Moore, Viviane «Les gardiens de la lagune» (2019)

Moore, Viviane «Les gardiens de la lagune» (2019)

Auteure : Viviane Moore, née le 3 juillet 1960 à Hong Kong, est une journaliste et romancière française, née d’un père architecte et d’une mère maître-verrier. Photographe à dix-neuf ans, elle devient journaliste indépendante, avant de se consacrer entièrement à l’écriture. Sa série de romans historiques mettant en scène le chevalier Galeran de Lesneven l’a fait rapidement connaître du grand public, un succès confirmé avec « La Saga de Tancrède le Normand », la trilogie « Alchemia », la trilogie celte, la trilogie japonaise, dans la collection « Grands détectives » des éditions 10/18.

10/18 – 3.01.2019 – 338 pages

Résumé : Une ancienne légende vénitienne raconte que, sous l’archipel, sommeille un monstre – dragon ou Bête de l’Apocalypse – que seuls les gardiens de la lagune tiennent en respect… Nous sommes en 1162, des ossements enfouis sous les décombres d’une église font ressurgir un passé que beaucoup auraient préféré garder secret… Quelques jours plus tard, un cadavre est retrouvé dans le canal du Rialto. Un meurtre qui entache le nom du doge Vitale Michiel II.

Malédiction, crime politique ou vengeance ? Hugues de Tarse aura besoin de toute sa sagacité et de celle d’Eleonor de Fierville pour comprendre à quel point les Vénitiennes jouent un rôle fatal dans cette sombre histoire d’amour, de jalousie et de haine.

Mon avis : Venise au XIIème siècle. En 1186, Venise signe un traité avec l’empereur de Constantinople : celui s’engage à défendre la République vénitienne. Bien aimé ce roman sur la Venise du XIIème siècle. Il faut dire que dès que je vois des romans ou des polars historiques qui se déroulent à Venise, je suis tout de suite partante. Bon moment de lecture. J’espère vivement que ce roman est le tome 1 d’une longue série d’enquêtes d’ Hugues de Tarse.

 

Extraits :

La mort d’un proche est comme l’acqua alta. Après son passage, plus rien n’est pareil. Le paysage a changé.

À Venise, vous l’avez vu, rien ne passe que par l’eau. Nos rues sont des canaux, la mer est notre épouse, notre mère, notre sœur. Sans elle, nous ne serions rien.

Je ne suis que le représentant suprême de la Commune vénitienne. J’ai été élu par l’Arengo, l’assemblée du peuple.

Il donnait à son nouveau maître les noms des îlots et des maisons appartenant aux grandes familles, les Badoer, Bassegio, Contarini, Dandolo, Morosini, Giustinian… ceux qu’il appelait avec respect les « case vecchie ».

— Tolette, ce sont les planches que vous jetez en travers des canaux, mais que veux-tu dire par traghetti ?
— Ce sont ces barques que nous avons croisées sur le canal du Rialto, messire, et qui transportaient des passagers debout. Certaines sont da viazzo ou da fora, elles permettent d’aller dans les îles les plus lointaines : Torcello, Chioggia ou San Clemente. D’autres sont da bagatin ou da dentro, elles sont nos ponts à nous autres, Vénitiens.

Il tient ça de son père. L’était brave, mais le vent sifflait entre ses oreilles.

Un proverbe arabe ne disait-il pas que pour bien aimer une femme, il fallait l’aimer comme si elle allait mourir le lendemain ?

« La moindre des qualités que doit posséder un homme d’honneur consiste à garder un secret. La plus grande consiste à oublier ce secret » (Attribué à Al-Muhalaab, 630-702.)

— Chez nous, messire, on dit que la brume est le souffle de la Bête. Elle vit tapie dans les profondeurs boueuses de la lagune. D’aucuns affirment que c’est un dragon, d’autres que c’est la Bête de l’Apocalypse. Quand elle est en colère, le brouillard jaillit des flots et nous enveloppe d’un manteau glacé qui colle à la peau…

Pourquoi remuer encore le passé ? À trop remuer l’eau, c’est la boue qui monte et nous aveugle.

Un « homme à tête de loup », Hugues avait déjà entendu cette expression qui affirmait non seulement que le proscrit ne faisait plus partie de la race humaine mais que quiconque pouvait l’abattre comme une bête malfaisante s’il contrevenait au jugement de ses pairs.

Sur ses cheveux bruns était posé un bonnet conique en velours, le corno, emblème du pouvoir ducal.

Si vous aimez Venise :
la Venise du XVIIIème de Frédéric Lenormand : Série Les mystères de Venise
Page : Destination : L’Italie et ses auteurs

 

 

 

2 Replies to “Moore, Viviane «Les gardiens de la lagune» (2019)”

  1. Je n’ai pas encore lu ce livre mais ton article Catherine me donne envie de le faire
    et j’ai apprécié cette auteure avec la lecture de la série de Tancrède le Normand.
    Moi , si vous aimez Venise , je peux vous conseiller le livre de Jean- Paul Kaufmann qui vient de sortir: » Venise à double tour » ;par ailleurs , je compte aller revoir  » Mort à Venise » de Visconti ( sorti en 1982)qui repasse dans mon cinéma de quartier….

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