Bannalec, Jean-Luc «L’Inconnu de Port Bélon» (2017)

Auteur : Jean-Luc Bannalec est le pseudonyme d’un écrivain allemand (Jörg Bong) qui a trouvé sa seconde patrie dans le Finistère sud. Après Un été à Pont-Aven (2014), il écrit la suite des aventures du commissaire Dupin dans Étrange printemps aux Glénan (2015), Les Marais sanglants de Guérande (2016) puis dans L’Inconnu de Port Bélon (2017). Tous ses romans ont paru aux Presses de la Cité.

Les aventures du commissaire Dupin – tome 4

Résumé : Un nouvel hymne à la Bretagne signé Jean-Luc Bannalec !
Port Bélon, perle de Bretagne, célèbre dans le monde entier pour ses huîtres… Et théâtre de
nouveaux mystères pour le commissaire Dupin appelé à la rescousse après la découverte d’un
corps, inerte, ensanglanté. Aussitôt signalé, celui-ci a disparu. Volatilisé ? Dans les monts
d’Arrée, on trouve un second cadavre Il s’agirait d’un Ecossais, modeste pêcheur et saisonnier
dans les parcs à huîtres. Sur son bras gauche était gravé le Tribann, symbole d’une association
druidique…
De l’Ecosse aux monts d’Arrée jusqu’à Port Bélon, y a-t-il un lien entre les deux affaires ?
Pour le découvrir, Dupin plonge en eaux troubles au cœur du milieu, très concurrentiel,
des ostréiculteurs…

Mon avis : Sur la lancée, le tome 4 … Je découvre le monde des ostréiculteurs et je visite la région, ; cela me donne envie de déguster des huîtres ! On y croise aussi des manchots royaux et papous, des requins… Coté huitres, plongée dans l’ ostréiculture, mais aussi dans la dégustation… Plongée dans la culture et la musique celtique, dans les contes et légendes, dans le monde des druides. Et la culture celte ne se limitant pas à l’Armorique, on traverse la mer, direction l’Ecosse.

Deux enquêtes passionnantes qui se croisent et se séparent… Des personnages extrêmement bien décrits, une équipe d’enquêteurs que j’ai de plus en plus de plaisir à suivre. Certains personnages sympathiques et d’autres totalement imbuvables (dont le préfet). Et suspense garanti jusqu’au dénouement. Belle découverte que ce Commissaire Dupin, originaire… du Jura qui découvre la Bretagne après avoir été muté depuis Paris.

Extraits :

 

« La Bretagne compte deux saisons : la brève saison des averses continues et la longue saison des courtes pluies. »

Autour de l’estuaire de Port-Bélon, les petites routes n’avaient pas de nom – une particularité fréquente dans la région – et son GPS ne lui servirait à rien.

Le paysage était presque irréel. Hostile, étrange, sauvage comme dans un conte de fées sinistre. L’endroit parfait pour laisser son esprit vagabonder dans des sphères imaginaires et fantastiques comme les récits et légendes qui hantaient ces lieux. C’était l’habitat des druides, des magiciens, des fées, des nains et autres êtres fabuleux. Un lieu intimidant, inhospitalier pour de simples humains. Un décor rêvé pour des films de fantasy – les personnages de Frodon, Gandalf et leurs acolytes auraient fort bien pu évoluer dans de tels paysages.

C’est à la tombée de la nuit que les Kannerezed, les blanchisseuses de la nuit, des femmes au corps osseux et à la peau pâle, commencent à laver les linceuls des morts dans la lande.

Ce n’était pas parce qu’on faisait partie des vivants actuels qu’on était plus important que ceux d’hier ! Quel orgueil, quelle arrogance de la modernité !

La vérité des rêves ne faisait aucun doute en Bretagne.

Vous connaissez bien le dicton breton : rien n’est plus réel que ce qu’on ne voit pas ! Le monde est une forêt enchantée. Toute chose cache un sens. Les rêves sont un excellent indicateur.

L’Ecosse, l’Irlande, le pays de Galles, la Cornouailles, l’île de Man et la Bretagne – les « six nations celtiques », selon leur propre appellation.

L’écrit était considéré comme d’importance moindre, car le savoir devenait statique et immuable, ce qui était sa négation même. Ainsi le récit constituait-il la plus haute instance de la connaissance.

Etre druide entraînait une chose, plus que toute autre : être capable de raconter, de transmettre.

les druides. Tout comme chez les francs-maçons, il existe trois grades : les ovates, qui portent l’habit vert, les bardes, qui sont en bleu, et les druides, en robe blanche. Peut-être était-il vraiment druide.

Le fait qu’Aphrodite, la plus belle des femmes et déesse de l’amour, soit née dans une huître ajoutait beaucoup à son charme. Sans compter que ce mets s’accompagnait des meilleurs vins.

Les huîtres accumulent en elles le goût de l’eau dans laquelle elles vivent. Elles sont en quelque sorte un « pur concentré de mer ». Même chose que pour le vin avec le sol et le climat qui leur donnent leur saveur unique. Pour l’huître, c’est l’eau. Pour le vin, le terroir ; pour nous, le merroir.

Il est important de choisir un vin de même qualité – en fonction du goût, de la provenance et du type d’huître. Tous les vins blancs ne conviennent pas. Le muscadet s’accorde merveilleusement aux Bélon ! Le chablis n’est pas mal non plus, et pourquoi pas un pouilly-fuissé ou un puligny-montrachet – une véritable merveille !

L’Ankou, sombre créature armée d’une faux, était omniprésent dans l’imaginaire breton, sans pour autant inviter au fatalisme, à la résignation ou même au désir de mourir. La mort n’était pas écartée de la vie, c’était tout. Elle en faisait partie.

De temps à autre, une ondée s’ajoutait aux rafales qui fouettaient le sol. C’était un temps à réveiller un mort.

Quand il s’agissait de phénomènes naturels, en général, les Bretons étaient plutôt détendus. Ils savaient que la nature était la plus forte, qu’elle aurait le dernier mot, quoi qu’ils fassent. Cela ne voulait pas dire qu’ils acceptaient leur destinée sans broncher. Ils faisaient ce qui était en leur pouvoir pour se défendre, sans perdre leur sang-froid, sans céder à la panique.

L’Atlantique lui-même s’était mis sur son trente et un dans son costume bleu nuit. Il s’étendait à perte de vue, paisible, presque solennel. On le devinait bien ici, ce bout du monde.

La silhouette des Glénan se dessinait à l’horizon. Ce soir-là, l’archipel mythique semblait flotter au-dessus de la mer, majestueux et secret.

Lire l’article du Télérama : http://www.telerama.fr/livre/jean-luc-bannalec-l-ecrivain-allemand-qui-passe-la-bretagne-au-peigne-fin-avec-un-succes-fou,156568.php

 

 

Balen, Noël – Barrot, Vanessa «Mortelle fricassée» (2016)

Série : « Crimes gourmands » 04

Les auteurs : Noël Balen, écrivain et musicien, partage son temps entre sa table d’écriture, les studios d’enregistrement et les fourneaux de la cuisine familiale.

Vanessa Barrot, avocate d’affaires, avoue un goût immodéré pour les saveurs du palais et confesse un appétit peu raisonnable pour les nourritures livresques.

Résumé : L’Auberge de la Tante Adèle est une des tables incontournables du Périgord. Après plusieurs décennies passées devant ses fourneaux, la vénérable Adèle Calmette a rendu son tablier et confié à sa nièce Adeline tous ses secrets de cuisine, à l’exception du petit carnet qu’elle porte toujours sur elle et dont on ne sait quel mystère il recèle.

A l’occasion d’un reportage en Dordogne, Laure Grenadier, rédactrice en chef du magazine Plaisirs de table, accompagnée de son photographe Paco Alvarez, entend bien rendre visite à cette institution de la gastronomie locale. Mais le destin en aura voulu autrement…

Entre une communauté à l’ésotérisme douteux et quelques militants en croisade contre le foie gras, entre d’étranges recettes médiévales et des potions d’apothicaire, de vieilles rumeurs paysannes et des malveillances forestières, Laure et Paco finiront par dévoiler certaines des énigmes du pays sarladais.

Mon avis : Le tour de France continue… De quoi vous émoustiller les papilles …  Après Lyon, la Normandie et Paris, cap sur le Périgord Noir. L’origine des expressions, les vertus de l’ikebana, la cuisine du Moyen Age, la différence entre les châtaignes et les marrons, les spécificités des noix… La découverte des produits, foie gras, truffes, cèpes, châtaignes, noix, des recettes… Une petite mise au point sur le gavage des animaux… Vous savez, vous, ce que c’est que l’hypocras ? un vin … mais encore… Un petit tour sur les marchés… Comme les trois premières fois, la découverte du tueur est la chose la moins importante de l’échappée gastronomique… Alors on embarque dans le « pot de yaourt » et direction le Périgord noir, la Dordogne, Sarlat pour visiter chambres d’hôtes et restaurants et faire un reportage photo sur la région. Aucun temps noir et une virée qui donne envie de partir sur les traces de Laure et Paco…

Extraits :

Le bois travaille en cette saison, la maison respire à nouveau. Les premières froidures apaisent les feux de l’été. La charpente s’étire, le plancher se détend, les huisseries trop sèches s’amollissent.

– « Si les Anglais peuvent survivre à leur cuisine, ils peuvent survivre à tout. »

 Il y a bien sûr l’origine du mot « copain », la personne avec qui on partageait le pain,    ( je vous laisse découvrir la suite dans le livre )

  La noix est un mélange de fragilité et de robustesse. Avez-vous remarqué la forme si particulière de ce fruit ? On dirait la réplique du cerveau humain.

Un petit progrès après une grande douleur peut sembler une oasis. Mais ce n’est que le premier pas et la route est longue, très longue.

Ils s’accrochent encore à des bribes de lumière, mais n’ont pas la force de regarder le soleil en face.

– Le châtaignier, poursuivit la journaliste, donne des châtaignes et des marrons. On les distingue en ouvrant la bogue… tu sais, la boule qui pique. S’il y a trois fruits à l’intérieur, c’est une châtaigne. S’il n’y en a qu’un, c’est un marron

L’œil vissé à son appareil, il travailla consciencieusement chacune des nuances dorées de la végétation, tour à tour irisées, diaprées ou moirées.

Le miel augmente le degré d’alcool et, à jeun, ce ne serait pas raisonnable.

vous pouvez aussi utiliser du savon à main liquide, en enduire un coton et le poser sur la tique quinze à vingt secondes. L’insecte va spontanément se détacher et se coller au coton quand vous le retirerez. Et surtout pas d’alcool ou d’éther !

 

Tome 1 « Petits meurtres à l’étouffée » 2014 (Série : »Crimes gourmands)
Tome 3  » Un cadavre en toque » 2015 (Série : »Crimes gourmands)
Tome 4 « Mortelle fricassée » 2015 (Série : »Crimes gourmands)

 

 

 

 

 

 

 

 

Balen, Noël – Barrot, Vanessa «Un cadavre en toque» (2015)

Série : « Crimes gourmands » 03

Les auteurs : Noël Balen, écrivain et musicien, partage son temps entre sa table d’écriture, les studios d’enregistrement et les fourneaux de la cuisine familiale.

Vanessa Barrot, avocate d’affaires, avoue un goût immodéré pour les saveurs du palais et confesse un appétit peu raisonnable pour les nourritures livresques.

Résumé : Julien Villedieu, l’un des chefs incontournables de la gastronomie parisienne, aborde la quarantaine avec l’assurance d’obtenir prochainement sa troisième étoile. Lorsque les flashs d’information annoncent son assassinat dans les coulisses de son établissement, la consternation est à la mesure de l’atrocité du crime. Laure Grenadier, rédactrice en chef du magazine Plaisirs de table, entretenait depuis plusieurs années une solide amitié avec ce cuisinier médiatique. Alors qu’elle boucle le prochain numéro consacré à la cuisine du marché et aux producteurs d’Île-de-France, elle fait face au chagrin et décide de mener sa propre enquête. Accompagnée de son photographe, Paco Alvarez, la journaliste découvre peu à peu les facettes insoupçonnées de celui qui se prétendait son ami. Entre une double vie intime, cyniquement organisée, des contentieux larvés au sein de son équipe, une comptabilité scabreuse, un ambitieux projet d’implantation de bistrots annexes, une productrice de télévision aux mœurs troubles, tous les ingrédients sont réunis pour révéler la véritable personnalité d’un chef étoilé particulièrement indigeste.

