Richoz, Mélanie « Nani » (RLE2023) 174 pages

Richoz, Mélanie « Nani » (RLE2023) 174 pages

Autrice : Mélanie Richoz, ergothérapeute et auteure de nationalité suisse. Chroniqueuse, elle publie différents ouvrages aux éditions Slatkine dont Tourterelle (2012) et Mue en 2013, roman pour lequel elle obtient la Bourse d’Encouragement à la Création Littéraire du Canton de Fribourg 2011-12. En avril 2014, elle publie un recueil de nouvelles : Le bain et la douche froide, aux éditions Slatkine. Mélanie Richoz a publié une dizaine de livres.
J’avais beaucoup aimé : « Apollo » (2020) – (Illustrations de Kotimi) et  « Guépard« , éco-haïkus de Mélanie Richoz – Collection Rose des Sables –  10.12.2022 — 74 pages .
« Nani « (2023) est le premier roman que je lis d’elle.

Slatkine – 18.08.2023 – 174 pages

Résumé:
« Comme si chaque détail exige d’être évoqué, revécu, pour se désagréger dans la vase avec les cellules meurtries de ce corps.
Son corps.
Épuisé, souillé, appartenant plus à sa progéniture et à son mari qu’à elle-même, ce corps nourricier. Objet. Torture. Étranger.
Ce corps déjà mort. »

L’histoire d’une jeune femme vendue par son frère à l’âge  de quatorze ans à un mari violent.

Mon avis:
Albina était une petite fille heureuse qui vivait dans les Balkans jusqu’à l’âge de 14 ans. Son père décède brusquement d’un cancer, son frère la vend à un jeune de 15 ans, brutal, qui va l’emmener en Suisse, à Fribourg, où il réside avec ses parents. Et l’enfer se déchaîne : elle devient l’esclave de ses beaux-parents et de son mari et son seul rayon de soleil, ce sont ses enfants.
Elle est battue, humiliée, traitée comme une moins que rien.

L’autrice nous conte ici une histoire vraie, qui lui a été confiée par la jeune femme pour qu’elle partage ce qu’elle a vécu.
Difficile de parler du parcours de vie de cette jeune femme sans avoir à la fois l’émotion, la rage, la stupéfaction de voir que des personnes vivent un tel calvaire, et en plus en Suisse.
Difficile de lâcher le livre une fois commencé, difficile de ne pas penser à autre chose après l’avoir lu.
En cette époque marquée par la violence faite aux femmes, ce livre résonne.
Cette jeune femme qui va subir le pire, les violences, les viols, la soumission, qui va vivre dans la peur et qui va le faire pour protéger ses enfants. Cette femme qui va malgré tout s’émerveiller quand elle peut grappiller quelques minutes de liberté en traversant un parc pour aller à la laverie automatique, cette femme qui va continuer à rêver en pensant à son passé, cette femme qui va apprendre seule le français en déchiffrant les tickets de caisse du supermarché, qui va travailler en se cachant, qui va avoir le courage de se confier, malgré la peur, pour que ses enfants n’aient pas à passer par le même chemin qu’elle.
Quand on pénètre dans son univers, on est horrifiés de voir dans quelles conditions elle a survécu – on ne peut pas dire vécu – et que la peur a été sa deuxième peau pendant toutes ses années.
Puissent toutes les femmes qui subissent des violences avoir son courage et réussissent à briser le cercle infernal et merci à elle d’avoir parlé et à Melanie Richoz d’avoir construit un roman autour de sa vie.
Un sujet extrêmement grave traité avec tellement d’humanité et de poésie, car je vous affirme que l’écriture est belle et que l’espoir est présent tout au long du chemin.

Merci à l’autrice et aux Editions Slatkine pour cette lecture que je ne vais pas oublier de sitôt.

Extraits:

Ce journal lui prouve qu’elle n’a pas rêvé : elle a un passé. Elle a existé, parce que jadis elle avait  la vie devant elle.

Quand nous défendons ceux que nous aimons, la peur et le danger se rétractent. Nous devenons fort, tout-puissants.

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