Cayre, Hannelore «Série Christophe Leibowitz»

Auteur : Hannelore Cayre est une romancière, scénariste et réalisatrice française, née le 24 février 1963 à Neuilly-sur-Seine1. Elle est également avocate à la cour d’appel de Paris en tant que pénaliste et collabore à la Revue XXI. Après sa série Christophe Leibowitz, elle publie en 2012 Comme au cinéma – Petite fable judiciaire. En 2017, « La Daronne » obtient le Prix Le Point du polar européen.

Les trois tomes sont commentés sur la même  page : « Commis d’office », « Toiles de maitre » et «Ground XO » 

Tome 1. Commis d’office (2004, prix Polar derrière les murs 2005)

Résumé : Comment Christophe Leibowitz, avocat revenu de tout, loin des belles affaires d’Assises dont tout le monde parle, éternel commis d’office à la défense de délits minables, est-il enfin parvenu à être satisfait de son sort ? Est-ce parce qu’il occupe ses journées à convertir avec une patience extrême un proxénète albanais à la lecture de L’Education sentimentale derrière les barreaux de la prison de Fresnes ? Ou est-ce parce que son nom s’étale en première page aux côtés de celui de l’ennemi public numéro un ?  La justice au quotidien, des personnages surprenants, une intrigue solide, des situations cocasses pour un premier roman qui s’impose immédiatement par son rythme et un ton original et rapide.

Mon avis : Après avoir adoré « la Daronne », et sur les conseils de mon homme, j’ai enchaîné sur la trilogie ! J’adore ! Cet humour, cette verve, cette légèreté. Dès le premier le style de Hannelore Cayre est reconnaissable et je susi totalement addict ! Anti-héros par excellence, dans un monde de petits délinquants peu reluisants, elle réussit à nous faire nous intéresser à un personnage sans épaisseur et sans charisme. Un avocat qui n’aime semble-t-il que son métier mais qui est totalement largué, au point de prendre la place d’un détenu qui lui ressemble… Mais c’est jouissif à lire. Une petite incursion dans le monde des avocats pénalistes commis d’office, qui galèrent et ne font pas la une, qui rament pour survivre. Bienvenue dans le monde des petites arnaques plus ou moins minables, de la magouille et du pas net… C’est court, c’est enlevé, et sympa à lire.

Extraits :

Ma vie commençait mal car elle commençait sans passion.

Doué en rien et bon à tout, je m’étais inscrit après le bac sur les conseils de mon père dans ce qui était d’abord une fac de droite avant d’être une fac de droit.

Une douche froide, évidemment, non pas parce qu’il n’y a plus d’eau chaude mais parce qu’à Fresnes, il n’y a jamais eu l’eau chaude.

vous êtes à l’avocat ce que le Pinscher est au chien : un truc tremblotant et dégénéré pour vieille dame. Une imposture.

Lorsque je suis venu me présenter à lui, j’ai lu dans ses yeux qu’il savait qui j’étais, pourquoi j’étais là, pour qui j’avais travaillé et bien d’autres choses encore que je ne savais probablement même pas moi-même.

Tome 2 : Toiles de maitre (2005)

Résumé : Sorti de prison et plus que jamais dans la ligne de mire de son Ordre, l’avocat Christophe Leibowitz renoue difficilement avec son métier. C’est à l’occasion d’une étonnante affaire de tableaux volés qu’il s’aperçoit qu’un front invisible se mobilise pour l’éradiquer. Flanqué de ses sulfureux amis, Leibowitz part sans le savoir à la recherche de sa propre histoire et va découvrir une France hantée par ses vieux démons. Une intrigue bien construite, une vision hilarante et sans pitié de la justice, des situations aussi rocambolesques qu’absurdes et surtout un style au rythme et à la puissance inimitables.

Mon avis : Maintenant qu’il est riche illégalement, il n’’est pas plus heureux et mieux entouré ! Il va donc retourner au turbin, et replonger dans son monde de petits malfrats (ou plus gros) mais toujours aussi peu fréquentables. Et comme si la vie n’était pas assez ure, il est en plus dans le collimateur du fisc. Il va se prendre d’amitié pour un vieux facho qu’il va faire libérer, et opposé avec un avocat de la haute qui le déteste et lui en veut. Au cœur du problème un cambriolage qui fait ressurgir des tableaux qu’il vaudrait mieux ne jamais avoir évoqué. On ajoute à cela l’ancienne fiancé de Leibowitz qui refait son apparition, divorcée et avec 3 filles…

Déjanté comme j’aime, imagé, caustique, soupoudré d’actualité en matière de pénalisation des délits. A force d’être à la masse, avec sa logique bien à lui, le petit avocat en devient sympathique. Et toujours cet humour détergeant et cette galerie de personnages à coucher dehors et pourtant crédibles… Des petits plaisirs courts qui s’enchainent avec bonheur…

Extraits :

Un récidiviste. Au sens médical du terme ; du latin recidivus : réapparition d’une maladie infectieuse après sa guérison.

Il vaut toujours mieux se faire violer par des types à l’ADN défavorablement connu des services de police que par des violeurs de passage venus étudier le français.

Des images déferlèrent dans mon esprit comme dans une expérience de mort imminente …

Les trottoirs entourant la Santé étaient d’une tristesse infinie depuis que le code pénal était venu interdire quelques mois plus tôt les parloirs sauvages. Un an de taule, qu’elles encouraient à présent, les pauvres femmes de détenus, qui jadis debout sur les voitures montraient leurs enfants ou criaient des mots d’amour à leurs hommes.

Ce petit monde judiciaire formant avec les autres professions libérales du coin, les médecins, les dentistes et les pédicures, ce gotha minable décrit avec soin par Balzac : les notables de province.

Le mot “Paris” ne manque jamais son effet chez l’avocat de province, déclenchant l’inévitable “ah !” de celui qui ne dit rien mais qui n’en pense pas moins.

Clairvaux pour un pénaliste, c’est un peu comme Memphis pour un rocker ou Zion pour un rasta : ça n’est pas rien.
Un sanctuaire de la répression.

C’est le souvenir des “cages à poules”, des cellules à la Louis XI d’un mètre cinquante sur deux avec des grillages en bois qui n’ont fermé qu’en 71, la même année où Buffet, accompagné du pauvre Bontemps, a égorgé un gardien et une infirmière. Ce sont les évasions sanglantes et les mutineries, les incendies à répétition…

C’est l’illustration de ce que les avocats s’acharnent à faire comprendre aux magistrats : la société ne gagne rien à acculer un homme à ne plus rien avoir à perdre.

À l’instar des vieux truands, il était une encyclopédie vivante de la vie carcérale et un annuaire des ténors du Barreau des cinquante dernières années.

à la Libération, les autorités avaient incarcéré tout ce que les filets de l’épuration avaient pu attraper comme gamins de collabos qui erraient sans parents.

Juif…” Un mot plein de mystères… Un mot lourd… Qui, en me permettant de me draper dans la souffrance des autres, me rendait vachement intéressant.

À une heure du matin, alors que les garçons nous poussaient dehors avec ce métalangage si parisien qui consiste à empiler les chaises sur les tables avec un potin effroyable, nous décidâmes de nous replier sur le bar du Lutetia

D’aucuns diront que je vivais comme un convalescent, d’autres comme une cerise confite à l’eau-de-vie.

On l’appelle Chamalow. Parce qu’il est rose, gros et mou.

Ce n’était pas l’argent qui me motivait à faire des conneries. Loin de là. J’étais investi d’une mission déique : je livrais une croisade contre l’hypocrisie des magistrats donneurs de leçons et des confrères intéressés uniquement par l’argent.

D’habitude, je fuis les victimes. Collantes comme la pitié, elles sont par essence tyranniques en ce qu’elles puisent dans leur souffrance judiciairement reconnue une légitimité à faire chier leur conseil.

Vous êtes une mine antipersonnelle enterrée dans le sol et c’est moi qui ai eu la malchance de vous marcher dessus.

Je me sentais triste. Un peu comme Icare qui se serait pris les ailes dans une ligne à haute tension.

Tome 3 : Ground XO (2007)

Résumé : Christophe Leibowitz-Berthier, l’avocat désastreux dont Hannelore Cayre nous a raconté les aventures dans Commis d’office et Toiles de maître, exerce depuis vingt ans, il sombre dans l’alcoolisme et se voit contraint par la loi de suivre un traitement psychologique. Il devra donc écrire régulièrement à son psy, jusqu’au moment où il va se découvrir héritier d’une partie des cognacs Berthier et décider d’en faire la boisson à la mode dans les banlieues françaises, comme le Rémy Martin l’est aux États-Unis chez les mauvais garçons du rap.  En compagnie du rapeur et fin versificateur Termite, aussi un peu dealer, Hannelore Cayre nous fait explorer les embrouilles du rap et ses mythologies. Leibowitz n’arrivera pas à faire fortune mais nous visiterons avec lui des territoires aussi exotiques que les tribunaux ou une exploitation viticole familiale de la région de Cognac.

Mon avis : C’est reparti pour un tour ! L’auteur continue de nous faire découvrir les coulisses du monde pénal, carcéral, judiciaire. Nul doute que notre héros/antihéros va transformer cet héritage en galère… Comme d’hab’, il en loupe pas une et a le chic pour se foutre dans les confles les plus incroyables. Toujours aussi inventif ! La réinsertion vue par Leibo est une belle tentative. Sera-t-elle couronnée de succès ? Une fois de plus, il va agir dangereusement… pour le bien de ses clients… Quel sera le résultat ? Son changement de « carrière » va-t-il sse passer comme il le souhaite ?  Le personnage me fait penser aux sucettes colle-aux-dents de mon enfance… Tu peux pas t’en défaire, avec un coté sucré et un coté acide… J’ai adoré ce looser qui repart toujours au turbin pour défendre des causes perdues et qui croit en l’aâme humaine… La description du monde de la justice est savoureuse et sans pitié…

Belle découverte que cette romancière.

