Beuglet, Nicolas «Le passager sans visage» (RL2021)

Beuglet, Nicolas «Le passager sans visage» (RL2021)

Auteur : Après quinze années passées chez M6, Nicolas Beuglet a choisi de se consacrer à l’écriture de scénarios et de romans.1er roman paru sous le nom de  Nicolas Sker : «Le premier crâne» (2011). En 2016 il publie « Le cri » et en 2018 « Complot » et  une nouvelle dans le recueil « Phobia »  (J’ai Lu 14/03/2018) . « L’île du diable » paraît en 2019. Une nouvelle « ça n’arrivera pas » parait en 2020 sur le thème de la pandémie.
En 2020 il crée la série Grace Campbell : « Le dernier message » (2020), suivi de « Le passager sans visage » (2021)

Editeur XO – 16.09.2021 – 366 pages

Série : Grace Campbell – tome 2

Résumé :

Après le succès du Dernier Message, Nicolas Beuglet revient avec une nouvelle enquête de Grace Campbell.  » Tu n’es pas seule à chercher « … Ce mot anonyme laissé sur son paillasson est plus qu’un appel : un électrochoc. Cette fois, l’inspectrice Grace Campbell le sait, elle n’a pas le choix. Elle doit ouvrir la porte blindée du cabinet situé au fond de son appartement. Et accepter de se confronter au secret qui la hante depuis tant d’années… Des confins de la campagne écossaise aux profondeurs de la Forêt-noire où prend vie le conte le plus glaçant de notre enfance, jamais Grace n’aurait pu imaginer monter dans ce train surgi de nulle part et affronter le Passager sans visage… Avec ce thriller au suspense angoissant, Nicolas Beuglet nous plonge dans les perversions les plus terribles de nos sociétés.
Et, au passage, nous interroge : et si parmi les puissants qui régissent le monde se cachaient aussi des monstres sans visage ?
Un train, un passager sans visage, une organisation terrifiante » Nicolas Beuglet, le nouveau phénomène du polar français.  » Sandrine Bajos, Le Parisien

Mon avis : Coup de cœur pour le premier tome et coup de cœur pour la suite ! Dans ce cas, impératif d’avoir lu le premier car c’est une suite !
Si je ne vais rien vous dévoiler de l’enquête, je suis une fois de plus extrêmement interessée par le contexte ( l’enquête aussi ne vous méprenez pas)  dans lequel l’enquête se déroule, l’analyse de la société en toile de fond et les thèmes abordés : la pornographie enfantine, la disparition d’enfants, la maltraitance, le nivellement par le bas de la société, le clonage, la dangerosité des réseaux sociaux, qui transforme les plus faibles en moutons, fait baisser le Q.I. des individus, fait baisser drastiquement le niveau culturel des populations, la manipulation des foules et l’usage que fait le monde politique ( aidé par la presse et les réseaux sociaux) de la peur, en instillant l’angoisse et l’insécurité dans les esprits avec pour résultat … à vous de lire et de réfléchir..
Et côté informatif, la plongée dans les idées, la vie et les agissements de certaines personnes ou groupes qui ont existé que je découvre, comme le Dr. Helmut Kentler, personnalité reconnue du monde de la psychologie (je vous recommande vivement d’attendre d’avoir lu le livre avant de vous renseigner à son sujet mais lisez la page Wikipédia après, c’est édifiant)

 » Tu n’es pas seule à chercher « … Place à l’intrigue, à l’ambiance de la ville médiévale d’Hamelin fait qu’on a l’impression de faire un bon dans le temps, de se retrouver au Moyen-Age, d’être transporté dans le temps, le 26 juin 1284 pour être plus précis… à l’époque ou les enfants pouvaient souffrir de la danse de Saint-Guy… la ville du légendaire joueur de flûte de Hamelin, vous savez les contes de Grimm , les contes pour enfants… ( et toujours le fameux livre de Bruno Bettelheim « la psychologie des contes de fées qui me revient à l’esprit)

Et toujours les doubles et les prénoms…. Après le double Grace-Naïs, la double identité Hendrike/Grace, le double visage du passager, le double par clonage de Ice Man l’un des pires tueurs à gages de l’histoire …

Et plus qu’à attendre le tome 3 …

Extraits :

— L’inspectrice Grace Campbell, louée par tous les notables de Glasgow pour sa bravoure, a peur… d’elle-même.
Elle fit un geste de dépit et leva les yeux au ciel en prenant conscience qu’elle se confiait à un chat, si compatissant soit-il.

Elle disait ne se rappeler rien d’autre. Des psychologues analysaient cette amnésie comme un choc post-traumatique, une façon pour l’enfant de se protéger en oubliant l’indicible.

Cela faisait près de quinze ans qu’elle n’avait pas remis les pieds dans le village de son enfance. Il n’était plus tout à fait réel dans son esprit, comme si les années l’avaient voilé d’une brume fantomatique, le reléguant à la frontière du rêve et du passé.

Mais tu refusais d’aborder le sujet, affirmant que ce n’était pas la peine de ressasser le passé pour se faire du mal, qu’il fallait aller de l’avant. Et moi, je devais vivre seule avec mes cauchemars. Et le pire c’est qu’il fallait faire semblant d’aller bien. Mais j’étais paniquée. Tout le temps.

— Le viol d’un enfant ne fait pas de vous une personne au passé chargé, mais un criminel de la pire espèce qui a sciemment arraché une vie innocente. Les mots ont leur importance si l’on veut conserver une civilisation à visage humain.

Oui, les contes sont terrifiants parce qu’ils dépeignent les sévices et les horreurs que les adultes font subir aux enfants sans défense ! Trop faibles pour se battre, trop innocents pour même vouloir meurtrir leur bourreau ! Mais dans les contes, les situations ont beau paraître parfois désespérées, le miracle qui sauve les petites victimes est possible. Dans les contes, le Bien peut triompher du Mal absolu, la lumière chasser les ténèbres à jamais. Et ce qu’il y a de plus beau encore, malgré les blessures, la vie normale reprend son cours ! Tu comprends ça ? Tu comprends pourquoi je vis dans ce monde déconnecté du vôtre ? Parce que les contes m’offrent un espoir.

J’ai conscience que l’image que l’on donne aux autres est bien loin de qui on est vraiment à l’intérieur.

« Tout ce qui dégrade la culture raccourcit les chemins qui mènent à la servitude. » (Albert Camus)

— « Un peuple sans culture, c’est un peuple sans mémoire, et un peuple sans mémoire, ce n’est plus un peuple, c’est un troupeau qui préfère se battre pour une télé que pour une idée. »

 

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