Bondoux, Anne-Laure et Mourlevat, Jean-Claude «Et je danse, aussi» (2015)

Bondoux, Anne-Laure et Mourlevat, Jean-Claude «Et je danse, aussi» (2015)

Auteurs : Anne-Laure Bondoux a écrit un peu de théâtre, des chansons, puis elle a été journaliste avant de démissionner pour revenir à la fiction. Depuis 2000, elle a publié dix romans pour la jeunesse, et son travail a été récompensé par de nombreux prix, en France et à l’étranger. Jean-Claude Mourlevat écrit depuis plus de quinze ans. Après s’être consacré longtemps au théâtre, il a publié une quinzaine de romans et reçu de nombreux prix, tels le prix Sorcières et le prix des Incorruptibles, qu’il a obtenus plusieurs fois.
Il est traduit dans une vingtaine de langues.

Fleuve Editions – 12.03.2015 – 280 pages / Pocket 4.2.2016 311 pages

Résumé : La vie nous rattrape souvent au moment où l’on s’y attend le moins. Pour Pierre-Marie, romancier à succès (mais qui n’écrit plus), la surprise arrive par la poste, sous la forme d’un mystérieux paquet expédié par une lectrice. Mais pas n’importe quelle lectrice! Adeline Parmelan, «grande, grosse, brune», pourrait bien être son cauchemar… Au lieu de quoi, ils deviennent peu à peu indispensables l’un à l’autre. Un mail comme une bouteille à la mer. D’ordinaire, l’écrivain Pierre-Marie Sotto ne répond jamais aux courriers d’admirateurs. Mais cette Adeline P. n’est pas une « lectrice comme les autres « . Quelque chose dans ses phrases, peut-être, et puis il y a cette épaisse et mystérieuse enveloppe qu’elle lui a fait parvenir – et qu’il n’ose pas ouvrir. Entre le prix Goncourt et la jeune inconnue, une correspondance s’établit qui en dévoile autant qu’elle maquille, de leurs deux solitudes, de leur secret commun…
Jusqu’au moment où le paquet révèlera son contenu, et ses secrets… Ce livre va vous donner envie de chanter, d’écrire des mails à vos amis, de boire du schnaps et des tisanes, de faire le ménage dans votre vie, de pleurer, de rire, de croire aux fantômes, d’écouter le Jeu des Milles Euros, de courir après des poussins perdus, de pédaler en bord de mer ou de refaire votre terrasse. Ce livre va vous donner envie d’aimer.

Mon avis : Merci à l’amie qui me l’a conseillé et prêté. Ce fut un très joli moment de lecture. Un roman épistolaire des temps modernes, au temps de l’échange de mails. Beaucoup de tendresse et de sensibilité. J’ai souri, j’ai ri, j’ai eu envie de les pousser dans un sens ou dans l’autre. Quelques mois d’échanges, des avancées, des reculades, tout en émotion et en délicatesse. Un joli roman aussi sur l’écriture, la page blanche, les rapports entre l’écrivain et son lectorat.
Un bémol toutefois… (et oui avec trois points de suspension) : je trouve que la présence de Lisbeth n’apporte pas grand-chose au livre. Il aurait suffi de la mentionner en passant et de ne pas s’appesantir sur le personnage.
Un livre sur l’amitié, l’amour, l’attente, les mots, la perte, le deuil, la confiance, la peur d’aimer, l’espoir…

Extraits :

Même si on ne rattrape jamais le temps perdu, on peut décider de ne plus en perdre

Les écrivains sont naturellement timides, il me semble, sinon ils seraient chanteurs de rock ou acteurs.

Savez-vous qu’il existe de par le monde quantité d’écrivains dont le seul tort est de n’avoir jamais rien écrit ?

La Piste Aux Étoiles pour moi enfant, c’était le Taj Mahal plus le Carnaval de Rio plus une aurore boréale plus tout ce que vous voudrez qui vous émerveille.

Vous vous défendez d’être une créatrice, parce que vous ne me racontez que votre réalité, dites-vous, alors que moi je serais au-dessus de cela puisque j’invente des fictions. Mais savez-vous que le lecteur se contrefiche de la réalité, il veut juste que cela l’intéresse.

Je suis comme ces animaux blessés qui se replient dans leur terrier pour lécher leurs plaies. Tant que la cicatrisation n’est pas faite, pourquoi prendre des risques ?

Je lève la tête et je vois un soleil.
Le sourire occupe tout le bas de son visage.

je garde l’espoir, un jour, de trouver un homme qui aimera à la fois mes rondeurs et mes lourdeurs.

Il y a des choses que je ne supporte pas, alors je me défile, je blague, je botte en touche, comme on dit au rugby.

Je ne peux pas à la fois revendiquer d’être VIVANTE, et en même temps refuser cette vie qui, parfois, déborde.

Tu es la dernière personne que j’imagine clouée au lit ou dans un fauteuil. Tu dois crever d’ennui et fulminer d’impatience, non ? À ce propos, sais-tu, cher professeur de gymnastique, qu’il existe des objets rectangulaires composés d’une couverture cartonnée avec, à l’intérieur, des pages couvertes de petits caractères noirs ? Ça s’appelle des livres.

Si ce chagrin n’est pas soluble dans l’écriture, dans quoi pourriez-vous bien le diluer ?

Je suis ordinateur à 100 %. Les gens s’en étonnent : la sensualité du papier, le crissement de la plume, l’odeur, etc. Foutaises ! La sensualité, elle est dans les mots, dans l’histoire, et dans tout ce qu’on y investit. Elle n’est pas dans le stylo, ni dans la plume Sergent-Major !

la littérature n’est que mensonge, enfin invention, ce qui est la même chose, l’invention étant un mensonge avoué par avance, non ?

La vraie vie ? Certes, mais les choses cachées, les choses qu’on ne comprend pas, elles en font partie, de la vraie vie.

Soyez fusionnels, d’accord, mais ne soyez pas fondus !

Elle m’a dit aussi qu’il était son « astre » et… son « désastre ». J’ai trouvé ça très poétique.

Le deuil de sa personne disparue. Et pire : le deuil du souvenir que j’en avais. C’est d’une grande cruauté.

Un endroit tranquille, sec, agréable, un endroit à moi où je me tiendrai fière et debout. Que penseriez- vous de Joyeuse, en Ardèche ? De Vivans, dans la Loire ? De La Force, en Dordogne ?

Ce qui me touche et me séduit dans les livres, les films, le théâtre, plus que les histoires elles-mêmes, c’est ce qui les habille. La façon dont on me les raconte, leur texture, le tissu dont elles sont tissées, leur grain comme on dit en photographie.

Elle m’a regardé derrière son rideau de larmes, et là, tu sais ce que j’ai fait ? J’ai ouvert les bras.

Lorsque je lis un roman, je déteste qu’aux deux tiers l’auteur commence à démêler le pourquoi du comment.

(livre choisi pour le « challenge j’ai lu 2018 » ) : Un livre écrit par deux auteurs

One Reply to “Bondoux, Anne-Laure et Mourlevat, Jean-Claude «Et je danse, aussi» (2015)”

  1. Contente de voir que tu as pris du plaisir à le lire.
    Je suis justement en train de lire le dernier roman d’ Anne Laure ( a paraître en octobre ) et je m’en délecte.
    “ Et je danse aussi” avait été pour moi aussi une jolie découverte.
    Je t’engage vivement à lire “ mes amis devenus” de Jean Claude Mourlevat qui est une petite merveille selon moi.
    Merci pour ton retour en tout cas et merci aussi de me suivre régulièrement tout autant que je te suis ma copine de lecture

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