès devrait préserver les souvenirs, mais il les condamne à l’oubli.

L’avènement des réseaux sociaux avait simplifié la vie des prédateurs en série. Les pervers modernes pouvaient partir à la chasse protégés par l’anonymat, sans prendre aucun risque. Avant, si on ne voulait pas être capturé, il fallait suivre sa proie de loin, étudier ses habitudes et ses déplacements. Désormais, les tueurs en série disposaient de toutes les informations nécessaires pour bâtir leur argumentaire. Et c’étaient les victimes elles-mêmes qui les leur fournissaient. Il suffisait au monstre de se faire passer pour l’homme de leurs rêves.

Dans le fond, le plus gros réseau social du monde est né de l’esprit d’un loser en pantoufles qui a créé un site pour noter le physique des filles de sa fac… Et nous, au lieu de lui donner une bonne leçon sur le sexisme et le respect des femmes, on en a fait un gourou de la communication.

On les appelait les « enfants de l’horreur » et ils restaient marqués à jamais par les fautes de ceux qui les avaient mis au monde.

Nous appelons « si » les obstacles sur la route du destin.

Tous les tueurs en série sont reconnaissants envers leur première victime, se rappela l’ex-policière. Comme un premier amour, on ne peut pas l’oublier.

On fait entrer quelqu’un dans notre vie et, sans le vouloir, on devient prisonnier de son obsession.

« Que se passe-t-il quand un individu lambda entre dans une réalité où règne l’anarchie absolue, où l’on peut être n’importe qui et faire n’importe quoi sans en payer le prix ? Ce genre de société virera-t-il vers le bien ou vers le mal ? »

N’importe qui peut utiliser le Web comme une arme en sachant qu’il restera impuni… Les gens ont reversé leur colère en ligne et nous les avons laissés faire. C’était comme cacher la poussière sous le tapis. Mais, bien que cela nous semble vaste, Internet n’est pas en mesure de contenir le pire de nous. Tôt ou tard, toute cette colère cherchera une sortie…

« Tu t’es sans doute déjà demandé ce que tu ferais si tu pouvais remonter le temps… »
Tout le monde y pensait, sans exception. Les erreurs du passé étaient la cure du présent. Tout le monde regardait derrière soi et attribuait ses maux à des choix lointains et impossibles à modifier. Mais c’était seulement un alibi pour commettre d’autres erreurs.

L’esprit voit ce que l’esprit veut voir.
— Le cœur voit ce que le cœur veut voir, la corrigea l’homme.

Parfois nous bernons notre intelligence avec les émotions parce que nous ne voulons pas accepter la réalité.

Info : Alexithymie :  difficulté à identifier, différencier et exprimer ses émotions, ou parfois celles d’autrui. Ce trait de personnalité est communément observé parmi les patients présentant des troubles du spectre autistique et des symptômes psychosomatiques.

One Reply to “Carrisi, Donato «Le jeu du chuchoteur» (2019) – Mila 04”

  1. J’étais impatiente de retrouver Mila Vasquez dans « Le jeu du Chuchoteur » mais je me suis perdue dans cette enquête mi-virtuelle, mi-réelle qui se termine en eau de boudin. Déçue !

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