Beuglet, Nicolas «L’île du diable» (RL2019)

Beuglet, Nicolas «L’île du diable» (RL2019)

Auteur : Après quinze années passées chez M6, Nicolas Beuglet a choisi de se consacrer à l’écriture de scénarios et de romans.1er roman paru sous le nom de  Nicolas Sker : ‘Le premier crâne’ (2011). En 2016 il publie « Le cri » et en 2018 « Complot » et  une nouvelle dans le recueil « Phobia »  (J’ai Lu 14/03/2018) . « L’île du diable » paraît en 2019

Editeur XO – 19.09.2019 – 320 pages

Résumé : La vengeance est affaire de mémoire Le corps recouvert d’une étrange poudre blanche… Des extrémités gangrenées… Un visage figé dans un rictus de douleur… En observant le cadavre de son père, Sarah Geringën est saisie d’épouvante. Et quand le médecin légiste lui tend la clé retrouvée au fond de son estomac, l’effroi la paralyse. Et si son père n’était pas l’homme qu’il prétendait être ? Des forêts obscures de Norvège aux plaines glaciales de Sibérie, l’ex-inspectrice des forces spéciales s’apprête à affronter un secret de famille terrifiant.
Que découvrira-t-elle dans ce vieux manoir perdu dans les bois ? Osera-t-elle se rendre jusqu’à l’île du Diable ? Après « Le Cri » et « Complot », Nicolas Beuglet nous livre un thriller glaçant, exhumant des profondeurs de l’histoire un événement aussi effrayant que méconnu. Il nous confronte à une question vertigineuse : quelle part de nos ancêtres vit en nous, pour le meilleur et pour le pire ?

Mon avis :  Une fois de plus j’ai été totalement happée par le livre de Nicolas Beuglet. Troisième rendez-vous avec Sarah et la personnalité de cette femme complexe est une nouvelle fois mise en valeur. Toujours aussi impressionnante, avec ses failles et ses faiblesses, son envie de s’en sortir et de vivre enfin. Un thriller psycho-psychiatrique et historique avec une petite (enfin pas si petite) touche d’horreur ! Addictif et angoissant. A peine libérée de prison, Sarah se retrouve à enquêter sur l’assassinat de son père. Certes les relations entre mari et femme n’étaient pas au beau fixe, mais qui pouvait en vouloir à cet homme, solitaire, distant, passionné par l’entre-deux guerres et en particulier par les années 30 ? L’enquête va la mener sur les traces du passé de son père, jusqu’à l’île de Nazino, dont j’avais déjà entendu parler par Víctor del Arbol dans son époustouflant « Toutes les vagues de l’océan ».
Histoire et science sont au rendez-vous avec comment interrogation sous-jacente l’importance de nos racines, et la question qui revient toujours : Sommes-nous responsables des erreurs du passé ?
Aucun temps mort, un suspense qui va nous mener au bout de l’horreur, nous faire découvrir une maladie psychiatrique extrêmement spéciale pour nous amener jusqu’à  un final en point d’interrogation qui nous fait attendre le suivant avec impatience ! Un regret : trop court !
Et un petit plus pour moi qui adore la mythologie. J’ai fait connaissance avec Rod….

Extraits :

Depuis sa retraite, il était une présence calme et toujours distante. Un être déjà absent de son vivant. Intellectuellement, sa mort était presque un non-événement.

Si un jour tu perds confiance en toi, si tu ne t’estimes plus, souviens-toi de ce mot : Timshel, « tu peux »

Depuis quand la justice se soucie-t-elle du bien-être des victimes ? La justice punit le coupable, mais quelle énergie insuffle-t-elle à la victime pour lui permettre de revivre ? Aucune !

Le gène, c’est la note de musique, elle est immuable ; et l’épigénétique, c’est la science qui étudie la puissance avec laquelle la note est jouée, du silence à l’assourdissement.

La science a prouvé ce que la psychogénéalogie pressentait : nous transportons dans notre corps l’histoire de nos ancêtres, même si nous ne la connaissons pas.

Infos :

L’île de l’horreur (Nazino) (voir article)  ( Werth, Nicolas « L’île aux cannibales – 1933 Une déportation-abandon en Sibérie » – Poche – Collection Tempus  : Voici le premier livre en français sur l’autre goulag, édifié par Staline et lagoda (chef du Guépéou), son ministre de l’Intérieur, aux fins de  » purifier socialement  » l’Union Soviétique. Sur l’ « île aux cannibales « , ont été déportés 6000  » éléments socialement nuisibles « . Isolés dans cet endroit désolé, Nazino, perdu au milieu du fleuve Ob, les déportés débarqués sans provisions ni outils ont subi la torture de la faim au point de s’entre-dévorer. Passé sous silence pendant soixante ans, l’épisode est aujourd’hui révélé par Nicolas Werth. Sa reconstitution permet de comprendre le fonctionnement des peuplements spéciaux, elle met en évidence une élimination inévitable, sinon programmée, autant que l’absence de coordination entre les différents maillons de la chaîne répressive. Elle montre aussi la violence sociale qui régnait en Sibérie, terre de déportation et de colonisation. Enfin l’Ile aux cannibales offre un fascinant cas de perte des repères humains quand les individus sont soumis à une situation extrême dans un lieu clos. L’Ile aux cannibales, c’est l’histoire d’une décivilisation en plein XXe siècle.)

Rod : Dieu primordial – Ce personnage fait partie de la mythologie de la Russie.(voir article)

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