Aubert, Charles «Vert Samba» (2021)

Aubert, Charles «Vert Samba» (2021)

Auteur : Charles Aubert est diplômé de la Faculté de droit et de science politique d’Aix-Marseille (1985-1991). Responsable des assurances professionnelles à Generali France (1993-2006), il était directeur commercial d’une société d’assurances, de 2006 à 2012.À la faveur d’un plan social, il décide de quitter la ville et s’installe au sud de Montpellier, avec femme et enfants. Il choisit une cabane au bord de l’étang des Moures. En 2012, il crée le Canotage, atelier de fabrication de bracelets pour montres. Comme ses personnages, Charles Aubert s’est retiré dans une partie secrète de l’étang des Moures où ne vont jamais les touristes, entre sel et mer, pas très loin de Sète, un peu en-dessous de Montpellier. Après « Bleu Calypso« , « Rouge Tango« , « Vert Samba » (2021)

Statkine & Cie – 16.03.2021 – 320 pages /

Enquêtes de Niels – tome 3

Résumé :
« J’ai mis mes mains en visière au-dessus de mes yeux, car la surface des eaux brillait comme du mica, puis j’ai vu les rangées de tables à huîtres alignées à perte de vue.
Sur un bateau à fond plat, des gendarmes s’affairaient. Certains étaient en train d’enfiler des combinaisons blanches, d’autres  discutaient entre eux. Le bateau était amarré à une table. En fait  de table, c’était des pieux métalliques plantés dans le fond de l’étang supportant des madriers sur lesquels étaient disposées des perches posées transversalement. Sur les perches étaient installées les cordes à huîtres et au bout de la table, il y avait la masse sombre mais parfaitement reconnaissable d’un homme.»
Niels s’est retiré loin du monde. Dans sa cabane de pêcheur, au coeur d’un Sud encore sauvage, il fabrique des leurres qu’il vend sur Internet. Coupé des hommes et de leur folie, il n’aspire qu’à la paix.
Mais, à côté de chez lui, on découvre le corps sans vie d’un ostréiculteur. Puis d’un second. Les deux portent le même tatouage sur le bras. Niels se retrouve impliqué dans une affaire sordide qui le conduit sur les traces d’un vieux groupe de rock local dont les membres appartiennent, dit-on, à l’extrême droite.
Après le succès de Bleu Calypso et de Rouge Tango, le nouveau polar doux de Charles Aubert.

Mon avis :
Quel bonheur de s’échapper vers l’Etang de Thau et de retrouver Niels, Vieux-Bob, Lizzie et toute la petite bande ; Bob a repris l’ancien restaurant d’Alex et il fait travailler des personnes extra-ordinaires et fort attachants.
Une fois encore l’auteur aura réussi à m’enchanter : toujours une aussi belle approche des personnages, plus humains les uns que les autres.
Niels se remet en question au sujet de la carapace qu’il a mis en place pour se proteger des autres et qui lui donne l’apparence d’un être froid et indifférent aux autres, alors que c’est tout le contraire et sa carapace se fissure. Des problématiques dues à l’âge se profilent, comme la perte de mémoire de son père, Paddy, le traveller irlandais.
Les relations père/fils (Paddy/Niels) , père-fille (Bob, Lizzie) et la relation de couple (Niels.Lizzie) sont compliquées : les non-dits du passé empoissonnent le climat émotionnel. Il faut avouer que les hommes du roman ne sont pas les champions  de la communication et que construire une vraie relation n’est pas simple pour eux !  C’est aussi, en plus de l’intrigue (dont je vous laisse la surprise) une belle peinture du mal-être, des effets de la sensibilité à fleur de peau, du rapport avec les gens qui ne sont plus là.
Un magnifique « polar doux » mais dont l’action est loin d’être paisible. On y parle de gitans et de manouches, de politique locale, de secrets du passé …  le tout dans un lieu magique, avec des descriptions de paysages qui font rêver.
C’est un grand plaisir de savoir aussi que la danse des leurres va continuer prochainement grâce au Rose-Madison.

Un grand merci aux Editions Slatkine pour leur confiance.

Extraits :

Les cormorans vont pêcher leur nourriture sous la surface des eaux et nous voulons faire exactement comme eux en allant voir ce qui se passe sous la surface des choses.

[…] mais sous le masque bien propret qu’il s’est créé, il y a la mèche décolorée de Donald Trump qui se cache ou celle plus brune d’Hitler si tu préfères.

Vous savez Niels, pour eux, le plus pénible à supporter ce n’est pas le handicap. Le pire, je le crains, restera toujours le regard de l’autre.

Le temps du bonheur était passé. J’étais en train de basculer de l’autre coté de la vi, sur l’ubac, dans le domaine des ombres froides.

Une âme flottante, une forme vide. Voilà ce que j’étais.

Après toutes ces semaines de sécheresse, je sentais la nature qui se réveillait. Les feuilles des arbres se déployaient comme des petites mains tendues vers le ciel.

Mais la lumière brillait toujours, derrière la nuit, derrière la pluie. Je le savais.

 

Et j’ai enrichi mon vocabulaire :

prosopagnosie : un trouble de la reconnaissance des visages. Le mot est composé du grec πρόσωπον « visage », α (privatif) et γνωσία « reconnaissance ».Elle se manifeste chez les sujets atteints par une incapacité à reconnaître et différencier les visages familiers tels que ceux de leurs proches, amis et parfois même leur propre visage. Les sujets atteints de cette pathologie sont capables de voir, mais pas de reconnaître. Leur acuité visuelle est normale, ils sont capables de décrire en détail un visage familier, mais n’y associent pas d’identité.
exondation : 1.− GÉOL. Fait, pour une terre inondée, de sortir hors de l’eau  2.− Fait pour l’eau (mer, rivière) de se retirer :
– Le shelta (en anglais : /ˈʃɛl.tə/ ; en irlandais : Seiltis) est la langue des Travellers irlandais

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