Lenormand, Frédéric «Au service secret de Marie-Antoinette : La femme au pistolet d’or» (2020)

Lenormand, Frédéric «Au service secret de Marie-Antoinette : La femme au pistolet d’or» (2020)

Auteur : Couronné par les prix Historia et Arsène Lupin, Frédéric Lenormand est auteur de nombreux romans historiques. Écrire sur Marie-Antoinette lui a longtemps trotté dans la tête avant qu’il n’en parle aux Éditions de La Martinière. . Pour en savoir davantage, je vous invite à aller sur la page de mon blog « Auteurs E-L »

Série : Au Service secret de Marie Antoinette : L’Enquête du Barry – Pas de répit pour la Reine  La Mariée était en Rose Bertin La femme au pistolet d’or – La reine se confine ! – Le coiffeur frise toujours deux fois –

4ème enquête du duo Rose Bertin (modiste) et Léonard Autier (coiffeur)

Editions La Martinière – 15.10.2020 – 320 pages

Résumé :
Un bijou de drôlerie, pour les amateurs de comédies policières ! Depuis la disparition de son mari, Mme Cottin de Melville se sent menacée : on en veut à sa fortune… et à son pistolet d’or ! La Reine envoie à son secours ses fidèles serviteurs de l’ombre : Rosa, Léonard… et Axel de Fersen, son amant suédois ! On leur prédit un grand danger. Mais peut-on se fier à un vieux fou qui lit l’avenir dans la poudre de menthe ? La grande organisatrice ! Quand elle ne donne pas de bals, Marie-Antoinette commande dans le plus grand secret des enquêtes policières.
Mais le devoir la rappelle à l’ordre : il lui faut donner un héritier au royaume de France. Détective amateur n°1 ! Rose Bertin, modiste, habille les duchesses le jour et enquête la nuit. Cette double vie l’épanouirait pleinement si ce lourdaud de Léonard, détective amateur comme elle, ne lui avait pas été imposé comme coéquipier par la Reine. Détective amateur n°2 ! Léonard Autier, coiffeur intrépide et maladroit au service de sa Majesté, ne cesse de susciter l’agacement de Rose.
Pourtant, lui, semble de plus en plus sensible à ses charmes…

 

Mon avis :

Toujours un excellent moment de divertissement que la lecture d’un polar historique de Frédéric Lenormand. C’est drôle, ironique, virevoltant, jubilatoire, plein d’esprit. il y a toujours des trouvailles, des jeux de mots, des situations rocambolesques et, cerise sur le gâteau, la vérité historique est au rendez-vous. Cette fois ci elle est présente en la personne du comte de Fersen, le beau suédois, de Franz-Anton Mesmer, médecin allemand du Pays de Bade, fondateur de la théorie du magnétisme animal ou mesmérisme qui semble se rapprocher plus de l’occultisme que de la médecine…, on en apprend plus sur la charge de fermier général… et toujours l’utilisation des mots de l’époque, si savoureux…
Une fois encore le duo fonctionne à merveille ; toutefois j’ai un peu regretté que les deux enquêtes soient menées en parallèle et ne se croisent pas plus souvent car j’adore quand ces deux se retrouvent face-à-face, avec leur mauvaise foi ..
Ce n’est pas tant pour l’intrigue que j’adore retrouver les deux comparses et je vous laisse en compagnie de ma larronnesse et du frelampier …et surtout n’abusez pas de la tisane…

Extraits :

Sa fille n’allait pas céder devant un petit problème pécuniaire !
– Cette situation de reine de France n’est pas à la hauteur d’une archiduchesse ! se plaignit-elle.
– Oui, c’est l’archidèche, confirma Mme de Lamballe.

Toujours à me justifier ! La réussite n’est pas assez, on exige de moi l’excellence.

C’était une bonne nouvelle, mieux vaut se faire ponctionner par des gens intelligents que caressé par des sots.

La dernière fois que je suis allée à l’église, le curé a lu un passage de l’Évangile où l’on explique que le royaume des cieux appartient aux pauvres. Puis il nous a fait un sermon tout à fait déplacé sur le partage des richesses entre ceux qui sont quelque chose et ceux qui ne sont rien. Qu’on veuille bien m’excuser, mais c’est Judas qui avait le sens des affaires, dans leur équipe : on ne doit pas gâcher des parfums coûteux pour se laver les pieds, et quand on trouve un acheteur providentiel prêt à payer trente deniers pour un barbu en sandalettes, il faudrait être fou pour refuser la transaction ! Si je veux entendre des sottises, je vais à l’Opéra : au moins elles sont en italien et on a mis de la musique dessus.

Elle lui rappela que l’Amérique était peuplée de sauvages couverts de tissus bariolés, de peaux de bêtes, qui portaient des plumes sur la tête et se peignaient le visage.
Fersen considéra la reine, en robe multicolore à revers de fourrure, le visage maquillé et une aigrette dans les cheveux.
– Je crois que je devrais m’y habituer, répondit-il.

Aucune femme ne lui résiste, et très peu d’hommes ! Il est d’une utilisation facile, il suffit de le placer face à la cible, il se déclenche automatiquement, il décoche des sourires assassins et ne s’use pratiquement jamais. On peut s’en servir la nuit avec un éclairage approprié. Il monte à cheval tout seul et maîtrise plusieurs langues, y compris la langue de l’amour.

– Cet objet ne serait-il pas mieux à sa place dans un musée ?
Si l’on mettait au musée tout ce qui est vieux, moche et inutile, je ne pourrais plus sortir de chez moi, dit le mage.

– Vous trouvez ça beau ? demanda-t-elle en s’observant dans le miroir.
– La mode n’a pas à être belle, répondit Léonard, c’est à la beauté d’être à la mode.

– Peut-on savoir à quelle conclusion merveilleuse vous êtes parvenue ?
– À aucune.
– J’en déduis que réfléchir ne sert à rien, je suis arrivé au même point que vous sans me fatiguer.

Il a fait plusieurs séjours dans de discrètes maisons de repos pour personnes fatiguées du cigare, mais ça n’a pas fait un tabac. Pourtant il n’avait pas mégoté sur les frais.

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