Blondelot, Cédric «La fenêtre de Dieu» (2016)

Auteur : Nationalité : France – Né(e) à : Seine et Marne , 1976 – Scénariste pour la télévision et le cinéma. « La Fenêtre de Dieu » est son premier roman.

Résumé :

De l’autre côté de l’Atlantique, à Chicago, une femme meurt dans l’incendie de son appartement.
Deux ans plus tard, le 31 Juillet 1979, rue de Tolbiac, en plein Paris, un nouveau-né est abandonné dans un kiosque à Journaux. Alors qu’il chiait sur Le Monde et pissait sur L’humanité, un couple le trouva et l’adopta.
Il fut appelé : Tolbiac Juillet.
Adulte, Tolbiac devient magicien. Ne lui demandez jamais de tour avec des colombes, il les déteste. Quant à son lapin, il n’en a plus. Il l’a bouffé la veille. Mais Tolbiac n’est pas seulement doué pour la prestidigitation, il est aussi un pickpocket de génie.
Sa vie bascule tandis qu’il fume une cigarette dans les toilettes d’une piscine. Il n’en sortira jamais.
Aspiré par la cuvette. Oui, aspiré !
L’impensable se produit alors. Dans le monde où il émerge, Tolbiac découvre la vie qu’il aurait eue s’il n’avait pas été abandonné.

Mon avis :

L’auteur est venu « me chercher » et c’est ainsi que j’ai découvert ce livre. « Tolbiac Juillet » m’a contacté pour me proposer de s’inviter dans ma bibliothèque. Trouvant la démarche très sympa de la part d’un auteur premier roman, j’ai joué le jeu et j’ai reçu un exemplaire dédicacé en échange… je ne l’ai pas regretté. De l’humour, décalé, déjanté. J’adore… La façon d’écrire est imagée, pleine de fantaisie, d’imagination, de tendresse et de gouaille, très imagée, vivante, et on veut savoir la suite de ce conte qui intrigue . Tolbiac, c’est le genre Titi parisien : dégourdi, farceur, savonnette… Et  les personnages, surtout Tolbiac sont super attachants.. j’ai plongé à la suite de Tolbiac… ( mais non pas dans les wc de la piscine 😉

Alors tout est question de style vestimentaire … une histoire de cuir … êtes- vous plutôt perfecto ou blouson de cuir BCBG ?

1ère partie : Où l’on suit les tribulations d’une vachette nommé « Mirabelle », transformée en perfecto, d’aventures en aventures, ses changements de propriétaires, ses abandons multiples et ses repêchages variés, depuis un ranch du Texas jusqu’à Paris…

2ème partie : Ou l’on apprend qu’un enfant trouvé, tout comme le cuir de la vachette transformée en perfecto qui va le recouvrir après son accident, doit avoir un nom pour exister et avoir plus d’importance qu’un caillou… Et  ce nom sera en rapport avec l’endroit où il a été trouvé ( un nom de bataille qui lui va comme un gant) .  Et comme il suit les traces de ses parents… il prendra le relai… magicien, artiste escamoteur de profession… en spectacle au Club Med puis prolongement des activités… dans le métro… Et l’enfant trouvé est rempli de tendresse pour les deux phénomènes qui l’ont trouvé et adopté.

3ème partie : Perdu le perfecto… Tolbiac est devenu Zéphyr, malheureux proprio d’une veste en cuir BCBG. Evidemment ça ne va pas coller… Le Zéphyr, vent doux, frais, léger, tiède et agréable:  ça va avec le brave petit cadre avec son petit blouson en cuir, sa petite fiancée, son petit mariage à l’église et sa maisonnette de banlieue mais  ça clashe avec Tolbiac, petit gars des rues qui a un nom de bataille, qui tire des morlingues, fait des tours de magie et qui la joue façon Mistral ou vent d’Autan…

4ème partie : A la recherche des origines et de sa vie… Un parallèle entre le sens de la vie et la survie du Zéphyr… Je ne vais pas vous dévoiler l’histoire mais elle est belle, originale… et j’ai beaucoup aimé ! Et en toile de fond … la problématique grave de l’abandon des enfants et ce qui se cache derrière…

Merci à Cédric d’être venue me proposer d’emprunter le vortex de la Fenêtre de Dieu…

Extraits :

Définitivement, rien ne justifiait le fait de ne pas avoir de prénom. Peu importe la durée et les vicissitudes de l’existence, sans prénom, l’âme se fossilise. Sans prénom on quitte le monde organique pour devenir minéral.

