Egemar, Béatrice « Le printemps des enfants perdus » (2013)

Egemar, Béatrice « Le printemps des enfants perdus » (2013)

Résumé : Parfums et onguents sont au coeur de l’univers de Manon, Parisienne et parfumeuse, qui plonge son nez dans les affaires sulfureuses sous le règne de Louis XV, en plein XVIIIe siècle.

Artistes, femmes du monde, élégants de la capitale, tous prisent la parfumerie de Manon Dupré, rue Saint-Honoré. En 1750, l’usage est de se parfumer quotidiennement de la tête aux pieds et jusqu’aux accessoires. Une coquetterie venue droit de Versailles. Pourtant, en ce mois de mai, ce ne sont pas les senteurs mais une rumeur qui court les rues de Paris, une rumeur folle de trafic d’enfants. Lorsque deux jeunes garçons de son entourage, à leur tour, disparaissent, Manon, la jeune et belle parfumeuse, s’inquiète. Trop affectée pour attendre leur hypothétique retour, trop maligne pour n’y voir qu’une simple coïncidence, trop intriguée aussi, elle se lance tous sens affûtés à leur recherche.

Une quête et un compte à rebours qui la mèneront dans le milieu, impopulaire et corrompu, de la police de Louis XV…

Mon avis : Court ! trop court ! Comme j’aime bien les romans historiques de Jean D’Aillon et de Jean-François Parot qui se déroulent dans le Paris du XVIIIème et que je connaissais les aventures de Hori de la même romancière (Egypte ancienne) j’étais curieuse de visiter le Paris du XVIIIème en sa compagnie.

J’ai adoré la promenade ! Une enquêtrice féminine et pleine de charme dans un univers parfumé (bonnes et mauvaises odeurs..) . Réussite totale. Les personnages sont attachants, la lecture facile et agréable, le cadre historique bien documenté. On en apprend sur la vie à cette époque, sur la parfumerie, sur les règles qui régissent le monde des parfumeurs, sur la vie des artisans de l’époque. Et l’enquête qui révèle le scandale des disparitions d’enfants m’a beaucoup intéressée. Espérons que Manon va continuer à enquêter…

Clin d’oeil au roman de Süskind ? L’un des héros, un nez, a pour prénom Jean Baptiste..

Extraits :

En quelques années, la rue Saint-Honoré était devenue l’endroit à la mode, et les commerces y florissaient. Fort bien située, tout près du Louvre, elle était l’une des voies les plus anciennes de Paris qu’elle traversait d’est en ouest ; elle prenait naissance à hauteur de l’actuelle rue du Pont-Neuf, et se prolongeait au couchant par le faubourg Saint-Honoré, qui conduisait au village du Roule. Depuis vingt ans, le quartier attirait les gens de cour et de haute finance qui s’y étaient fait construire de beaux hôtels tel le fameux hôtel d’Evreux, qui appartiendrait à la marquise de Pompadour avant de devenir le palais de l’Elysée. On y trouvait les boutiques et les échoppes les plus prestigieuses ; les tailleurs, merciers, orfèvres, joailliers et gantiers-parfumeurs voisinaient avec les pâtissiers, confiseurs, rôtisseurs, épiciers ou marchands de vin.

La nuit avait pris possession de Paris. Elle tapissait les rues de noir, à peine troué par des lanternes aux flammes vacillantes.

« L’espionnage serait peut-être tolérable s’il pouvait être exercé par d’honnêtes gens. » (Montesquieu, De l’esprit des lois)

Toutes ces tâches ne l’empêchaient pas de s’occuper personnellement d’une quantité de dossiers ; il se tenait régulièrement informé des conditions de détention des prisonniers, de leurs maux et leurs récriminations, jusqu’à se préoccuper de leurs notes de blanchisserie ou de leurs besoins en chandelle. Mais ses manières étaient brutales, il lui manquait cette rondeur qui permet aux grands de se faire aimer du peuple.

Je ne pense jamais si je n’y suis pas obligée, ma chère, c’est une question de santé ! Je m’en tiens aux faits.

 

 

4 Replies to “Egemar, Béatrice « Le printemps des enfants perdus » (2013)”

  1. Je suis touchée que mon roman t’ait plu, Catherine ! La suite du Printemps des enfants perdus, « Le fard et le poison », paraîtra en janvier 2016 aux Presses de la Cité et j’espère que tu auras plaisir à le lire (petit scoop, Manon s’est mariée entretemps)

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