Bannalec, Jean-Luc « Les Marais sanglants de Guérande » (2016)

Auteur : Jean-Luc Bannalec est le pseudonyme d’un écrivain allemand (Jörg Bong) qui a trouvé sa seconde patrie dans le Finistère sud. Après Un été à Pont-Aven (2014), il écrit la suite des aventures du commissaire Dupin dans Étrange printemps aux Glénan (2015), Les Marais sanglants de Guérande (2016) puis dans L’Inconnu de Port Bélon (2017). Tous ses romans ont paru aux Presses de la Cité.

Les aventures du commissaire Dupin – tome 3

Résumé : Meurtres à Guérande… et troisième enquête pour le commissaire Dupin, contraint de mettre son grain de sel pour résoudre ce nouveau mystère au coeur des marais salants, un mystère où chimie et biologie ne riment pas avec écologie…
En ce jour de fin d’été, le commissaire Dupin arpente les sentiers labyrinthiques de Gwen Rann, le Pays blanc, où s’étendent à perte de vue les marais salants de Guérande. C’est à la demande de Lilou Breval, journaliste d’investigation à Ouest-France, qu’il est venu fureter à la recherche de mystérieux barils. Soudain, Dupin est la cible d’une fusillade. Il se refugie in extremis dans un grenier à sel.
Le lendemain, la journaliste est injoignable… Dupin mène son enquête auprès de professionnels des marais salants, de la directrice du Centre du Sel et de Céline Cordier, jeune chimiste. Où sont les fameux barils ? Sont-ils destinés à porter atteinte au sel de Guérande ? A qui ce préjudice profiterait-il?
Epaulée par la fidèle Nolwenn, Dupin plonge une fois encore au coeur des mystères du pays breton et découvre les multiples enjeux de la récolte de l’or blanc… et les convoitises qu’il suscite.
« En grand amoureux de la Bretagne, l’auteur met un point d’honneur à dépeindre avec soin le paysage régional, ses coutumes et son quotidien. »Nora Moreau –Le Parisien

Mon avis : Je viens de découvrir le Commissaire Dupin et ses enquêtes bretonnes. Je pense que cette série devrait plaire aux amoureux de la Bretagne. Cette enquête est menée par deux Commissaires, et le suspense règne jusqu’à la fin. Les personnages sont sympathiques et j’ai beaucoup apprécié cette lecture.
Tout tout vous saurez tout sur le monde du sel, les marais salants, le gros sel, la fleur de sel, le tout saupoudré par des contes et légendes celtes… Bonne visite de Guérande et ses environs…

Extraits :

La fleur de sel est le sel le plus noble et le plus délicat du monde – le plus rare, aussi. Saviez-vous qu’elle était utilisée pour la conservation des sardines jusque dans les années 1980, et qu’on la considérait comme un produit de deuxième ordre ?

Elle formulait ces accusations comme s’il s’agissait de considérations météorologiques.

Un monde dur et, par conséquent, particulièrement humain

Un croisement séduisant entre Marie-Antoinette et un barracuda

le Men-er-Hroech’h. Ce menhir de vingt-cinq mètres de hauteur aurait été le plus grand du monde s’il ne s’était cassé en quatre morceaux, il y avait de cela des siècles et des siècles. La légende disait qu’il avait été brisé par les fées.

Le sable fin était parsemé de rochers noirs et pointus derrière lesquels s’élevaient des oyats, de hautes fougères et des pins, partout les pins

Le mot « abysse » l’avait toujours effrayé quand il était enfant, il l’associait à des monstres terrifiants vivant dans les tréfonds de la mer.

Il suffit parfois à un individu de franchir une limite souvent invisible pour qu’il ait l’envie ou l’audace d’aller plus loin. Et dès lors, tout lui semble étrangement dérisoire et cela entraîne aisément des dommages collatéraux.

Or chaque lieu-dit avait sa légende, puisque rien, dans l’univers celtique, n’existait sans raison.

L’île tout entière semblait somnoler paisiblement sous le soleil, tout était aérien, comme en suspens, en lévitation. L’azur du ciel, pur au point de paraître irréel au cours des jours et des semaines précédents, semblait décidé à ne pas se laisser troubler. Même sans l’exagération bretonne, un véritable parfum de Méditerranée flottait dans l’air.

Vous avez un don pour les signes, j’en suis sûre. C’est ça, l’essence des Bretons. Ils se repèrent dans le monde comme dans une forêt hantée. Chaque objet, chaque individu cache un sens, un secret.

La réalité scientifique ne laissait subsister aucun doute : la caféine était une bénédiction, une consommation régulière diminuait les risques de démence, de migraine, d’un certain type de diabète et bien d’autres menaces. Rares étaient les produits dotés d’autant de vertus bienfaisantes, hormis peut-être le chocolat et le vin, pour lesquels Dupin nourrissait des sentiments similaires. Au fond, ces substances n’étaient rien d’autre que des médicaments.

le sel avait surtout été le moyen de conserver les aliments jusqu’à l’invention de la conserve au début du XIXe siècle

Il était amusant de voir une personne inflexible se plaindre de l’intransigeance d’une autre.

Il existait tant de mobiles pour les meurtres : les drames humains dans toute leur variété, les blessures, les passions tragiques, l’envie, la vengeance – toutes ces émotions « à chaud » pas toujours détectables d’emblée. Et puis il y avait les assassins froids, calculateurs, sans scrupules, prêts à piétiner autrui pour parvenir à leurs fins. Ils poursuivaient leurs intérêts rationnellement, les victimes n’étaient pour eux que des dommages collatéraux qu’il fallait accepter si on voulait réussir. Ils existaient, ces individus sans conscience.

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