Fayard – 18/02/2015 – 208 pages

Mon avis : Et cette fois ci la destination est : Paris. Et je vais approfondir mes connaissances sur :  les vins, les brasseries,  les créations de restaurants, les coulisses, les collaborateurs de l’ombre sans qui les chefs ne pourraient pas percer, l’importance des équipes soudées en cuisine, les étoiles, la rentabilité … La problématique de la presse sera également abordée : l’avenir des critiques gastronomiques à l’heure des blogs, la manière de concevoir des magazines … Et toujours des adresses à découvrir.. Lors d’un prochain passage à Paris, j’ai envie d’aller découvrir le Restaurant   «Le Pharamond », qui comme le dit le livre « renvoie aux heures folles de la Belle Epoque » et se situe dans le 1er arrondissement de Paris (http://pharamond.fr/fr ). Ou encore le « Bouillon Chartier » (http://www.bouillon-chartier.com/fr/ ) à Montmartre, qui semble imbattable rapport qualité / ambiance/ décor /prix . Et aussi toutes les informations architecturales, les Halles, les pavillons Balthard, le cimetière des Innocents aménagé en marché, la visite des halles au petit matin… Et une fois encore, le crime est prétexte à la découverte du monde de la gastronomie..

Extraits :

Je me demande si on ne pourrait pas composer un florilège des descriptions de Zola dans Le Ventre de Paris… C’est déversé à gros bouillons, c’est écrit à la louche, un régal !

– Bis-tro-no-mie. C’est une contraction de « bistrot » et de « gastronomie ». Le terme a été forgé par mon confrère Stéphane Demorand. Il s’agit d’une cuisine inventive, mais élaborée avec des produits simples, dans un cadre réduit, plus convivial que les établissements gastronomiques.

Le chef confirma toujours travailler avec l’ONG Alliance Produits de la mer, ne plus proposer d’espèces menacées comme le thon rouge, éviter celles surexploitées comme le cabillaud, qu’il remplaçait par du lieu noir, contribuer ainsi à lutter contre la surpêche qui entraînait le rejet à la mer de milliers de tonnes de poissons morts.

consacrer sa vie à un but et la quitter sans savoir qu’on l’a atteint.

Le ciel anthracite virait au plomb et les réverbères de la rue du Montparnasse déversaient leur lueur terne sur les trottoirs luisants de bruine.

… rassurer ceux qui aimaient étaler leur aisance dans un décor aussi doré que leur carte de crédit.

La mode, il faut la créer, jamais la suivre.

Le « manger local » n’est pas un effet de mode, mais une lame de fond.

Daphnée avait répertorié les métiers disparus tels que les lotisseurs-gaveurs, les cabocheurs, les pétrisseurs de beurre, les compteurs mireurs d’œufs…

Cette bonne femme me glace les sangs… elle m’a parlé comme on assène des coups de cravache.

Un joyeux brouhaha emplissait l’ancien hall de gare qui, transformé en restaurant depuis plus d’un siècle, servait une « cuisine traditionnelle à prix modeste ». Le « Bouillon Chartier » avait été conservé dans son jus d’origine avec sa décoration Belle Époque classée, ses murs couverts de boiseries et de miroirs, ses patères métalliques évoquant les anciens wagons de voyageurs, son imposante hauteur de plafond conférant aux lieux un aspect hors du temps.

Tome 1 « Petits meurtres à l’étouffée » 2014 (Série : »Crimes gourmands)
Tome 2 « La crème était presque parfaite » 2014 (Série : »Crimes gourmands)
Tome 3  » Un cadavre en toque » 2015 (Série : »Crimes gourmands)
Tome 4 « Mortelle fricassée » 2016 (Série : »Crimes gourmands)

Balen, Noël – Barrot, Vanessa «La crème était presque parfaite »(2014)

Série : « Crimes gourmands » 02

Les auteurs : Noël Balen, écrivain et musicien, partage son temps entre sa table d’écriture, les studios d’enregistrement et les fourneaux de la cuisine familiale.

Vanessa Barrot, avocate d’affaires, avoue un goût immodéré pour les saveurs du palais et confesse un appétit peu raisonnable pour les nourritures livresques.

Résumé : Le Bocage gourmet, restaurant situé au cœur du Calvados, doit sa réputation à sa célèbre sauce à base de crème fraîche, dont la composition est jalousement conservée. La critique gastronomique Laure Grenadier, accompagnée de son photographe Paco Alvarez, a décidé de consacrer le prochain numéro du magazine Plaisirs de table aux produits fermiers de Normandie. Pour débuter son reportage, elle fait halte dans cette institution du pays d’Auge afin de dresser le portrait de son chef. Mais le repas vire bientôt au cauchemar et se termine dans les locaux de la gendarmerie. Plusieurs clients sont victimes de la fameuse crème dont les ingrédients alourdissent singulièrement l’atmosphère. Promotion immobilière et protection du littoral, implantation d’un nouveau lieu de commémoration, extension contestée d’un luxueux haras récemment acquis par des princes qataris, un faisceau d’indices conduit à penser que certains représentants de la République étaient précisément visés.

Mon Avis : En je suis repartie à la découverte d’une région française avec la critique gastronomique et son photographe. Cette fois, j’ai attaqué ma découverte du « Made in Normandie ».. un peu plus approfondie que dans la chanson de Stone et Charden 😉 . Cette fois c’est en partie sur les traces de Proust et de ses recettes de cuisine.. Mais pas que… Une mini évocation de Bayeux ( si vous voulez en savoir plus, je ne peux que vous conseiller de lire la 1ère enquête de Penelope « Intrigue à l’anglaise » d’Adrien Goetz (voir mon commentaire). On en apprendra plus sur les agneaux de pré-salé, le fromage, la crème, les pommes, le calva, l’architecture, les haras, et sur le monde impitoyable de la concurrence gastronomique … Très chouette escapade en Normandie donc, et résolution de l’énigme grâce aux connaissances culinaires de Laure, comme dans la première enquête.

Fayard – 29/10/2014 – 192 pages

Extraits :

Les saules pleureurs se balançaient mollement au-dessus des eaux vives, sous la protection d’une rangée de peupliers qui faisait front aux vents d’ouest.

Il avait revendu en hâte son vaste appartement haussmannien et sa boutique pour se réfugier en Normandie, rassuré par sa bibliothèque débordante de volumes usés, son samovar où infusait un thé plus noir qu’une vieille encre de Chine et ses deux chats siamois baptisés Pierre et Jean en hommage à Maupassant.

La qualité des produits est essentielle en cuisine. Un chef peut faire des merveilles, mais pas des miracles.

un condensé de la Normandie, releva Paco : de la crème et des pommes !

j’ai l’impression de vivre un cauchemar. Je me dis que je vais finir par me réveiller, que tout cela n’a pas vraiment eu lieu. Je me sens comme ballotté par une essoreuse qui n’arrêterait pas de tourner.

L’architecture, la décoration, les lumières, tout appelait à suspendre la course du temps.

Allez, je vous ressers un dernier verre.
– Non, merci, refusa Paco, je conduis…
– Ben quoi ! Y a que d’la pomme.

La cuisine a souvent été le lieu de drames, de tensions et de rivalités… Il s’y trame des intrigues souterraines, il s’y joue des rapports de force et, la plupart du temps, c’est une façon de garder le pouvoir, de tenir la maison sous sa coupe…

Les adieux s’étaient faits sans trop de cris, de reproches ou de recommandations. Juste le lot habituel qui rendait les séparations presque agréables, comme le prélude à une trêve.

Mets-toi dans la tête que « quinze ans » rime avec « jamais content », et tout ira beaucoup mieux,

 

Tome 1 « Petits meurtres à l’étouffée » 2014 (Série : »Crimes gourmands)
Tome 3  » Un cadavre en toque » 2015 (Série : »Crimes gourmands)
Tome 4 « Mortelle fricassée » 2015 (Série : »Crimes gourmands)

Balen, Noël – Barrot, Vanessa «Petits meurtres à l’étouffée» (2014)

Série : « Crimes gourmands » 01

Les auteurs : Noël Balen, écrivain et musicien, partage son temps entre sa table d’écriture, les studios d’enregistrement et les fourneaux de la cuisine familiale.
Vanessa Barrot, avocate d’affaires, avoue un goût immodéré pour les saveurs du palais et confesse un appétit peu raisonnable pour les nourritures livresques.

