Lenormand, Frédéric «Au Service secret de Marie Antoinette: Pas de répit pour la Reine» (2019)

Lenormand, Frédéric «Au Service secret de Marie Antoinette: Pas de répit pour la Reine» (2019)

Auteur : Couronné par les prix Historia et Arsène Lupin, Frédéric Lenormand est auteur de nombreux romans historiques. Écrire sur Marie-Antoinette lui a longtemps trotté dans la tête avant qu’il n’en parle aux Éditions de La Martinière. « Pas de répit pour la Reine » est le 2ème volume de la série « Au service secret de Marie-Antoinette Pour en savoir davantage, je vous invite à aller sur la page de mon blog « Auteurs E-L »

Série : Au Service secret de Marie Antoinette : L’Enquête du Barry – Pas de répit pour la Reine – La Mariée était en Rose Bertin –

Editions La Martinière – 17.10.2019 – 330 pages

Résumé : C’est la guerre des farines : le peuple a faim ! Louis XVI s’en moque et continue de s’affairer à ses passe-temps : la serrurerie et l’horlogerie. A Marie-Antoinette de remonter ses manches ! Mettre la main sur un mystérieux trésor inca tomberait à pic pour acheter du pain à ses sujets. Mais gare à la malédiction qui frappe tous ceux qui s’approchent de l’or !

Mon avis : J’avais beaucoup aimé la première enquête du duo Rose et Léonard et je n’ai pas été déçue par la deuxième. Ces deux là s’entendent comme chien et chat, mais n’empêche qu’ils sont inséparables.
Ce que j’aime dans ces petits polars, c’est que le contexte historique est tout à fait respecté, les personnages historiques ont bien existé et les situations sont réelles : Marie-Antoinette et son amour du jeu ; Le roi et sa passion des serrures puis des horloges ; La « guerre des farines » est tout sauf une invention : l’édit de Turgot libérant le commerce des grains à l’intérieur du royaume a bel et bien été à l’origine de troubles en 1775.
En plus de l’intrigue et des situations, l’humour et l’ironie, les jeux de mots, la maitrise de la langue (lisez les titres des chapitres… c’est un festival).
Et comme dans sa première enquête, le clin d’œil qui fait référence à l’actualité … une crise sociale habillée par Rose avec ce si charmant petit gilet jaune

Extraits :

Le roman se passe en 1775 entre Paris et Versailles, alors que gronde la « Guerre des farines » : le pays est secoué d’émeutes populaires en réaction à la politique libérale du nouveau gouvernement. Toute ressemblance avec des événements récents ne saurait être qu’une coïncidence délibérée de l’auteur. Ou pas. Ou si.

Ils s’installèrent à la taverne en face pour patienter en sirotant la dernière cuvée du petit vin blanc qui avait donné son nom au hameau de la Goutte-d’Or. Les vignes poussaient sur le flanc de la butte Montmartre.

Les corsaires étaient sous contrat avec une puissance maritime qui les mandatait pour attaquer ses ennemis. Les flibustiers, eux, étaient des aventuriers. Quant aux pirates… c’étaient des assassins, prêts à tout !

Ils commençaient tous deux à être assez imbibés, la bouteille avait du mal à trouver le verre.

– Oh ! moi, répondit-il, je ne suis pas une piste, je suis une impasse.

– De scriptophilie ?
– L’amour des documents officiels anciens. C’est à la croisée de l’épistogrammophilie et de la paléographie, mâtinée d’un peu d’héraldocommunophilie. C’est-à-dire l’amour de la correspondance, des vieux écrits et des enveloppes de mairie, comme vous l’aurez deviné.

– Vous m’utilisez, marmonna-t-il.
– Comme ça vous servez à quelque chose.

Les Anglais, en avance sur les Français dans bien des domaines tant qu’il ne s’agissait pas d’alimentation, étaient en train d’abandonner cette forme d’exploitation humaine. Non par amour de l’humanité – les bons sentiments ne se mettent pas en équation –, mais leurs économistes, les meilleurs du monde, la jugeaient peu rentable. Ce système imposait à l’esclavagiste trop de charges et de contraintes. Au contraire, le salariat permettait de laisser les ouvriers mourir de faim sans que les patrons aient à se soucier d’eux : ils ne leur appartenaient pas. Le salariat permettait de prendre le meilleur d’un homme – sa force de travail – tout en se désintéressant du reste.

Toute la finesse des rédacteurs était dans le choix d’expressions allusives. Les lecteurs avertis devinaient le reste. « Un décès sans cause apparente » signifiait « les autorités vous mentent », tandis que « personne n’a été inquiété » voulait dire « la police patauge dans la mélasse ».

Joindre l’agréable et la rentabilité, n’est-ce pas l’idéal de l’amour ?

Rose lui avait préparé une robe de mai aux couleurs de la saison – de nuance « crème fouettée » avec des passementeries fuchsia.
– Ça se porte très bien avec un gilet jaune, précisa la modiste.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *