Loevenbruck, Henri «Le loup des Cordeliers» (2019)

Loevenbruck, Henri «Le loup des Cordeliers» (2019)

Auteur : né le 21 mars 1972 à Paris, est un écrivain, chanteur et compositeur français, D’origine autrichienne et allemande. Après une jeunesse partagée entre le 11e arrondissement de Paris et l’Angleterre, Henri Lœvenbruck fait une khâgne au lycée Chaptal à Paris, une maîtrise d’anglais à la Sorbonne, puis se lance dans le journalisme et la musique. Il publie son premier roman en 1998 aux éditions Baleine, sous le pseudonyme de Philippe Machine.
Auteur de thrillers, de romans d’aventure et de fantasy, il est traduit dans plus de quinze langues. Auteur-compositeur-interprète, il écrit des chansons pour lui-même et pour d’autres artistes français.
Romans indépendants : Le Testament des siècles (2003) – Le Syndrome Copernic (2007) – L’Apothicaire (2011) – Nous rêvions juste de liberté (2015) – J’irai tuer pour vous (2018)
Serie Serum – Cycle Ari Mackenzie – Cycle des loups (Série La Moïra- Série Gallica) – Série Le testament des siècles) –
X.O. – 24.10.2019 – 560 pages /Pocket 8.10.2020 – 633 pages

Série historique Gabriel Joly : Le Loup des Cordeliers (2019) – Le Mystère de la main rouge (2020)

Résumé : Mai 1789, un vent de révolte souffle sur Paris. Gabriel Joly, jeune provincial ambitieux, monte à la capitale où il rêve de devenir le plus grand journaliste de son temps. Un enquêteur déterminé à faire la lumière sur les mystères de cette période tourmentée. Son premier défi : démasquer le Loup des Cordeliers, cet étrange justicier qui tient un loup en laisse et, la nuit, commet de sanglants assassinats pour protéger des femmes dans les rues de Paris…
Les investigations de Gabriel Joly le conduisent alors sur la route des grands acteurs de la Révolution qui commence : Danton, Desmoulins, Mirabeau, Robespierre, personnages dont on découvre l’ambition, le caractère, les plans secrets. Alors que, le 14 juillet, un homme s’échappe discrètement de la Bastille, Gabriel Joly va-t-il découvrir l’identité véritable du Loup des Cordeliers, et mettre au jour l’un des plus grands complots de la Révolution française ?

Mon avis : Quelques petites réflexions. Si, comme moi, on apprécie beaucoup le coté historique, c’est juste parfait. Mais si on s’attend à lire un thriller avec un contexte historique, cela risque de paraître longuet ! Et surtout décevant car ce n’est pas ce que je qualifie de tome 1 d’une série mais de première partie d’une enquête. Et le sujet principal du livre est la Révolution Française et non pas l’intrigue, ou plutôt les deux intrigues qui occupent notre petit journaliste.
Vous l’aurez compris, c’est du pur et dur « historique », et extrêmement bien documenté et passionnant pour apprendre comment les événements se sont enchainés pour arriver à la prise de la Bastille et faire plus ample connaissance avec les personnages historiques de l’époque. J’ai bien aimé aussi le passage ou ils parle des loups qui sont présents dans l’histoire parisienne (après la guerre de Cent Ans ; la Bête du Gâtinais, un loup nécrophage au XVIIe siècle…)  et l’importance des loges maçonniques à l’époque.
Pour moi la grande découverte fut la féministe Anne-Josèphe Théroigne de Méricourt, qui est une héroïne de roman qui a bel et bien existé et est totalement fascinante. Vient ensuite Récif, le pirate, le Salétin, «héritier d’une dynastie de seigneurs de la mer, avait grandi au milieu de cette communauté de corsaires sarrasins, y avait appris l’art de la navigation et du combat, et y avait développé un certain goût pour la roublardise et un sens particulier de l’honneur.», Récif, chef de la confrérie des Renégats, et qui a face à lui une bande rivale, les Rufians. Et enfin seulement Gabriel, qui manque de charisme, mais a le mérite d’aimer la vérité et de créer en quelque sorte le journalisme d’investigation ; il faudrait qu’il s’étoffe sacrément pour devenir celui qu’on a envie de retrouver… mais comme j’ai envie de connaitre la fin de cette histoire, il aura sa chance dans la suite, « Le Mystère de la main rouge » qui est paru en 2020. Ma très chère Olympe de Gouges est vaguement mentionnée, mais sans que le personnage soit mis en évidence.
Alors si j’ai eu comme premier impression « ça commence fort », ensuite cela se traine quand même un peu beaucoup coté intrigue. Donc mitigée… oui pour l’Histoire avec un grand « H » … et tout dépend de ce que vous attendez : roman ou thriller…

Rien à voir avec le héros de la série Victor Dauterive de Jean-Christophe Portes, qui se déroule à la même période et qui s’articule autour du personnage de Victor Dauterive, jeune officier de la nouvelle Gendarmerie nationale que je vous recommande chaudement si vous aimez les polars historiques qui se déroulent sur cette période.

Extraits :

couvent des Cordeliers, ainsi nommé d’après le sobriquet que l’on donnait aux moines franciscains, dont la ceinture était une simple corde.

Sans doute est-il naturel aux femmes d’éprouver quelque compassion pour ceux qui, comme elles, sont les victimes de la force et des préjugés, et parfois même du commerce des hommes. Nous sommes au siècle des encyclopédistes, et l’on continue sans jugement de faire partout la traite des femmes et des Noirs…

— Et dire que tout Paris me croit l’amant de cette femme, alors qu’elle m’abandonne, vous le voyez, à la première occasion !
— Le privilège des amants n’est-il pas justement de pouvoir s’abandonner ?

Je vous rappelle que les pièces de théâtre sont comme les romans : quand elles sont bonnes, elles sont prohibées.

— Voilà une bien étrange façon de nouer des liens ! Ce serait donc une amitié intéressée ?
— Allons, jeune homme ! Toutes les amitiés le sont ! Et il est bien plus confortable de connaître l’intérêt qui motive tes amis que de ne voir dans leur affection qu’une divine prodigalité ! Avec un compagnon, on partage le pain. Mieux vaut savoir de quel pain il s’agit, n’est-ce pas ?

Nul n’est mieux placé pour éliminer le mal que celui qui lui a donné le jour…

— La maçonnerie, madame, est une pyramide semblable à la société : le courage et l’audace s’y trouvent plus rarement du côté du sommet que de celui de la base…

Vous êtes le dernier homme en qui je garde encore toute ma confiance.
— Est-ce toujours par la flatterie que vous obtenez des hommes ce que vous désirez ?
— Non. Parfois, c’est par les armes.

On ne soigne pas la mélancolie par la fréquentation du bonheur. Je ne suis pas sûr qu’on puisse vraiment la soigner, d’ailleurs. On s’efforce seulement de la supporter, en trouvant une âme qui la connaît assez, elle aussi, pour la comprendre et la partager…

Les philosophes, les clubs, les académies qui se sont multipliés ces dernières années ont déjà grandement œuvré pour la liberté de parole et de pensée. C’est précisément parce qu’il est plus libre qu’hier que le peuple a la liberté de se révolter.

— Ce n’est pas la populace, monsieur, c’est la nation !

Vous avez fait vous-même une proposition de déclaration des droits de l’homme. Je me suis réjouie en entendant le député Rabaut Saint-Étienne réclamer la liberté pour les Juifs, ce peuple proscrit et voué à l’humiliation. Mais les femmes ? Ne devraient-elles pas avoir les mêmes droits ? Ne devraient-elles pas aspirer à l’égalité politique ? Ne méritent-elles pas, autant que les Noirs, d’être affranchies du droit d’aînesse masculin ?

La corruption est dans l’homme comme l’eau est dans la mer Riche de son histoire et refusant encore d’abandonner ses idéaux, il avait fondé à la Maub’ – comme on surnommait les lieux – une nouvelle communauté, dite des Renégats, qui perpétuait l’esprit libertaire de la piraterie et imposait aux gredins parisiens le respect d’un certain code d’honneur.

Image : Anne-Josèphe Théroigne de Méricourt

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