Penny, Louise «Tous les diables sont ici» (2020)

Penny, Louise «Tous les diables sont ici» (2020)

Voir article global sur la Série : La série des enquêtes de l’inspecteur Armand Gamache

Tome 16 : Tous les diables sont ici ( paru au Canada en novembre 2020)

Flammarion Canada – 5.11.2020 – 512 pages

Résumé : Les Gamache arrivent à Paris pour voir leurs enfants : Daniel qui y vit depuis des années et Annie qui vient de s’y installer. Après une soirée de retrouvailles en compagnie de Stephen Horowitz, le parrain fortuné d’Armand, ils voient avec horreur le vieil homme se faire faucher sous leurs yeux, dans ce qui ne semble pas un simple accident.

Les principaux lieux où se déroule le roman : Adobe Photoshop PDF (flammarion.s3.amazonaws.com)

Mon avis :

Inutile de vous dire que j’ai adoré cette enquête de mon cher Armand Gamache. Un peu déstabilisant de le retrouver à Paris sans la fine équipe de Three Pines.
Mais comme il est hors de question qu’il soit seul, il a autour de lui toute sa famille (sa femme, ses deux enfants et ses petits-enfants) et des contacts et amis de longue date, comme le Préfet de police de Paris.
Dans cet opus, j’ai eu le plaisir de découvrir l’enfance de l’Inspecteur-Chef et son lien avec Paris. La famille, l’amitié, les relations difficiles entre un père et son fils, et toujours la propension de Gamache de risquer sa vie pour sauver ceux qui lui sont proches.
Dès les premières pages, cela démarre avec le meurtre présumé de celui qui a servi de père. Et cela ne fait que commencer.
Une enquête palpitante, qui met l’accent sur le fait que les Parisiens sourient avec bienveillance en entendant l’accent québécois et que les policiers de Paris sous-estiment la Police canadienne… Mais comme nous le savons bien, Armand, avec son allure de gentil prof à la retraite est une bête de combat redoutable.
La visite de Paris en compagnie de la petite famille est très agréable : on y découvre des endroits peu connus du public, on va dans des hôtels chargés d’histoire (le Georges V , le Lutetia), et un Paris qui est aussi un des personnages du livre, tant sa présence est importante et mise en lumière.
Au final un excellent thriller, qui se déroule sans nous laisser reprendre notre souffle ; un enquêtes intuitif et inventif, des fausses pistes, de la manipulation en veux-tu, en voilà… Un page-turner comme je les aime.
Et l’espoir de retrouver Gamache dans non univers canadien dans la suite de ses enquêtes

Comme le dit l’autrice à la fin du livre « Ce livre a pour sujet l’amour, l’appartenance. La famille et l’amitié. Nos vies qui sont façonnées par nos perceptions et par nos souvenirs, mais aussi par la forme que prennent ces derniers. » Comme vous pouvez vous l’imaginer, je n’aurais pas pu mieux dire.

Extraits :

Explorateur plus que chasseur, il sondait les pensées des autres, mais surtout leurs sentiments. C’est là, en effet, que les actions prennent naissance.
Les plus nobles. Mais aussi les plus cruelles.

— Comment savoir ce qui va mal si on n’est pas en mesure de comprendre ce qui va bien?

Ell avait passé son bras sous le sien. Afin que leurs destins s’entrelacent. Si l’un perdait l’équilibre, l’autre le retiendrait. Sinon, ils tomberaient ensemble.

«Le 36» était le surnom donné au 36, quai des Orfèvres. Où se trouvait autrefois le quartier général de la préfecture de police.
La plupart des services avaient déménagé dans un nouvel immeuble, mais quelques personnes et quelques unités étaient restées derrière. Claude Dussault, grand patron des forces de police, y avait encore un bureau. Surtout parce qu’il préférait l’illustre vieil immeuble de l’île de la Cité à l’édifice moderne.

Elle fut frappée par les lignes sur son visage. Moins des rides, en effet, que des lignes. Creusées par les événements, et non par le temps.

Mais les gens changent. Parfois pour le mieux; souvent pour le pire.

Il gardait tout pour lui. S’il avait retenu une leçon de la guerre qu’il avait connue du temps de sa jeunesse, c’est que moins l’information circule, mieux tout le monde se porte.

L’ancien enquêteur de la section des homicides savait que la cupidité, qu’elle ait pour objet le pouvoir ou l’argent, couvait. Infectait ses victimes. Les vidait de leur substance.

Une vieille table à manger en chêne partageait l’espace avec un canapé et des fauteuils confortables. La cuisine, qu’on apercevait par une porte voûtée, était petite et démodée.
Mais c’était un intérieur calme, voire serein. Qui sentait le café et le bois. Bref, un vrai chez-soi.

Et référence à Shakespeare et à Paris avec la phrase «Nous sommes de l’étoffe dont sont faits les rêves» tirée de La tempête.
Fluctuat nec mergitur. […]
Il est battu par les flots, mais ne sombre pas.
Pour la première fois, Armand, qui voyait pourtant la mosaïque depuis des décennies, se rendit compte qu’elle faisait penser à une scène de La Tempête. La pièce de Shakespeare s’ouvre sur une horrible tempête et un navire en péril.
À bord d’un bateau qui sombre, un jeune homme plonge vers une mort quasi certaine en criant: «L’enfer est déserté, et tous les diables sont ici.»

Vocabulaire :
Néodyme : Très proche du praséodyme sous forme oxydée, le néodyme tient son nom de deux mots grecs, nêos et dîdymos (« nouveau » et « jumeau »), car les chimistes ont longtemps pensé que les deux oxydes ne formaient qu’un seul et même corps simple. Il fait partie des terres rares.

Image : Jardin des Rosiers – Paris IVème

Voir article global sur la Série : La série des enquêtes de l’inspecteur Armand Gamache

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *