Schenkel, Andrea Maria «Un tueur à Munich – Josef Kalteis» (2009)

Schenkel, Andrea Maria «Un tueur à Munich – Josef Kalteis» (2009)

Autrice : Andrea Maria Schenkel, née le 21 mars 1962 à Ratisbonne en Allemagne, est une romancière de langue allemande.
Romans : La Ferme du crime (2008) – Un tueur à Munich (2009) – Bunker (2010) – Finsterau (2015) – Tromperie (2020)

Actes Sud – 01.04.2009 – 166 pages / Babel – 04.02.2015 – 176 pages

Résumé :
Basé sur une histoire vraie, dans une ronde de témoignages qui défie la chronologie classique pour mieux épingler son sujet, le roman noir et sophistiqué d’un tueur en série dans l’Allemagne des années 1930. Par l’auteur de La Ferme du crime.

Munich, années 1930, Kathie, jeune provinciale venue tenter sa chance à la ville envisage de trouver une place de bonne, mais la fréquentation de citadines plus libres la fait rapidement changer d’avis. Elle voudrait tant vivre comme Mitzi, une amie entretenue par un fiancé lointain et  » protégée  » par un compagnon. L’atmosphère est aux cafés populaires, aux fêtes foraines et aux amourettes. Kathie adore la ville et apprend à utiliser le mensonge. La vie est belle, mais le danger rôde. Des yeux indiscrets sont rivés sur les jambes des jeunes filles à bicyclette. Comme dans La Ferme du crime, Andrea Maria Schenkel, en se basant sur un fait divers réel, développe son récit sous différents angles, raconte Kathie et ses espoirs comme elle donne la parole aux proches des jeunes femmes disparues ou retrouvées mortes ou à Josef Kalteis lui-même, accusé en 1939 du meurtre de plusieurs jeunes femmes à Munich et dans les environs, dans les réponses au juge lors de son procès. Et si on peut encore le croire, au début, lorsqu’il affirme ne s’en être pris qu’à une seule jeune fille mais qu’il n’aurait pas tuée, plus le récit avance, plus on découvre l’ampleur de sa folie meurtrière. Le lecteur attend alors avec effroi le moment où la jeune Kathie va croiser le chemin de Kalteis. Car Kathie n’était que sa première victime.

Mon avis :
C’est le troisième livre de cette autrice que je lis. Des livres témoignages, courts, dérangeants, qui racontent la vie de la première moitié du XXème siècle en Allemagne.  Après les années 20 (La Ferme du crime ) et avant les années 40 (Finsterau ) nous revoici plongés dans une histoire vraie qui se déroule à Munich dans les années 30.
Avec comme point de départ une jeune fille, Kathie, qui quitte sa campagne pour trouver du travail à Munich pour gagner sa vie et réaliser ses rêves. Malheureusement, les rêves sont loin de la réalité et trouver du travail ne se révèle pas si facile. Et on croise des personnes bien peu recommandables dans le Munich des années 30.
Le récit du tueur en série est glaçant … le plaisir qu’il a pris a tuer et le plaisir qu’il a à revivre des scènes d’une telle violence…
La parfaite confrontation entre monstruosité et naïveté.

Extraits :

Avec vingt-cinq reichsmarks, on doit pouvoir s’en sortir, non ? Vingt-cinq marks par semaine, ça doit vraiment suffire.

Je voulais toujours la retrouver, c’était comme une ivresse, j’étais plus moi-même, j’avais toujours honte après mais au bout d’un moment c’était oublié, et je repartais. Comme un animal sauvage, c’était la pulsion, je repartais en chasse… chaque fois.

C’est alors qu’il voit le petit chapeau bleu. C’est plutôt un bonnet, bleu marine brodé de bleu clair. Les rubans blancs dansent dans le courant. Le bonnet est resté accroché. Accroché à un morceau de bois flottant, sur la rive gauche du ruisseau. Comme les brindilles et la terre charriées par le ruisseau.
Ce sont les rubans du bonnet qui ont attiré son attention. Les rubans blancs qui dansent dans l’eau. Curieux, il s’approche pour mieux voir. Il descend encore un peu vers le ruisseau jusqu’à distinguer le chapeau.

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