… l’amour prit la première à droite, direction la lune, et ses cratères en forme de cicatrices, tellement bien assorties aux leurs.

Il était seul avec son propre poison : le doute

Persuadé que toutes les vieilles frusques recelaient une âme, il prétendait créer des liens sibyllins entre clients et vêtements.

Entre deux vins, il se confiait ; s’excusant de puer autant. Mais les gens propres lui faisaient peur. Ils étaient trop sales dans leur tête. Lâches, corrompus et surtout complices.

Juste un Merci, prononcé d’une voix plus enrayée qu’un pistolet de la Grande Guerre.

Si la vie l’avait privé de la parole, c’est qu’elle ne voulait plus l’entendre. Fin de la discussion.

Avec lui, j’avais gouté au sirop de la rue et mûri la certitude d’aimer la liberté du dehors, son âpreté et sa vérité.

Le gosse avait à peine une semaine qu’il pissait déjà sur Le Monde et chiait sur l’Humanité. Ça promettait. Du coup on l’a gardé.

L’idée lui vint de me donner un prénom. Il était devenu rébarbatif de m’appeler petit bonhomme ou garçon. On nommait bien les animaux. Sinon, autant me ranger parmi les cailloux.

…c’était ce genre de mec trop doué, sur lequel les haineux se cassent les dents. Il était impossible de le déchiffrer et inconcevable de le détester.

Au fond, je n’en sais rien. Mais en surface, l’idée me botte. Elle me gante même !

Le brun rougeoyant de ses iris me fit penser à deux châtaignes fraîches, nappées d’un mystère aussi épineux qu’une bogue.

Mais c’est bien à cela que servent les petites voies, non ? Nous entraîner exactement là où elles nous déconseillent d’aller.

Je chutai lourdement sur les fesses regrettant que la couche de neige ne soit pas plus importante. Compote de coccyx, sur son lit d’hématomes. Bonne dégustation.

Un coup de mou. Les souvenirs : ils tapent à la porte, ils s’entassent, mais mon cerveau leur refuse l’accès.

Même une pendule cassée a raison deux fois par jour.

Chaque virage pris est définitif et conditionne les suivants, comme si à chaque seconde un algorithme aux possibilités infinies recalculait notre destinée.

Ma vie prenait l’apparence d’un château de sable érigé face à la marée montante.

Si l’on considère le destin comme un gigantesque métier à tisser, dont on ignore les règles du filage, alors c’est une foutaise de vouloir à tout prix s’asseoir aux commandes.

Le mensonge est un glouton, il phagocyte la vérité, se substitue lentement à elle et emporte l’auditoire, jusqu’à votre propre perception, dans un nouveau conte aux délicieux parfums de sincérité.

le site pour commander directement le livre à Cédric :   http://cblondelot.wixsite.com/auteur  ( ah.. j’allais oublier …  le livre est recommandé par Amélie Nothomb… )

Photo : Kurt Cobain

3 thoughts on “Blondelot, Cédric «La fenêtre de Dieu» (2016)

  1. Un grand merci pour cette belle chronique Catherine !: ) Très touché.
    Un petit mot pour ceux qui suivent votre blog, si vous souhaitez votre exemplaire dédicacé il suffit de me laisser un message chez Tolbiac Juillet sur Facebook ou sur mon site auteur :

    http://cblondelot.wixsite.com/auteur

    À bientôt, Cédric

    • Un grand merci pour ce commentaire
      Ce fut un vrai plaisir de découvrir Tolbiac 😉 et puis avec une marraine comme Amélie Nothomb.. je me doutais que ce devait être une échappée un brin loufoque et magique…
      J’espère voir un jour Tolbiac à l’écran… je trouve que cela ferait un excellent sujet 😉

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