Extraits :

Moi, le type gangrené par la névrose, qui me sentais anéanti chaque fois que je me remémorais avoir eu un jour des parents, j’avais quelque part une Famille !

Il existait dans le droit pénal une infinité de sous-spécialités.
L’avocat qui faisait dans le noich (chinois) : atelier clandestin, service d’hygiène, règlement de comptes, émigration… n’était pas le même par exemple que celui qui faisait dans le cul : tapin, proxo, bar à hôtesses, sex-shop, vidéo pédophile…

Bref, des bobos trop respectueux des lois pour se fournir au kilo dans les cités, mais pas suffisamment pour s’abstenir de fumer.

… On les jugeait. Ils refaisaient un peu de taule pour la forme puis ils sortaient, pris en charge par des éducateurs. Ils reprenaient ensuite leur place comme si de rien n’était dans cette immense entité au visage noir que le bobo continuerait d’appeler “mon dealer” au même titre que la bourgeoise du XVIe disait “mon traiteur” ou “mon boucher”.

Bien qu’il n’y ait soi-disant aucun dossier merdique, il y en avait tout de même des particulièrement à chier.

Leçon n° 1 prodiguée par la justice : ça coûte plus cher de braquer une bagnole de prix que de cogner sa femme ou son môme, d’escroquer des millions à l’État ou de faire travailler pour que dalle deux cents Chinois dans une cave.
Car il est bien là, le trouble à l’ordre public : que deviendrait notre monde si les gens commençaient à avoir peur de parader dans des produits de luxe ?

Ma cousine n’était pas à proprement parler une crétine. Elle était juste… pathologiquement normale.

En quelques phrases, ils énumérèrent leurs connaissances communes dans cette bourgade que l’on nomme Paris pour en conclure qu’ils pouvaient sans danger être les meilleurs amis du monde.

Le rap, ça transcende la violence.

A part ça, mon quotidien est le même que le vôtre : répétitif et frustrant : une psychose croquignolette pour des heures interminables de bovarysme.

la dame patronnesse au tailleur plouc que j’avais devant moi était à peu près aussi excitante qu’une maman qui se démène pour vendre des quatre-quarts pleins de grumeaux à une kermesse de gens fauchés.

Alors, leurs couilles prises dans l’étau du pouvoir exécutif, ces magistrats allaient comme toujours me regarder plaider d’un air figé, et puis ils me diraient “non”, parce que “non” c’est toujours moins risqué.

 

 

 

Lenormand, Frédéric «Crimes et condiments» (2014)

« Série Voltaire mène l’enquête »

Tome 4 : Crimes et condiments (2014)

Résumé : Prenez un philosophe bien à point, faites-le mariner, lardez quelques victimes, laissez mijoter les suspects, assaisonnez de quelques scandales, pimentez l’intrigue, salez les rebondissements, saupoudrez de dialogues croustillants, enrobez dans un style onctueux et servez chaud.
En pleine révolution culinaire, Voltaire enquête sur les traces d’un assassin qui sème derrière lui tartes au cyanure et ragoûts à l’arsenic. L’aide de la brillante marquise du Châtelet, experte en recherches scientifiques, et de l’abbé Linant, fin gourmet, ne sera pas de trop pour rendre l’appétit aux gastronomes !
Après La baronne meurt à cinq heures, prix Historia, prix Arsène-Lupin et prix de Montmorillon, Meurtre dans le boudoir et Le diable s’habille en Voltaire, Frédéric Lenormand nous offre une nouvelle aventure truffée d’humour, savoureusement rehaussée de précisions historiques, nappée de bons mots ; un délice, un régal, une friandise.

Mon avis : A savourer sans modération… Voltaire a frappé à nouveau… Toujours autant d’humour, de citations historiques, de culture, de bons mots. J’ai aimé me plonger avec Voltaire dans les cuisines du XVIIIème. Comme dans les trois précédents, on ne lit pas cette série pour les enquêtes mais pour en apprendre sur l’époque en souriant et en s’amusant. Et si au lycée on pensait que Voltaire était rébarbatif, austère… le portrait tracé lui rend son originalité, sa loufoquerie et sa verve…
Alors à table ! Faites juste en sorte de ne pas dresser les plats « en cygne » si vous souhaitez qu’on reste amis… Et si vous sortez du livre le ventre plein, vous en ressortirez aussi l’esprit léger et en ayant appris des tas de choses… en sautant d’anecdote en anecdote..

Extraits :

Pour rien au monde il n’eût risqué de voir se répandre dans Paris le bruit que le gouverneur de la Bastille ne savait pas recevoir.

un esprit plein d’acuité trouve de la satisfaction dans les plus délicates coïncidences.

— Qu’est-ce qui vous retient à Paris ? demanda Émilie.
— Trente-cinq mille livres.
— Bigre ! Vous avez une grande bibliothèque !
— Trente-cinq mille livres monnaie.

Hérault contempla le luxe dont s’entourait l’ermite, les épais velours qui encadraient son lit pour le préserver des courants d’air, les coussins rembourrés où il enfouissait son postérieur pour réfléchir aux injustices de l’univers, les buffets en bois de rose où il rangeait ses manuscrits… C’était un tonneau très bien meublé.

Voltaire n’en avait cure, il n’était pas venu louanger des auteurs vivants, mais prendre la place d’un auteur mort.
— Je ne m’intéresse pas au succès de mes confrères, je me contente d’aller à leur enterrement.

Nous savons, cher ami, que vous vous entendez fort bien à traiter la volaille, qu’elle soit poule, grue, bécasse ou dinde.

Celui-ci avait trop peu de morale pour se passer d’intelligence, mais trop peu d’intelligence pour se passer de morale, et ces deux manques s’aggravaient l’un et l’autre.

Cet oiseau avait été roué, pendu, décapité, brûlé, tourments réservés aux pires criminels. Il avait l’impression qu’on lui donnait à manger Cartouche, Ravaillac et la Brinvilliers dans une même assiette.

Voltaire avait trop de clairvoyance pour ne pas admettre la faiblesse de ses tragédies, mais trop d’amour-propre pour se laisser fustiger en public.
— Je ne réussis pas tous les travaux que j’entreprends, on ne peut être toujours parfaitement égal à soi-même que dans la médiocrité ; l’excellence réclame des échecs.

Si le ridicule tuait, les bibliothèques ne déborderaient pas tant, cher ami.

— On nous demande d’être toujours plus intelligents, mais cela ne nous rend pas plus heureux.
— Alors laissons le bonheur aux imbéciles, dit Voltaire.

— Mieux vaut être prétentieux que ne prétendre à rien.

Ces interrogations lui donnaient des maux de tête, c’était plus fort que la réfutation des principes de Pascal, ce mauvais coucheur qui pensait mal et qui, en plus, le faisait avec brio

Richelieu confondait la juste envie de « faire quelque chose de sa vie » avec celle d’y mettre fin sur un champ de bataille ! Voltaire sentit ses vrais cheveux se raidir sous les faux.

C’est fait maison ?
— Oui, c’est fait maison dans la maison de quelqu’un d’autre.

Une longue carrière administrative lui avait appris à dissimuler toute perspicacité sous un air de niaiserie.

Vous n’êtes pas facile à vivre !
— À qui le dites-vous ! dit Voltaire. Je vis avec moi tous les jours, et depuis plus longtemps que vous !

Son mari, l’œil plus perspicace qu’intelligent, avait une sorte de franchise dans la sournoiserie, tant sa malice se voyait : peut-on reprocher au furet de croquer le mulot quand il arbore la fourrure, les crocs et l’odeur du carnassier qu’il est ?

Je suis homme de lettres, auteur et écrivain. L’homme de lettres a de la culture, l’écrivain, du style, et l’auteur produit des livres.

Les gens n’entendent pas que les écrivains veuillent s’enrichir, plaida Voltaire. Dans l’expression « se nourrir de sa plume », ils croient que l’on mange la plume.

— Je suis certaine que vous vous sentez mieux maintenant, dit-elle.
— Oh, sans comparaison. C’est le jour et l’ennui.

Tout le monde aime le sucre, il est à la cuisine ce qu’est à la religion la promesse d’une vie éternelle : un mensonge agréable qui dissimule l’amertume du reste.

Voltaire admira sa duplicité. Elle savait cacher son bien, travestir la réalité, tourner la loi à son avantage, mentir effrontément aux magistrats, duper la police… Il fut frappé de voir à quel point cette femme avait appris des philosophes.

Il était victime d’un terrible malentendu. La campagne, oui, mais aménagée par Le Nôtre, avec un tapis de buis taillés et une fontaine où se mirait une gentilhommière à pilastres et fronton. Il ne se sentait pas une vocation de philosophe des labours.

On avait beau dire que l’attaque était la meilleure défense, parfois c’était la fuite.

 

Info : Richelieu : Louis François Armand de Vignerot du Plessis, duc de Richelieu et de Fronsac, prince de Mortagne, marquis du Pont-Courlay, comte de Cosnac, baron de Barbezieux, de Cozes et de Saujon, pair du royaume

Info : La cuisine au XVIIIème siècle :   http://www.cuisinealafrancaise.com/fr/articles/22-au-xviiie-siecle

Info – Faute de français : Si l’on «remédie à quelque chose», en revanche on «pallie quelque chose». Ce dernier verbe est transitif direct, ce qui signifie qu’il est inutile de le faire suivre de la préposition « à ».

 

Lien vers : présentation de la série « Voltaire mène l’enquête »

Troudic, François «Les harengs de Ploucamor» (2013)

« Les harengs de Ploucamor » (2013)  et La complainte du lamantin (2015)

Sur le site gratuit de téléchargement de e-books : http://ebook-gratuit-francais.com/auteur/francois-troudic/

Les harengs de Ploucamor (2013)

Résumé : « Elle est venue frapper à ma porte vers trois heures du matin. — Salut, je m’appelle Géraldine, on ne se connaît pas mais je suis la fille des voisins. J’ai perdu mes clés et je n’ose pas rentrer chez moi de peur de réveiller mon beau-père qui est insomniaque. N’écoutant que mon grand cœur, j’ai abandonné mon Spirou et lui ai généreusement proposé de l’héberger. » Intitulé « Les harengs de Ploucamor», ce premier roman de François Troudic s’inscrit dans la longue lignée des œuvres devenus cultes avant même leur entrée dans l’inconscient populaire, et qui posent les questions essentielles de l’apophtegme oiseux. FT nous offre ici un véritable plaidoyer en 44 pages où la pensée et l’expression des affects sont irréductibles à leur expression langagière, appliquant ainsi les préceptes d’Ossip-Lourié dans son ouvrage « Le langage et la verbomanie : essai de psychologie morbide, F. Alcan, Paris, 1912 ». Le propos abordé ici tient donc dans cette tension entre l’expérience que l’on peut faire du langage vide et l’impossibilité logique apparente de celui-ci. L’étude de ce paradoxe doit nous permettre de montrer à quelles conditions et en quel sens il est parfois possible d’utiliser un langage sans pour autant transmettre un contenu informatif. D’ailleurs, Télérama ne s’y trompe pas, qui déclare : « F. Troudic démontre la maîtrise des concepts contradictoires, qui ne correspondent de ce fait à aucune chose concrète, au “nihil negativum” kantien, une application par le romancier de l’amphibolie des concepts de la réflexion, qui propose une analyse du concept de rien et définit le “nihil negativum” comme un objet vide sans concept. Le rien peut donc s’entendre en plusieurs sens, et le langage ne parvient pas toujours à en rendre compte. » Mais c’est à Troudic lui-même, auteur à la renommée désormais assurée dans la partie septentrionale des Côtes d’Armor, que revient le mot de la fin lorsqu’il s’exclame « Y’a pas à dire, le génie humain, c’est quand même quelque chose.» Comme le disait Boris Vian, «Faut que ça saigne.» En voilà bien une démonstration magistrale, dans un livre à lire Dard Dard. Yoda F. Vous l’avez compris, il est probable que ce cher Yoda F. a abusé des mêmes substances que ce cher F.T. qui m’a pourtant affirmé avoir cessé toute utilisation des dites substances, ce qui en fait, m’inquiète encore plus… Suivez les aventures de François, Géraldine, PiouPiou et Michou (les deux agents très spéciaux), pour ne citer que les héros dans cette nouvelle noire et rouge (les cadavres ne manquent pas) à mourir de rire, et vous ne le regretterez pas…

Mon avis : Alors j’ai essayé, C@tW… Mais c’est au-dessus de mes forces… Heureusement que c’est de petits livres (et gratuits) car je ne rentre pas dans ce genre d’humour… Je me suis ennuyée ferme, j’ai souri à une phrase … Si j’ai trouvé deux extraits à citer, c’est du fait de mon amour pour l’Egypte et donc le nom Ramsès.. Il me faut des personnages attachants ( c’est loupé) et pas un ramassis de situations improbables avec des jeux de mots qui me me semblent pas bons… J’ai été au bout du premier.. pas pu aller au bout du deuxième…

Extraits :

ils sont tous morts vos cornichons ! tiens c’est bien simple, là, maintenant, tout de suite, à l’instant même où je vous parle, ils sont là qui gisent à mes pieds, inertes, zigouillés, kaput, out, dead, archi-rétamés, hyper-canés, aussi clamsés que l’arrière grand-mère de Ramsès II, tellement morts qu’ça fait pitié… Ah… quoique… attendez… oui… là-bas dans le fond… il… m’semble que… ouais… j’crois bien qu’j’en vois un qui bouge encore…

Il n’a pas dit un mot et s’est rendu directement à la cuisine – lui qui d’habitude n’y met jamais les pieds. Il y est resté enfermé un bon moment, à bricoler je ne sais quoi en sifflotant des chansons de Claude François – lui qui d’habitude ne siffle que du Pernod.

 

La complainte du lamantin (2015)

Résumé : Fixant le plafond de ses yeux révulsés, baignant dans une mare de sang, bouche béante, langue pendante, Mimi gît là, recroquevillé sur le carrelage. La flèche d’acier de douze millimètres de diamètre qui lui traverse le kiki de la pomme d’Adam à l’occiput, lui donne un peu l’air d’une girouette plantée dans de la purée de betterave.

Mon avis : avant d’abandonner définitivement à la moitié du livre tellement je n’en pouvais plus… j’ai juste souri à une phrase dans la première partie du livre…

Extraits :

Non seulement je suis afraid pour ma vie mais en plus, j’ai peur pour my life…

 

Van Cauwelaert, Didier « Le Retour de Jules » (2017)

Paru chez Albin-Michel, 176 pages, mai 2017

Résumé : « Guide d’aveugle au chômage depuis qu’Alice a recouvré la vue, Jules s’est reconverti en chien d’assistance pour épileptiques. Il a retrouvé sa fierté, sa raison de vivre. Il est même tombé amoureux de Victoire, une collègue de travail. Et voilà que, pour une raison aberrante, les pouvoirs publics le condamnent à mort. Alice et moi n’avons pas réussi à protéger notre couple ; il nous reste vingt-quatre heures pour sauver notre chien. »   Au cœur des tourments amoureux affectant les humains comme les animaux, Didier van Cauwelaert nous entraîne dans un suspense endiablé, où se mêlent l’émotion et l’humour qui ont fait l’immense succès de Jules.

Mon avis : Mais quelle déception ! Moi qui suis une amoureuse des écrits de Van Cauwelaert et qui étais tombée amoureuse de Jules… Peut-être que j’en attendais trop… J’ai comme une impression de remplissage pour aboutir à pas grand-chose… Bien sûr il y a quelques jolies trouvailles mais il manque ce petit supplément d’âme … Il parle de sentiments, mais je ne les ai pas ressentis… Jolie histoire d’amour entre deux chiens, belle histoire d’amour entre 2 et 4 pattes, mais trop de « déplacements2, de pistage, de courses et pas assez d’intime pour me faire apprécier le roman. J’ai eu l’impression de prendre tous les moyens de locomotion, mais jamais en compagnie des personnages… Mais il donne quand même dans le positif… l’amour soulève des montagnes et mon côté fleur bleue aime bien cela. Côté intérêt : apprendre qu’il existe des chiens annonciateurs de crises d’épilepsie et avoir des informations supplémentaires sur le dressage des chiens d’utilité publique

Mais je saisis l’occasion pour vous dire lisez « Jules », le tome 1… qui vient de sortir en édition de poche 😉

Extraits :

La poitrine avait l’air d’origine, bien que si peu accordée à son corps anguleux, ses fesses maigres et ses joues creuses.

… ça s’est bien passé ?
Je réponds oui. C’est plus simple : inutile de rajouter une couche de détresse et de rage impuissante à la situation absurde …

J’en ai marre de me cogner dans ces murs invisibles que j’ai laissé monter autour de moi

le carnage qu’il a failli commettre à la Daeshetterie, justifie son intention en disant que, pour lutter contre le terrorisme, on ne peut pas toujours faire du social.

Reprendre la main sur le destin, exprimer tout ce que tu perçois, tout ce qui t’échappe… Transformer la douleur, la détresse en beauté…

En termes de motivation pour l’animal, la détection d’une ceinture explosive est fondée non pas sur la chasse à l’homme, mais sur le jeu. C’est pourquoi aucun kamikaze ne peut échapper à un chien qui traque son doudou.

Quels que soient les épreuves, les peurs, les doutes, j’ai à nouveau rendez-vous avec moi-même sous le regard des autres.

Et puis la vie de couple avait apporté son lot d’érosion…

Je n’aurais jamais cru que le bonheur était renouvelable à ce point. Avec les mêmes personnes, en dépit de l’usure, des drames, des malentendus, des fausses trahisons et des vraies tromperies.

égocentrique à façade conviviale

 

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Jonasson, Jonas «L’analphabète qui savait compter» (2013)

Auteur : Jonas Jonasson (né le 6 juillet 1961 à Växjö) est un écrivain et journaliste suédois.

Son premier roman « Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire » (paru en français en 2011) a été vendu à plus de 700 000 exemplaires en Suède. L’Analphabète qui savait compter (2013) a suivi. En 2016 il publie « L’assassin qui rêvait d’une place au paradis »

Résumé :

« Statistiquement, la probabilité qu’une analphabète née dans les années 1960 à Soweto grandisse et se retrouve un jour enfermée dans un camion de pommes de terre en compagnie du roi de Suède et de son Premier ministre est d’une sur quarante-cinq milliards six cent soixante-six millions deux cent douze mille huit cent dix.

Selon les calculs de ladite analphabète. »

Tout semblait vouer Nombeko Mayeki, petite fille noire née dans le plus grand ghetto d’Afrique du Sud, à mener une existence de dur labeur et à mourir jeune dans l’indifférence générale. Tout sauf le destin. Et sa prodigieuse faculté à manier les nombres. Ainsi, Nombeko, l’analphabète qui sait compter, se retrouve propulsée loin de son pays et de la misère, dans les hautes sphères de la politique internationale.

Lors de son incroyable périple à travers le monde, notre héroïne rencontre des personnages hauts en couleur, parmi lesquels deux frères physiquement identiques et pourtant très différents, une jeune fille en colère et un potier paranoïaque. Elle se met à dos les services secrets les plus redoutés au monde et se retrouve enfermée dans un camion de pommes de terre. A ce moment-là, l’humanité entière est menacée de destruction.

Dans sa nouvelle comédie explosive, Jonas Jonasson s’attaque, avec l’humour déjanté qu’on lui connaît, aux préjugés, et démolit pour de bon le mythe selon lequel les rois ne tordent pas le cou aux poules.

Mon avis :

Après un début prometteur, j’ai trouvé que cela commençait à s’enliser et j’ai ramé pour arriver au bout. Trop d’invraisemblances tuent le déjanté. Mais faire une petite incursion à Soweto m’a permis de rendre un petit hommage à Madiba au moment où tout le monde  se trouvait là-bas. Il reprend les recettes du premier, la brochette de personnage est tout aussi improbable que dans le premier opus. Mais je n’ai pas retrouvé la fluidité du récit, j’ai mis longtemps à le lire, comme embourbée en Suède une fois que j’ai décollé d’Afrique du Sud… Totalement « abracadabrantesque » comme le précédent, l’auteur dénonce avec ironie les incapables au pouvoir, l’apartheid, le racisme, les partis politiques extrémistes, évoque les droits de l’homme, les aventures se succèdent à un rythme trépidant.. mais il a manqué un petit quelque chose pour que je rentre dans l’histoire…

Extraits :

Le lendemain, la police étoffa son argument avec des hélicoptères et des blindés. Avant que la fumée ne se fût dissipée, cent vies humaines supplémentaires s’étaient éteintes. Les services municipaux de Johannesburg purent donc revoir le budget scolarité de Soweto à la baisse du fait d’un effectif réduit.

Henrietta voulait des enfants, de préférence autant que possible. Sur le fond, Ingmar trouvait que c’était une bonne idée, pour la principale raison qu’il appréciait le processus de fabrication

la différence entre la bêtise et le génie, c’est que le génie a ses limites

Les trois Chinoises savaient pas mal de choses, notamment que les pyramides d’Egypte se trouvent en Egypte, comment empoisonner les chiens et ce à quoi il faut prendre garde quand on vole un portefeuille dans une veste, mais leurs connaissances n’allaient guère au-delà.

 

 

 

 

Salem, Carlos « Attends-moi au ciel » (04.2017)

Titre original : « Muerto el perro »

Auteur : Carlos Salem, né en 1959 à Buenos Aires, a multiplié les petits boulots après ses études de journalisme. Installé en Espagne depuis 1988, il vit aujourd’hui à Madrid. Son œuvre est disponible en France chez Actes Sud.

Ses romans : Aller simpleNager sans se mouiller Je reste roi d’EspagneUn jambon calibre 45 Japonais grillés (Recueil de cinq nouvelles ) Le Plus Jeune Fils de Dieu – Attends-moi au ciel

Résumé : Quand Piedad de la Viuda, une femme séduisante et dévote au seuil de la cinquantaine, s’éveille ce lundi-là, elle ignore que sa vie va basculer à jamais. Un mois plus tôt, Benito, son époux, dont le succès dans les affaires doit tout à la fortune de sa belle-famille, est décédé dans un accident de voiture. Fille de paysans enrichis, Piedad a vécu une existence oisive, marquée par la piété héritée de sa mère, les aphorismes de son père et les boléros qui ont bercé son enfance. Brusquement, elle s’aperçoit que son mari n’était pas celui qu’elle croyait : des années durant il a détourné de grosses sommes, et s’apprêtait à s’enfuir avec sa jeune maîtresse. Et sa mort ne serait pas accidentelle. Ébranlée par ces révélations, Piedad se donne pour mission de sauver l’entreprise familiale, lourdement endettée, et de récupérer la centaine de millions d’euros cachée par Benito, aidée en cela par les messages – truffés d’allusions bibliques – que lui a laissés ce dernier avant sa mort.
Encore faut-il pouvoir les déchiffrer… et échapper à ceux qui entendent eux aussi mettre la main sur cet argent.
Pour découvrir la vérité, sauver son patrimoine – et sa peau ! –, Piedad la bigote va devoir s’aventurer dans les bas-fonds madrilènes.
Et devenir, en l’espace d’une folle semaine, une femme fatale et une meurtrière.
Avec Attends-moi au ciel, Carlos Salem signe un nouveau polar déjanté, sensuel et burlesque. Pas très catholique.

 

Mon avis : Jubilatoire, comme toujours ! Explosif, tonique, déjanté… Idéal pour débrancher du quotidien… Un chouette pétage de plombs dans la joie et la bonne humeur. Je pense que ce livre va aussi beaucoup plaire au lectorat féminin, peut-être plus que les précédents livres de cet auteur.

Quand tu as pour nom « Piété de la Veuve… » ce n’est pas le pied. Quand tu te réveilles un lundi matin, à l’aube de tes cinquante ans, veuve, et que tu te rends compte que ton mari allait te planter là pour une jeunette, que tu es sur le point d’être ruinée, que ta meilleure amie se tapait ton mec… Deux solutions : soit tu te laisses couler, soit tu te secoues… Et bien Piedad, elle va se secouer, se réveiller… Et pas qu’un peu… Elle va exploser, et se libérer à tous les niveaux… Violence, sexe, sensualité…

Elle qui avait une vie rythmée par les boléros (air de musique) et les proverbes/citations va se rebeller, chercher à comprendre, utiliser ses compétences et son intelligence pour retrouver sa fortune, sauver son entreprise, s’envoyer en l’air, tomber amoureuse , VIVRE et JOUIR DE LA VIE. Elle et sa petite voix intérieure vont avancer main dans la main ; la Piedad de toujours, qui ne mouftait pas et qui était bien comme il faut et l’autre, le volcan qui se réveille, qui se dévergonde et qui s’éclate, explose les conventions et vit dans l’excès. Les deux faces de la même femme, qui luttent, se parlent, se complètent, se substituent… Et à elles deux , les 2 Piedad, elles vont remettre de l’ordre dans cette vie qui part en lambeaux…Et tous les autres personnages qui gravitent autour de Piedad sont savoureux, jouissifs…

Quand à l’écriture.. que dire .. Le Salem est un cru qui se reconnaît, à la saveur inimitable…

C’est parti pour le jeu de piste, l’enquête..  J’ai adoré!!!

Extraits :

“L’argent est fait pour être dépensé, et la femme pour être touchée.”

“Le travail acharné n’est que le refuge des gens qui n’ont rien d’autre à faire.” Oscar Wilde, je crois.

“Une vie oisive est une mort anticipée”, aurait dit papa en citant Goethe

“Une veuve ruinée ne baise même pas avec le jardinier.”

un pendule qui oscille entre celle de Toujours et celle de Jamais

Les centaines de livres demeurent aussi fermés que des lèvres de pierre, pourtant je jurerais entendre les voix des sages de toutes les époques murmurer leurs aphorismes à mon oreille.

Et il voulut être poète, lui bâtir un palais de mots, lui expliquer en quelques phrases ce que Descartes, Shakespeare et Lope de Vega pensaient de l’amour, fonder un empire infini afin que personne ne posât le pied où elle posait le sien.

C’est la sonnette de l’entrée, insistante, comme pressée de m’apporter d’autres mauvaises nouvelles.

Quand vous avez un mari qui voyage beaucoup et que votre éducation vous interdit de sortir seule, la lecture est une occupation acceptable

Il m’y dépose aussi délicatement que si j’étais faite de givre.

Je ressens un curieux soulagement à remplir les blancs de leur histoire et j’aimerais continuer à évoquer les épisodes que je connais et à exhumer ceux qui sont restés trop longtemps enfouis, mais comme toujours, le film s’accélère, saute des scènes et des décennies […]

“S’il y a de la misère, qu’elle ne se remarque pas.” C’est ce que disait toujours l’un de mes amants…
— Un vrai philosophe, ton ami.

Dans ce restaurant hors de prix, les portions des plats mystérieux dont le nom prend quatre lignes sur la carte occupent quinze pour cent à peine des énormes assiettes design.

J’ai commencé à espacer mes visites car j’avais découvert que j’étais diabétique, et toute cette douceur sucrée que dégageaient ces deux-là me rendait malade.

Comme disait Graham Greene, “le danger est le grand remède contre l’ennui”.

si un jour tu décides de vendre ton cerveau, tu te feras un paquet de fric parce qu’il n’a jamais servi.

Comme dit le sage proverbe arabe : “On ne se repent guère du silence, et l’on se repent maintes fois d’avoir parlé”…

Celui-là est un petit Moleskine à couverture noire et feuilles blanches. Sans lignes. Encore mieux. J’ai toujours suivi des lignes sans jamais pouvoir en écrire une seule de ma propre vie.

Je m’éveille à l’aube en songeant que j’ai enfin compris ce que Dante voulait dire par septième ciel, même si je dois avouer qu’après le quatrième j’ai cessé de compter

Et le seul luxe que je ne peux pas me permettre, c’est le ridicule.

j’ai besoin de vider seule la petite bouteille de ma vie, pour m’expliquer pourquoi elle s’est déroulée comme ça. Ou pourquoi elle ne s’est pas déroulée.

Mais j’ai fini par apprendre que la satiété est une sensation éphémère et que la mémoire de la faim, dès lors que l’on a conscience d’en avoir souffert, est infinie.

La lumière de l’aube s’insinue par la fenêtre de la chambre comme une invitée qui sait qu’elle n’est pas la bienvenue. C’est une lumière timide, vacillante et lente.

Des journées comme celles-là, ça existe dans les livres, mais je n’en avais jamais vécu. Des journées où l’on sait que tout va nous réussir, parce qu’on a décidé qu’il en serait ainsi.

des filles et des garçons qui marchent la tête baissée, comme des pénitents, alors qu’en réalité ils rendent un culte à la communication instantanée sur leur portable

beaucoup de jeunes femmes fragiles qui voyagent seules, comme si elles savaient déjà qu’une femme voyage toujours seule dans la vie même lorsqu’elle a, à ses côtés, un homme qui prétend la protéger.

Drôle d’expression, non ? On nous apprend que réussir sa vie vaut “la peine”, plutôt que la joie…

 

Info : Pour en savoir plus sur les « Cronopes » : Cronope est une notion créée par l’écrivain argentin Julio Cortázar (1914-1984). Les cronopes sont des êtres verts et humides, selon ce qui est imaginé par l’auteur du roman « Marelle », qui n’a jamais donné trop de détails sur l’apparence physique de ces personnages.
La première fois que Cortázar a utilisé le terme, ce fut dans un article publié en 1952, lorsqu’il a passé en revue un concert que Louis Armstrong a donné à Paris. L’auteur a eu l’idée quand, au Théâtre des Champs-Élysées, il a eu une vision de globes verts flottants autour de la salle.
Le concept des cronopes est resté dans l’esprit de Cortázar, qui a écrit une série d’histoires et de poèmes avec ces personnages en tant que protagonistes apparus dans le livre « Cronopes et Fameux », publié en 1962.
Selon ce qui ressort des textes, les cronopes sont des créatures idéalistes, sensibles et naïves. De cette façon, ils se distinguent des autres êtres imaginés par l’écrivain, comme les Fameux (prétentieux et formels) et les Espoirs (ennuyeux et ignorants).
Cortázar a tenu à préciser que le terme cronope n’a rien à voir avec le temps, ce qui pourrait être déduit du préfix crono (« chrono »). En fait, l’argentin a dit que c’était un mot qui lui était venu en tête et qui lui avait semblé opportun pour nommer ces êtres ainsi.
Au fil des ans, aussi bien Cortázar que ses amis et disciples ont commencé à utiliser la notion de cronope en tant qu’adjectif ou titre honorifique appliqué aux personnes qu’ils admiraient. Hors, Cortázar est souvent appelé comme Le Cronope Majeur.

Lire: Définition de cronope – Concept et Sens http://lesdefinitions.fr/cronope#ixzz4gJiFECjD

 

Raufast, Pierre «La variante chilienne» (08. 2015)

L’Auteur : Pierre Raufast est né à Marseille en 1973. –  Il est ingénieur diplômé de l’Ecole des Mines de Nancy. Il vit et travaille à Clermont-Ferrand. Après « La fractale des raviolis » il publie en 2015 «La variante chilienne» et en 2017 « La baleine thébaïde » (qui figure parmi les dix finalistes du Prix du Public du Salon de Genève 2017)

264 p. Alma Editions

Résumé : Il était une fois un homme qui rangeait ses souvenirs dans des bocaux.

Chaque caillou qu’il y dépose correspond à un évènement de sa vie. Deux vacanciers, réfugiés pour l’été au fond d’une vallée, le rencontrent par hasard. Rapidement des liens d’amitiés se tissent au fur et à mesure que Florin puise ses petits cailloux dans les bocaux. À Margaux, l’adolescente éprise de poésie et à Pascal le professeur revenu de tout, il raconte. L’histoire du village noyé de pluie pendant des années, celle du potier qui voulait retrouver la voix de Clovis dans un vase, celle de la piscine transformée en potager ou encore des pieds nickelés qui se servaient d’un cimetière pour trafiquer.

Mon avis : Encore une fois, après « La fractale des raviolis » je viens de passer un moment de lecture magnifique. Mis à part le fait que j’adore ranger aussi mes souvenirs dans des bocaux (mais pas que des cailloux, aussi les sables des lieux visités) : trois vies, trois personnages atypiques – Un vieux sans mémoire, un jeune professeur, une mineure – et si attachants ; trois solitudes qui vont se rencontrer et s’apprivoiser… Beaucoup d’émotion, de tendresse… Raufast est un romancier mais c’est aussi et surtout un conteur ; au travers de ce roman on apprend aussi… Tout comme dans fractales, on vit des aventures extraordinaires, au gré des chapitres. Le diamant, le village sous la pluie, le chat roux et le cimetière… On s’évade, on rêve, on rit aussi …. en visualisant par exemple la scène des lucioles, on est émus des conséquences de la voiture qui s’encastre… Encore un jolie pépite que je vous conseille vivement. Emotion, fantaisie, humour, créativité, humanité, poésie : tout est au rendez-vous pour vous mettre des étoiles dans les yeux…

( je vais revenir étoffer ce premier jet 😉

Extraits :

Je survis avec des gamins nés au XXIème siècle, du genre à confondre Russell Crowe et Bertrand Russell !

Petit carnet, je viens d’avoir mon bac avec mention bien. Je devrais être satisfaite, mais je n’y arrive pas. D’ailleurs, serai-je un jour contente de moi ? Ai-je le gène du bonheur ? J’en doute.

Je continue à lire. À chercher. J’ai lu des dizaines de livres sans me trouver.

Je sens que nous allons faire une cure de lecture : côté livres, il est encore pire que moi ! Sa vie est un gigantesque patchwork de ses lectures. Impossible pour lui de lever le petit doigt sans ressusciter des mots et des phrases. Sa culture fait écran entre lui et le monde réel.

Je ne suis qu’un modeste fumeur de pipe. Il y a belle lurette, ma fiancée m’en offrait une à chaque anniversaire, jusqu’à ce qu’elle comprenne que fumer est un plaisir solitaire, incompatible avec les babillages. Vexée, elle m’acheta des pulls.

Le choix ! Vivre, c’est choisir.

– Désolé, ma cave est très modeste. Le vin, je le bois. C’est dans mes globules qu’il se conserve le mieux.

Il bourra une belle pipe à fourneau rond (certainement une Ramsès) et lentement commença son récit.

Il voguait sur la vie par mer d’huile, insensible à l’hystérie des cours de récréation.

Là, dans cette bibliothèque, il apprit donc le monde des adultes. À la manière des livres.

Nous avions en commun l’amour du tabac, du vin et de la littérature. Certaines amitiés sont moins charnues.

Sans émotion, pas de souvenir. La mémoire obéit à cet implacable mécanisme.

Du coup, comme la pellicule photosensible abîmée d’un appareil photo, il n’y a plus d’émotions pour imprimer vos souvenirs.

Il m’avait raconté l’histoire d’Orion, ce chasseur extraordinaire, capable de tuer toutes les bêtes légendaires et qui mourut piqué par un petit scorpion… Je m’en souviens très bien. Des fois, je me dis qu’il y a beaucoup trop de scorpions dans ce monde et cela me rend triste.

C’était comme avoir un 357 Magnum sans les balles. Frustrant.

Les si sont des carrefours invisibles dont l’importance se manifeste trop tard.

Dehors, la voûte est pleine d’étoiles, mais aucune n’est là pour m’indiquer la bonne direction.

D’habitude, nos souvenirs sont invisibles, nos secrets bien gardés au fond de notre cerveau.

– J’ai pas envie de sécher et de ressembler à pépé !

Un jour, je partirai très loin et j’irai dans un monde coloré. Ici, tout est gris ou vert. J’irai dans un endroit avec du rouge, du jaune, du bleu.
– Si tu trouves un arbre bleu, tu m’apporteras une feuille ?

l’ascenseur social de l’école de la République était un idéal humain à la mode qui flattait sa grandeur d’âme.

Rien ne raye le diamant, rien ne peut le détruire. C’est bien la preuve que la richesse et le beau ne font qu’un !

– Comment écrire de la poésie si l’on n’est pas contrarié ?

Quand un corps est mis en bière, on enterre surtout des secrets inavouables, des anecdotes savoureuses, des drames personnels, des passions fugaces, bref toute une vie. Depuis, quand je visite un cimetière, je ne peux m’empêcher de penser à toutes ces histoires enfouies et oubliées.

Dans une voiture, l’important est la ceinture de sécurité. Elle se porte en bandoulière comme les cartouchières des pistoleros mexicains,

Je vis au jour le jour dans une grande sérénité : sans regret ni remord. Je vis ici et maintenant : les deux pieds bien au sol.

 

 

 

 

Evanovich, Janet «Dix de retrouvés» (03.2015)

Série : Stéphanie Plum : 10ème enquête

Résumé : Fâcheuse coïncidence ! Alors que Stéphanie Plum et sa partenaire Lula s’arrêtent à l’épicerie pour acheter des nachos, la boutique se fait braquer par le Diable rouge, membre des Exterminateurs de Comstock Street. La situation dégénère et, bien vite, la tête de Stéphanie est mise à prix. Elle n’a qu’une solution : se cacher dans le mystérieux appartement de Ranger, le chasseur de primes le plus sexy de Trenton. Ce qui n’est évidemment pas pour plaire à son petit ami par intermittence, Joe Morelli. Le compte à rebours a commencé, mais Stéphanie n’est pas du genre à se laisser abattre…

Mon avis : rien de tel pour se vider la tête après le traumatisant David Vann… la Miss Plum, sa partenaire , sa famille et tout particulièrement sa grand-mère sont toujours aussi déjantés et loufoques… Je dois dire que ce n’est pas le meilleur de la série, loin de là.. Stéphanie a toujours ses soucis de régime, ses problèmes de cœur, ses soucis de bagnoles, l’art de se mettre dans les gonfles les plus improbables… mais je l’aime bien…

Extraits :

Le niveau économique moyen semblait juste un cheveu au-dessus du désespoir total.

Il était gentil, mais ressemblait plus à un animal de compagnie qu’à un futur beau-frère.

J’ai encore un peu roulé sur Broad et je me suis arrêtée devant une sandwicherie Subway.

— J’adore cet endroit pour déjeuner, a décrété Lula. Ils ont des sandwichs pauvres en glucides et d’autres pauvres en graisse. On peut perdre pas mal de poids en mangeant ici. Plus tu bouffes, plus tu maigris.

Le problème, c’est que Lula et moi, on est un peu les Laurel et Hardy du cautionnement judiciaire. Il nous arrive toujours des tuiles pas possibles

Même si je suis à moitié italienne, personne dans ma famille n’est capable de jeter le mauvais œil. Le truc, chez moi, c’était plutôt le doigt d’honneur.

Tout le monde a fait le signe de croix à l’évocation du contrôle fiscal. Les gangs et la mafia n’étaient rien, comparés aux impôts

Comment ne pas avoir de sympathie pour quelqu’un qui dévalise une fourgonnette de chips et engloutit toutes les preuves ?

Son visage était impassible, mais ses yeux ressemblaient aux eaux dormantes du Styx : noirs, sans fond et terrifiants.

Rien : ni la pluie, ni la grêle, ni la neige, ni même les soldes au rayon chaussures de Macy’s, ne pouvait me dépêtrer du traditionnel dîner du samedi soir chez mes parents. Comme un saumon qui fraie, je devais sans cesse revenir à mon lieu de naissance. Contrairement au poisson, je ne mourais pas à la fin du trajet, même si je le souhaitais parfois ardemment, et ma migration était hebdomadaire.

— Je fais mon travail.
— Tu es un appeau à catastrophes…

— C’est quoi, le dessert ?
— Du gâteau au chocolat avec de la glace à la vanille.
Si Dieu avait voulu que je perde du poids, il se serait arrangé pour qu’on mange des épinards à la crème pour le dessert.

Et si tu te faisais renverser par un camion demain et que tu mourais ? Hein ? Tu aurais fait un régime pour rien. Régale-toi !

Page sur la série : « Série : Stéphanie Plum »

Brandreth, Gyles : la série Oscar Wilde

L’Auteur : Gyles Brandreth est un brillant touche-à-tout à l’excentricité « So british », à la fois journaliste, producteur de théâtre, homme d’affaires, acteur… Inconditionnel d’Oscar Wilde, il a toujours vécu sous le signe du célèbre dandy. Grâce à sa connaissance profonde de l’œuvre et de la vie du poète, il a su restituer le génie du personnage, dont les enquêtes connaissent un franc succès dans le monde.

Tome 1 : Oscar Wilde et le Meurtre aux chandelles

Résumé : En cette fin de siècle trépidante, Oscar Wilde, dandy éclairé, virevolte de mondanités en rendez-vous discrets, lorsqu’un drame vient bouleverser sa vie. Tandis qu’il s’apprête à écrire Le Portrait de Dorian Gray, il découvre dans un meublé le corps d’un jeune garçon de sa connaissance. Tout semble indiquer un meurtre rituel. Et, en ami fidèle, Oscar Wilde s’est juré de ne pas trouver le repos tant que justice n’aura pas été faite pour Billy Wood.

 »J’ai toujours voulu rencontrer Oscar Wilde. J’ai désormais l’impression que c’est arrivé et que j’ai partagé avec lui une terrible, étrange et angoissante aventure. C’est une expérience que je recommande à chacun. » Anne Perry.

 »L’un des livres les plus intelligents, amusants et distrayants de l’année. Si Oscar Wilde avait dû l’écrire lui-même, il n’aurait pas fait mieux. » Alexander McCall Smith.

Mon avis : j’ai bien aimé. Savoureux. Intelligent. Je vais voir à la biblio si je trouve les suivants.

Extraits :

Je suis le prince de la procrastination, dit-il. C’est un péché qui me guette sans cesse. Je ne remets jamais au lendemain ce que je peux faire… Le surlendemain.

L’esprit n’est pas un appareil photographique mais un pinceau d’artiste. Il n’enregistre, hélas, aucune image. Il peut seulement se rappeler la couleur du jour, l’impression de l’instant. Quant aux détails, ils disparaissent. C’est un instrument adapté aux peintres et aux poètes, mais de bien peu d’utilité pour le détective !

La caricature est l’hommage que la médiocrité paie au génie.

Comme le disait souvent Oscar, « la vie est un cauchemar qui empêche de dormir ».

 

Tome 2 : Oscar Wilde et le Jeu de la mort

Résumé : Facétieux Oscar Wilde ! Après avoir choqué le monde par ses boutades lors de la première triomphale de L’Éventail de Lady Windermere, le voici qui propose à ses amis une curieuse activité pour les distraire : le jeu de la mort. Chacun inscrit sur une feuille le nom de la victime de son choix et aux participants de deviner qui veut tuer qui. Mais quand la Mort commence à frapper les victimes potentielles dans l’ordre exact où elles ont été tirées, le drame succède à la comédie. Flanqué de son fidèle ami Robert Sherard, et assisté par Arthur Conan Doyle et par le peintre Wat Sickert, Wilde mène l’enquête avec plus de zèle que jamais. Car son nom et surtout celui de sa femme figurent sur la liste funèbre…

Mon avis : 2 ème enquête en compagnie d’Oscar Wilde et de Conan Doyle. C’est plein d’humour, on a l’impression de faire une incursion dans le monde de ces deux auteurs. On découvre la vie des deux amis, on les accompagne au Club, on pénètre dans leur intimité. Cette deuxième aventure donne envie de continuer à vivre avec eux. Mais je dois dire que c’est davantage pour le plaisir de découvrir la vie des personnages et le contexte historique dans lequel le « monument » Wilde évolue que pour l’enquête proprement dite. C’est bien écrit, savoureux, émaillé de remarques et de bons mots. Alors même si l’enquête n’est pas «topissime»… bien qu’elle ne soit pas inintéressante.. Une façon d’écrire qui ne ressemble à aucune autre. Je recommande.

Extraits :

« Surveille des pensées, car elles deviennent tes paroles, récita-t-il. Surveille tes paroles, car elles deviennent tes actions. Surveille tes actions, car elles deviennent tes habitudes. Surveille tes habitudes, car elles deviennent ton caractère. Surveille ton caractère, car il devient ton destin. »

« La vérité, c’est que j’aime les superstitions, Robert. Elles donnent de la couleur à la pensée et à l’imagination. Elles s’opposent au bon sens et le bon sens est l’ennemi de ce qui est romantique. Conservons une part d’irréalité. Ne soyons pas vulgairement raisonnables. »

Tome 3 : Oscar Wilde et le Cadavre souriant

Résumé : En 1883, Sarah Bernhardt et Edmond La Grange dominent le théâtre mondial. Déterminé à faire fructifier sa renommée naissante après sa triomphale tournée américaine, le jeune Oscar Wilde se rapproche de ces deux monstres sacrés. Installé à Paris, il travaille avec La Grange à une nouvelle traduction d’Hamlet qui promet de faire des étincelles. Mais pour l’heure, elle fait surtout des victimes… La compagnie La Grange est frappée par une série de disparitions mystérieuses, et Oscar Wilde est bien décidé à en trouver le responsable. Entre jalousies artistiques, vices cachés et secrets de famille, le poète dandy découvre l’envers peu reluisant du décor flamboyant du Paris fin-de-siècle.

Mon avis :  pas encore lu

Extraits :

 

Tome 4 : Oscar Wilde et le Nid de vipères

Résumé : Impeccable dandy à l’élégance excentrique, Oscar Wilde ne manquerait jamais une soirée mondaine en compagnie d’Arthur Conan Doyle. Surtout si elle est donnée par l’une des femmes les plus en vue de Londres, la duchesse d’Albemarle. Mais la mort brutale de leur hôtesse entraîne les deux brillants compères dans une enquête au plus près des secrets de la Couronne.

 »Un suspense à tout rompre, mais surtout la sensation d’une incroyable familiarité avec Wilde, le mythe. » Julie Malaure, Le Point

Mon avis : pas encore lu

Extraits :

 

Tome 5 : Oscar Wilde et les Crimes du Vatican

Résumé : Pour Oscar Wilde et Conan Doyle, une cure thermale n’est jamais de tout repos ! De découvertes macabres en jeu de piste, les deux compères se retrouvent bientôt sur le parvis de l’église Saint-Pierre, au coeur de la cité éternelle. Et dignes de leur réputation, ils ne reculeront devant rien. Quitte à infiltrer le cercle le plus privé de l’Église Catholique…

Mon avis : pas encore lu

Extraits :

 

Tome 6 : Oscar Wilde et la Prison de Reading Goal

Résumé : Tout juste libéré de la prison de Reading, ou il a été enfermé deux ans, Oscar Wilde se réfugie à Dieppe. Il croise la route d’un mystérieux étranger manifestement très intéressé par son histoire. Jour après jour, Wilde entame le récit de son calvaire, des corvées endurées, de la censure… sans oublier le double meurtre qu’il lui a fallu résoudre. Car dans une affaire si délicate, à quel saint se vouer, si ce n’est au détenu le plus célèbre de Reading Gaol ?

Mon avis : pas encore lu

Extraits :

 

Lenormand, Frédéric «Madame la Marquise et les Gentlemen Cambrioleurs» (2016)

Une série policière dans le Paris du début du XXe siècle par l’auteur de Voltaire mène l’enquête.

Résumé : À l’automne 1908, l’extravagante marquise Casati s’installe au Ritz avec son léopard, ses lévriers, son perroquet, ses singes et son boa. Rien que de très normal. Mais son séjour est ensuite troublé par une série de vols et d’assassinats. Les riches hôtels particuliers de la place Vendôme sont méthodiquement cambriolés. Quant à la boutique Van Cleef & Arpels, elle a été pillée au nez et à la barbe des bijoutiers ! Sans parler de l’homme assassiné sur le toit du Ritz… La marquise Casati, sorte de Hercule Poirot qui aurait troqué le chapeau melon pour une crinière écarlate, et les bonnes manières pour l’exubérance d’une Italienne indomptable, mène l’enquête. Et elle ne tarde pas à contrarier les projets d’Alfred Lupin, ennemi public numéro 2 et frère du célèbre gentleman cambrioleur…

Mon avis : Alors figurez-vous que j’ai gagné le livre (dédicacé en prime) en participant à un concours organisé par l’auteur. Sympa non ? Comme en plus « La Casati » est un personnage qui me fascine, j’adore Erté, la « Belle Epoque », j’étais toute contente 😉 et je le suis encore plus après avoir lu le livre 😉

Une fois encore ce n’est pas l’intrique qui est importante mais le contexte, les personnages, les descriptions historiques, savoureuses, l’humour… On atterrit à pieds joints dans le Paris de la Belle Epoque et de ses extravagances ! La mode se décorsette sous les mains de Poiret… Madame la Marquise nous sert de guide dans le Paris du début du siècle, avec ses soirées, ses repas, son lévrier, son guépard et ses folies, sans oublier le coté historique, l’histoire de Paris, des immeubles qui entourent la Place Vendôme, les artistes du moment qui ont « la Casati «  comme muse, amie, amante… … Ah que j’aime ce tourbillon de folie et de gaité . Merci une fois encore à cet auteur de nous faire aborder les romans historiques avec intelligence, verve, humour …

Extraits : ( il y a des tas de mots d’esprit à découvrir encore … juste un petit florilège)

Mon cher, il ne faut pas croire ce qui est dans les journaux, il faut croire ce qui est dans les romans : c’est le seul endroit où l’on tolère la vérité.

Le seul plat qu’elle désirait vraiment cuisiner était assis en face d’elle et se nommait Alfred Lupin.

– Madame, c’est le marquis
– Quel marquis ? Mon marquis ? Ciel, mon marquis !

Elle avait beau miser sur les apparences et la superficialité, c’était toujours la profondeur qui l’emportait, parfois même sa propre profondeur. La bêtise était le seul luxe qu’elle ne parvenait pas à s’offrir.

Vous savez ce que signifie « décorum » ? dit Poiret en lui jetant sur le dos quelques étoffes pour juger de l’effet. « Ce qui convient » ! Une robe, comme un reflet, reflète un état d’âme.

Qu’est-ce que c’est, la « brigade scientifique » ? Vous faites la circulation dans les éprouvettes ? Vous verbalisez les paramécies ?

La mode, c’est ce qui permet aux gens sans imagination d’avoir du style, dit la Casati.

 

Image : La Casati par Erté

En savoir plus sur la marquise Luisa Casati: http://www.letteraturaalfemminile.it/luisa_casati.htm

 

Goetz, Adrien «La nouvelle vie d’Arsène Lupin» (2015)

Résumé : Arsène Lupin revient. Un héros des années 10, lui ? Oui : des années 2010 ! Le gentleman-cambrioleur, plus sportif, gouailleur, élégant et désinvolte que jamais, détrousse les réseaux sociaux, enlève les scénaristes de sa série télévisée favorite, s’attaque au changement climatique, s’envole vers les émirats, et va jusqu’à faire invalider les comptes de campagnes du nouveau président de la République…

Dans ce trépidant divertissement, Adrien Goetz, le père de Pénélope et de ses fameuses intrigues (Intrigue à Versailles, Intrigue à Giverny…), rajeunit le plus mythique des personnages français, ainsi que ses partenaires et adversaires, du ridicule détective Herlock Sholmès à la redoutable Joséphine Balsamo, convertie au féminisme militant. La traque d’Arsène Lupin commence !

Mon avis :

Un bel hommage de Goetz à Lupin. Lupin le retour… à l’époque du numérique et d’Internet, l’invisibilité est ailleurs et l’écran a remplacé la cape, mais l’inventivité, le génie et l’art de la pirouette sont toujours là- Eh oui.. Lupin est immortel, c’est un super héros et merci à l’auteur de nous le dépoussiérer … il arrive même à lui faire attraper le mal du siècle… la dépression… Surprenant et inventif… c’est drôle, fin, plein d’humour. Lupin épingle notre société moderne et je me réjouis de le retrouver pour une suite ( ?)

Extraits :

Tous les cent ans, je m’invente une nouvelle vie, avec enfance, jeunesse, maturité…
— Lupin est un personnage de roman.
— C’est comme les comètes : en 1915 j’étais Lupin déjà et je prenais la tête de 10 000 Berbères, pour la France, dans le désert du Sud marocain. En 1815 on m’appelait Vidocq et j’avais dans ma bande deux garnements de dix-sept ans qui s’appelaient Balzac et Michelet. En 1715 j’étais tour à tour Cartouche, le bandit au grand cœur, et Philippe d’Orléans, régent de France, j’ai donné à ce radin de John Law l’idée du papier-monnaie. (…. je vous laisse découvrir la suite 😉

Il évoqua son arrière-grand-père, cet Isidore Beautrelet que Maurice Leblanc avait transformé en héros de son roman L’Aiguille creuse, et qui avait défié Arsène Lupin au point de mettre en danger le célèbre gentleman-cambrioleur.

la consultation de la tablette iPad est la prière du matin de l’homme moderne. Les journaux n’apportent que les nouvelles de la veille ; sur Twitter, c’était de l’actualité fraîche comme de la crème.

Strasbourg est la capitale de l’occultisme depuis la Renaissance, c’est ici que viennent les mages, tous ceux qui parlent aux esprits.

Au Moyen Âge, une légende voulait que le diable, à toute vitesse, tourne ainsi certains jours autour de la maison de Dieu.

Mais le gouvernement américain n’a-t-il pas déjà accès, en douce, à tous les réseaux sociaux ? Le Pentagone affirme tellement que non…

… et quand le dernier ordinateur se sera éteint, aucun archéologue du futur ne pourra décrire les mentalités de ceux qui vivaient ainsi, les pieds dans le réel et la tête dans les réseaux. Facebook, qui sera bientôt fait de plus de morts que de vivants, sera la grande nécropole du XXIe siècle, que nul ne pourra jamais fouiller.

Sauf si Lupin n’est autre que le patron de Facebook, comme il avait été, cent ans plus tôt, M. Lenormand, chef de la sûreté, poste à peu près équivalent à l’ère de la mondialisation…

Tu es son homme idéal, ton côté sucré-salé.

Il me donna sa carte de visite, car dans la société contemporaine où tout passe par des écrans, des sites, des messages, la carte de visite, étrangement, n’a pas disparu.

“Lupin ne tue pas”, tous les journaux le répètent, mais tu fais pire, tu tortures, tu blesses, tu brises, tu casses tes adversaires, et surtout si ce sont des femmes. Tu ne tues pas parce que tu es lâche.

Il se répétait, en regardant le plafond, cette triste rengaine : « Je… néant… vide… rien… »

À la différence du Sancy ou du Hope, qui portent la poisse, le Régent a toujours été un peu caméléon, donnant sa chance à qui était heureux, et laissant le malheur à qui n’en était pas digne.

Lupin, qui ne tue jamais, est le champion des faux cadavres et des résurrections. Les acteurs de La Mort qui rôde lui plaisent, cette Wallis a du chien, les décors sont superbes, la construction du scénario irréprochable. Ces séries sont tellement mieux faites que les enquêtes et les aventures du monde réel…

Tu continues à lui faire croire que tu cherches. Mais tu ne chercherais pas si tu n’avais déjà trouvé ! C’est ta tapisserie de Pénélope ton affaire, ça ne trompe pas le père Lupin : avoue que tu détruis chaque soir les notes que tu prends pendant la journée pour que ça dure jusqu’à la fin de ta bourse…

Où est-il le grand Arsène, le monocle qui vole, le coureur de fond, l’alpiniste qui escaladait Big Ben ? Il est là où on trouve les monocles et les capes de magiciens, au marché aux puces !

Comme s’il avait cambriolé la part non écrite de ses recherches, ce dont il n’avait encore parlé à personne, comme si c’était cette fois l’intimité même de sa cavité crânienne qui avait été violée, comme si dans sa tête on avait creusé des passages secrets et vrillé des escaliers dérobés.

La question n’est plus du tout de savoir si on croit ou pas en un autre monde, en une vie après la vie, en un ailleurs. Nous baignons dans des ailleurs, de tous côtés, des marmites où bouillonnent les autres vies et les vies des autres, les vies que les autres croient avoir, ce qu’ils nous montrent et ce que nous croyons qu’ils nous cachent, des écrans, des aquariums, des jeux vidéo qui ont remplacé tout ce à quoi on croyait il y a vingt ans. Alors, l’autre monde, l’enfer, le purgatoire, le paradis, les tartines de mon ami Dante, ça s’est un peu compliqué…

tous croient au monde virtuel, d’abord, à ce qu’ils font et voient sur Internet, ils pensent que le monde est dans leur téléphone, dans leur tablette, dans les messages reçus sur leur ordinateur portable, dans les puces qu’on leur glissera demain dans le crâne.

Nos coffres-forts sont virtuels, nos guerres sont souvent sans armes, nos trésors ne sont plus uniquement des œuvres d’art. Votre héros, lui, est immortel, et grâce à lui vous avez réussi à être le vrai successeur de ceux que vous admiriez dans votre jeunesse et qui vous ont donné envie d’écrire.

 

Lenormand, Fréderic «Série Voltaire mène l’enquête»

Spécialiste du XVIIIe siècle et de la Révolution, Frédéric Lenormand a publié chez Lattès les six premiers volumes des aventures de Voltaire (La baronne meurt à cinq heures, 2011, Meurtre dans le boudoir, 2012, Le diable s’habille en Voltaire, 2013, Crimes et Condiments, 2014, Élémentaire, mon cher Voltaire, 2015, Docteur Voltaire et Mister Hyde (2016).

«Ce diable d’homme.» Il faut dire qu’en son temps Voltaire incarnait pour certains le Malin. Il attaquait l’Eglise. Il sapait l’absolutisme royal. Et en plus, l’homme se révélait insaisissable. Un était jour ici, le lendemain ailleurs. Dès 1750, l’écrivain quitte du reste la France, où il ne reviendra que pour mourir en 1778. C’est durant les années 1730 que se situe la série «Voltaire mène l’enquête». Comme le titre l’indique, il s’agit de polars historiques. Le public les doit à Frédéric Lenormand. Né en 1964, l’homme a commencé par donner des ouvrages se situant à la fin du XVIIIe siècle, et en particulier sous la Révolution (source article Tribune de Genève)

Tome 1 : La baronne meurt à cinq heures (2011)
Voltaire est menacé. On a retrouvé sa protectrice, la baronne de Fontaine-Martel, assassinée dans son lit, et pour l’heure aucun suspect. S’il ne veut pas se retrouver à la rue en ce froid février 1733 (ou pire, à la Bastille !), il lui faut faire preuve de ressources et retrouver le criminel avant que celui-ci n’aille s’en prendre à d’autres honnêtes gens, lui par exemple… Heureusement, de ressources, Voltaire n’en manque pas. Car il sera bientôt rejoint par Émilie du Châtelet ! Brillante femme de sciences, enceinte jusqu’au cou, elle va l’accompagner dans son enquête, résolvant plus d’une énigme. Mais leur mission n’est pas sans dangers : il leur faudra affronter de redoutables héritières en jupons, des abbés benêts, des airs de flûte assassins, des codes mystérieux, et un lieutenant-général de police qui guette la première occasion d’embastillonner notre philosophe

Mon avis : (voir article)

Tome 2 : Meurtre dans le boudoir (2012)
Alors qu’il est sur le point de faire paraître ses Lettres philosophiques anglaises, écrit subversif qu’il nie avoir écrit, Voltaire s’empêtre à nouveau dans des crimes qu’il n’a pas commis. Un assassin s’en prend à des hommes d’importance, de préférence en aimable compagnie, et les élimine suivant des mises en scène inspirées d’ouvrages licencieux. Soucieux d’amadouer le lieutenant de police Hérault, voici Voltaire contraint de hanter les maisons de passe, les librairies clandestines et les bureaux de la censure sur les traces d’un illuminé qui qui semble s’être pris de haine pour les libertins. L’aide du bon abbé Linant et de la brillante Émilie du Châtelet ne sera pas de trop pour tenter de garder en vie l’esprit le plus pétulant de son siècle.

Mon avis : (voir article)

Tome 3 : Le diable s’habille en Voltaire (2013)
Voltaire a enfin trouvé un adversaire à sa mesure : le diable en personne ! Belzébuth sème des cadavres à travers Paris, au point que l’Église, soucieuse d’éviter tout scandale, fait appel au célèbre philosophe pour mener une enquête discrète en cachette de la police. Dans un Paris des Lumières encore très empreint de croyances irrationnelles, où vampires, démons et morts-vivants semblent se promener à leur gré, qui d’autre envoyer sur leurs traces qu’un philosophe connu pour ne croire à rien ? En échange, le cardinal de Fleury, qui gouverne la France, autorisera la publication des Lettres philosophiques, ce brûlot sulfureux. Il ne reste plus à Voltaire qu’à montrer ce que peut la philosophie contre la superstition. Et aussi à découvrir qui sème des morceaux de corps humains jusque dans le bain de l’écrivain, à percer le secret d’un mystérieux jupon convoité par un assassin, sans oublier de faire jouer sa nouvelle tragédie à la Comédie-Française, afin de révolutionner un art théâtral poussiéreux !

Mon avis : (voir article)

Tome 4 : Crimes et Condiments (2014)
En pleine révolution culinaire, Voltaire enquête sur les traces d’un assassin qui sème derrière lui tartes au cyanure et ragoûts à l’arsenic. L’aide de la brillante marquise du Châtelet, experte en recherches scientifiques, et de l’abbé Linant, fin gourmet, ne sera pas de trop pour rendre l’appétit aux gastronomes !
Après La baronne meurt à cinq heures (prix Historia, prix Arsène-Lupin et prix du Zinc de Montmorillon), Meurtre dans le boudoir et Le diable s’habille en Voltaire, une nouvelle aventure du philosophe truffée d’humour.

Mon avis : (voir article)

Tome 5 : Élémentaire, mon cher Voltaire ! (2015)
Qui en veut à la marquise du Châtelet ? Sa servante assassinée, la voilà aux prises avec la police. Voltaire vole à son secours pour dénouer une intrigue où s’entremêlent la couture, l’horlogerie et le commerce des poupées. Prêt à tout, virevoltant, multipliant les mots d’esprit, notre San Antonio des Lumières nous entraîne une nouvelle fois dans une folle sarabande. Depuis les salons parisiens jusque dans les taudis sous les ponts de la Seine, il déjoue la mécanique du crime, tire son épingle du jeu et démontre une fois de plus que, pour un philosophe comme lui, découvrir la vérité n’est qu’un jeu d’enfant.

Mon avis : (pas lu)

Novella : Querelle de Dieppe: Une enquête de Voltaire (2015)

A l’automne 1728, Voltaire ne connaît pas un retour d’exil triomphal. Il a décidé de passer l’hiver à Dieppe avant de se risquer à Paris. Habilement caché sous l’identité de « Sir Francis Volty, sujet de la couronne britannique », il s’installe chez l’apothicaire Tranquillain Féret. Il en profite pour s’initier à la médecine et pour essayer sur lui-même toutes sortes de médicaments dans l’espoir de guérir son « état de langueur ». En fait, les sujets d’intérêt ne manquent pas. Qui a tué cette jeune femme en capeline rouge dont il découvre le cadavre en bas de la falaise au cours d’une promenade de santé en chaise à porteurs ? Qui a fait disparaître le copiste chargé de multiplier ses brillants manuscrits philosophiques ? Que veut cet inquiétant vicomte dont le manoir normand ressemble au repaire d’un savant fou ? Il ne reste plus à notre philosophe, entre deux pilules, qu’à éclairer les Dieppois de ses Lumières.

Mon avis : (pas lu)

Tome 6 : Docteur Voltaire et Mister Hyde (2016)
Panique à Paris ! La peste est de retour ! Voltaire aussi !
Tandis qu’une maladie mystérieuse affole la capitale, le voilà coincé entre police, assassins, les médecins et son frère Armand, religieux intransigeant avec qui on le confond sans cesse. Déterminé à dissiper les brumes qui obscurcissent la raison et à éclairer l’intrigue de ses lumières, Voltaire prodigue aux populations effrayées les bienfaits de la philosophie en action. Hélas la police continue de penser que c’est encore la faute à Voltaire…
Nous voici à nouveau embarqués dans une réjouissante aventure policière du philosophe le plus pétulant de l’histoire de France. On se régale à le regarder faire preuve d’esprit et de férocité envers ses contemporains, en enquêteur égocentrique, persuadé de sa supériorité, jamais à court d’idées, mais toujours là pour faire surgir la vérité.
Impossible de coller une étiquette sur Frédéric Lenormand. Il n’est pas seulement auteur de romans policiers : c’est un romancier à part entière, capable dans un même récit de mélanger différents genres littéraires (polar, aventures picaresques, conte philosophique). C’est sous cet angle qu’il faut lire la série Voltaire mène l’enquête. On peut alors découvrir avec délectation une plume savoureuse. Mensonges en entrée, crime en plat principal, perfidies au dessert, c’est le menu très complet qu’il nous concocte pour nous servir les aventures d’un Voltaire capable de réjouir ceux qui l’aiment et ceux qui le détestent : un Voltaire délicieux, pimenté, irrésistible.

Mon avis : (pas lu)

Novella : Meurtre à langlaise (2016) 124 p
1726. Voltaire a traversé la Manche après un nouveau séjour à la Bastille à cause d’une fâcheuse histoire de coups de bâton assénés sur sa perruque à bouclettes. Miracle ! Il découvre à Londres une société idéale fondée sur le droit, sur le respect des concitoyens et des libertés publiques ! Hélas, comme aucun bonheur parfait ne saurait durer longtemps, les cadavres ne tardent pas à tomber autour de ses dentelles. Contraint à remonter ses finances, il accepte une place de conseiller auprès d’un policier britannique. Le voilà en visite dans tous les endroits louches de la capitale, dans les ruelles mal famées, dans les coffee-houses, dans les clubs les plus sélects, dans les manoirs des duchesses, dans les théâtres où Macbeth succède à Hamlet, plus déterminé que jamais à faire la lumière sur les turpitudes de son siècle, qu’elles soient saupoudrées d’arsenic ou nappées de sauce à la menthe. Avec cette novella, Frédéric Lenormand poursuit les aventures policières de son célèbre détective en perruque poudrée, digne prédécesseur d’Hercule Poirot.

Mon avis : (pas lu)

Tome 7 : Ne tirez pas sur le philosophe (2017)
Voltaire rentre d’un an d’exil en Lorraine, mais les Parisiens, peuple frivole, l’ont oublié : Les Lettres philosophiques, c’était l’année précédente, ils sont passés à autre chose. Aux grands maux les grands remèdes ! Notre philosophe décide de se refaire une réputation par la défense de belles causes. Le hasard place sur sa route une servante pendue pour vol qui s’est réveillée sur la table de dissection d’un chirurgien. Il faut l’innocenter, ou bien la justice du roi l’accrochera de nouveau à sa potence. Sauver l’orpheline injustement condamnée, voilà un défi à la mesure du plus brillant penseur du siècle des Lumières ! En San Antonio du thriller historique, Frédéric Lenormand crée des héros infatigables, hauts en couleur, qui caracolent au rythme d’un XVIIIe siècle plein de surprises. Cette nouvelle aventure de Voltaire est un dessert à la fois léger et subtil, moitié miel, moitié arsenic.

Mon avis : (pas lu)