Norek, Olivier «Impact» (2020)

Norek, Olivier «Impact» (2020)

Auteur : Engagé dans l’humanitaire pendant la guerre en ex-Yougoslavie, puis lieutenant à la section Enquête et Recherche de la police judiciaire du 93 depuis dix-huit ans, Olivier Norek est l’auteur de trois romans largement salués par la critique et traduits dans plusieurs pays, ainsi que le lauréat de nombreux prix littéraires. Après Code 93, Territoires et Surtensions, Il publie « Entre deux mondes » en 2017 , « Surface » en 2019, « Impact » en 2020.

Michel Lafon – 22.10.2020 – 348 pages

Résumé : Face au mal qui se propage et qui a tué sa fille Pour les millions de victimes passées et les millions de victimes à venir Virgil Solal entre en guerre, seul, contre des géants.

Mon avis :  « Impact » ? Ben ça va flinguer !
Et bien non ! Autant j’ai aimé les précédents autant j’ai pas du tout, mais alors pas du tout, aimé celui-ci. Dommage que Norek ait dévié du coté police qui m’avait tellement accroché dans sa trilogie mettant en scène le capitaine Victor Coste ou plus récemment Noémie dans « Surface». Du pur « police ». Qu’il laisse l’écologie à Greta Thunberg et remette le thriller au centre du roman ! Qu’il se fasse le porte-parole des écologistes est en soi très louable, mais ce n’est pas ce que j’attendais de Norek. Je suis déçue, mais déçue ! Je suis quand même allée jusqu’au bout mais avec peine.

Alors oui, le style Norek est là mais moi, dès le début ça n’a pas passé. Ce n’est pas un polar, c’est le catalogue des catastrophes écologiques aux quatre coins du monde. On peut m’expliquer à quoi ça sert de demander à un gosse au fin fond de l’Inde s’il veut jeter son chien ou son chat dans la gueule du crocodile pour l’occuper le temps qu’il puisse sortir de sa maison pour se réfugier sur le toit lors de la montée des eaux ? si ce n’est pas juste pour faire dans le sensationnalisme qui n’apporte rien au roman.
On doit sacrément ramer pour trouver un petit bout de roman en recherchant ce qui surnage de l’enquête au milieu des catastrophes écologiques passées ou à venir…  le manque d’eau potable, le manque de nourriture, la montée des eaux, les incendies, la hausse de la température, les inondations, la disparition des espèces, les réfugiés climatiques, tout y passe : on a même doit au monde de l’après-Covid et au réveil des virus de l’ère glaciaire ! et bien évidemment au « flingage » des institutions et de la justice en particulier..
Et le roman dans tout ça ?  Plus qu’à nager au milieu des déchets de plastique pour trouver des bribes de Norek ! Et quand ce n’est pas l’écologie, c’est un procès qui est plus proche du règlement de compte avec la société actuelle. Une petite question : le thriller terroriste, policier ou ce que vous voulez dans tout ça? Elle est où l’enquête ?
Ecrire un roman qui parle de séquestration, de prise d’otage, avec un preneur d’otage masqué qui agit mal pour de bons motifs… et se voit contraint à la violence alors que son objectif est une cause à laquelle tout le monde adhère et qui n’agit pas pour son intérêt personnel, compte rendu de négociations entre la police et le preneur d’otage, preneur d’otage extrêmement intelligent et préparé, utilisation des réseaux sociaux et des hackers…  Tout cela ne me dérange pas tant que c’est au service du roman qu’on nous présente bien comme un roman policier et pas comme un plaidoyer pour la défense de la planète ! D’ailleurs j’ai lu récemment un excellent roman qui avait les mêmes *mots clés* et qui est un de mes coups de foudre de l’année , mais il y avait de la matière, du suspense, une histoire, un contexte historique, une enquête…

Si Olivier Norek veut faire un plaidoyer pour l’écologie, qu’il fasse comme Fred Vargas et qu’il le dise clairement ! Et ceux qui veulent son avis sur la planète achèteront en connaissance de cause !J’ai eu l’impression de parcourir la collection de sujets racoleurs (même si éminemment importants).
Ah oui ! J’allais oublier! J’ai trouvé intéressant d’avoir choisi le nom de Solal.. S’il fait référence au personnage d’Albert Cohen, qui veut espérer en la transformation de l’humanité…

Extraits :

De loin, on aurait pu penser qu’un brouillard vivant et menaçant avançait à toute vitesse vers les prochains villages, prêt à les dévorer.

l’agoraphobie concernait autant la foule que les grands espaces vides.
– C’est parfait. Je n’aime que les lieux dont je peux à peu près toucher les contours. Ça explique pourquoi j’ai opté pour psy et pas guide de haute montagne.

j’évite toute forme d’empathie. C’est un parasite qui déforme le jugement.

La négociation est une danse, une cour, avec un rythme précis qu’il faut respecter, et comme deux amoureux certains de terminer enlacés craignent toutefois de brûler les étapes […]

Je suis flic, mes équipes arrêtent des assassins et des violeurs. Mes matières premières sont l’envie, la colère, la jalousie ou la trahison, je reste sur du primaire.

Les gens sont devenus des bourreaux et chacun participe à ce tribunal populaire, bien planqué derrière son écran. J’espère au moins que tous ces petits juges décident de la peine capitale dans le seul but de choquer ou de faire des vues.

 

Ils avaient une seule et même voix et rien ne les séparerait plus que la distance entre une écorce et son arbre.

Les églises faisaient normalement partie des grands espaces vides censés la faire fuir. Et pourtant, elle s’y trouvait toujours apaisée. Probablement parce qu’elle ne s’y sentait pas seule. Probable aussi qu’elle ait du mal à se confier à un confrère, alors que Dieu était à la fois le psychiatre le plus sollicité du monde et le plus disponible.

Du côté des ténors de la partie civile, la superbe et l’assurance disparaissaient peu à peu. Recroquevillés dans leurs messes basses, tout de noir vêtus dans leur robe d’avocat, ils donnaient l’impression de quelques allumettes grillées jusqu’au bout.

 

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