Résumé : Laure Grenadier, rédactrice en chef du magazine Plaisirs de table, part en reportage avec son photographe Paco Alvarez pour dresser l’inventaire des bouchons lyonnais. Au cœur de la capitale des Gaules, tous deux envisagent de rendre hommage aux acteurs de l’excellence gastronomique : chefs illustres, adresses confidentielles, producteurs locaux…
Tout bascule lorsque le propriétaire d’un restaurant typique de la célèbre rue Saint-Jean est retrouvé assassiné au petit matin. La ville est en émoi et un vent de panique souffle sur les collines de Fourvière et de la Croix-Rousse quand, le lendemain, le tenancier d’un bouchon historique de la rue Mercière est à son tour tué selon le même procédé.
Laure Grenadier connaissait ces personnages et cherche à comprendre ce qui se cache derrière ces meurtres en série. Crimes crapuleux, jalousies corporatistes, vengeances sentimentales ? Elle tente de lever le voile qui masque un milieu peu enclin à se livrer.
(Fayard – 02/04/2014 – 198 pages)

Mon avis : Et un petit tour dans la région. Cette fois je me suis promenée à Lyon : plus précisément dans le monde de la gastronomie lyonnaise… Les petits bouchons, les resto « la mère untelle… » un petit tour chez Bocuse.., j’ai appris le pourquoi des dénominations…  J’ai aussi eu des conseils sur les endroits à photographier ( l’un des personnages était un photographe) … Bien sympathique cette escapade avec à la clé des recettes, des suggestions de spécialités… Un vrai guide de Lyon… Alors suivez Laure et Paco dans la ville des traboules, pénétrez la vie des cuisines, vivez celle des critiques gastronomiques et des journalistes. Un vrai guide de Lyon… En plus il se trouve que dans ma jeunesse, quand j’allais à Lyon, je descendais à l’Hôtel cité dans le livre ( http://www.hotel-du-theatre.net/ ) .. rigolo non ?

Et le polar dans tout cela me direz-vous ? Effectivement, il y a bien deux restaurateurs – amis de la journaliste – qui se font trucider… mais honnêtement, le personnage central c’est Lyon et sa gastronomie. Mais le coupable vous sera livré sur assiette à la fin du roman, épicé à souhait…

Il est certain que je vais me procurer les suivants car c’est très sympa à lire, avec de l’humour, une jolie parenthèse..

Extraits

Un couple d’une cinquantaine d’années, tendrement aviné, s’en allait à pas lents dans la nuit.

– Quand on ressent autant le chagrin que la faim, c’est qu’on est toujours en vie !

Ils étaient rentrés passablement embrumés sans être tout à fait éméchés, remontant les quais à pas lents et prudents jusqu’à la place des Célestins après avoir contourné l’église Saint-Nizier.

– Le gone qu’a fait ça y connaît son boulot, c’est pas une grabote… L’a pas fait les choses à moitié.
– Misère ! Remarque, c’est pas plus mal… Le Mandrin a défunté sans avoir le temps de chougner.
– T’as pas tort et vaut mieux, des fois…, rétorqua Gambille. J’y sais qu’une chose, c’est qu’y a bien des gones qui vont barjaquer et gandoiser un tas de conneries…
– Pas mon genre, j’aime pas les cancans, j’suis pas à mâchonner des patrigots, mais ça me fait tout chose que deux gones ont été tordus pour une poignée de pécuniaux.
– Y a tout la ville qui va faire sa rogneuse… et les bartavelles qui vont s’en faire des pleines culottes de trouille !
– Misère de misère ! ronchonna Pépère Bambane en éclusant le fond de son ballon de bière.
– Allez, j’y décolle, lança le boiteux à la cantonade, j’ai assez rincé le corgnolon !

Pour répondre à la demande, le Guide Michelin est apparu au début du xxe siècle.

– Disons plutôt que, parfois, lorsqu’une femme dîne avec un homme et qu’elle observe sa façon de manger, elle n’a pas envie de se laisser grignoter par lui… Ça n’est pas plus compliqué que ça.

Mon père fait un métier de bouche : il est dentiste !…

Sans les produits provenant des départements alentour, la gastronomie lyonnaise ne serait sûrement pas devenue aussi riche et singulière. L’histoire culinaire dépendait aussi et peut-être avant tout de la géographie régionale.

 

Tome 1 « Petits meurtres à l’étouffée » 2014 (Série : »Crimes gourmands)
Tome 3  » Un cadavre en toque » 2015 (Série : »Crimes gourmands)
Tome 4 « Mortelle fricassée » 2015 (Série : »Crimes gourmands)