Rufin, Jean-Christophe «Le flambeur de la Caspienne (2020) 320 pages – Série Les enquêtes d’Aurel Timescu  tome 3

Rufin, Jean-Christophe «Le flambeur de la Caspienne (2020) 320 pages – Série Les enquêtes d’Aurel Timescu  tome 3

Auteur : Écrivain, membre de l’Académie française, médecin, pionnier de l’action humanitaire, Jean-Christophe Rufin a conquis un large public avec ses romans :  L’Abyssin (prix Goncourt du premier roman et prix Méditerranée), Sauver Ispahan, Asmara et les Causes perdues (Prix Interallié 1999) Rouge Brésil (prix Goncourt 2001), Globalia (2003), La Salamandre, Le parfum d’Adam, Un léopard sur le garrot, Le grand cœur (2012) , Immortelle randonnée, KatibaLe Collier rouge (2014) Check-point (2015) , Le Tour du monde du roi Zibeline (2017), Les Sept Mariages d’Edgar et Ludmilla (2019), Les Flammes de Pierre (2021)

( en italique les livres lus avant la création du blog et donc non commentés)

Les enquêtes d’Aurel Timescu  : tome 1- Le Suspendu de Conakry (2018), tome 2 : Les trois femmes du Consul (2019) – Le flambeur de la Caspienne (2020) tome 3 – La Princesse au petit moi (2021) tome 4 – Notre otage à Acapulco» (2022) –

Les enquêtes d’Aurel Timescu (tome 3)

Flammarion – 17.06.2020 – 336 pages / 07. 04.2022  Folio – 320 pages

Résumé :
Le pays : un rêve… Habitué aux destinations calamiteuses, Aurel Timescu, le petit Consul, est pour une fois affecté dans un lieu enchanteur. Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan ex-soviétique, est une ville pleine de charme au climat doux, au luxe élégant. A la terrasse de cafés d’allure parisienne, on y déguste un petit blanc local très savoureux. L’ambassade : un cauchemar… Le chef de poste, autoritaire et brutal, est bien décidé à se débarrasser d’Aurel. 

Le fantôme de sa femme, récemment victime d’un tragique et mystérieux accident, plane au-dessus de l’ambassade. Et l’équipe diplomatique, tétanisée par le deuil, est livrée à la crainte et au soupçon. Il n’en faut pas plus pour qu’Aurel se lance dans une enquête plus folle que jamais. Basée sur de fragiles intuitions, elle prendra, entre mafias locales et grands contrats internationaux, l’ampleur d’une affaire d’Etat. 

Cette fois, Aurel ne lutte pas seulement pour faire triompher la justice. Il se bat pour une cause nouvelle et inattendue : rester là où il est et connaître enfin le bonheur.

Mon avis:

Destination Bakou en Azerbaïdjan en compagnie de l’un des mes anti-héros préférés. Une fois n’est pas coutume, voici qu’Aurel Timescu atterrit dans un endroit qui semble à première vue paradisiaque… Il découvre Bakou et moi aussi.
Les employés de l’Ambassade ont l’air accueillants; tous sauf le principal habitant des lieux: L’Ambassadeur. Aussitôt rencontré, aussitôt menacé de renvoi immédiat… sans raison apparente. Immédiatement notre vice-consul va trouver cette réaction suspecte et se mettre en tête que l’Ambassadeur a quelque chose à cacher… Et comme il vient de perdre sa femme, quoi de plus logique que de penser qu’il y est pour quelque chose !
Une fois n’est pas coutume il ne va pas enquêter seul car il va se rendre vite compte qu’il n’est pas le seul à trouver la mort suspecte. Et cela va rendre le petit consul encore plus attachant.
Je ne vais pas vous en dire plus mais une fois encore je me suis laissée séduire et j’ai bien aimé ce moment plein de tendresse, de loufoquerie, d’ironie et de charme désuet. Alors un bon verre de vin blanc- Tokay de préférence -, un piano.. et c’est parti pour l’aventure. Sans oublier l’intérêt du contexte politique, social et historique que nous restitue à merveille l’auteur.
A ce jour, je peux dire qu’il s’agit de mon tome préféré des enquêtes d’Aurel. 

Extraits:

— Vous allez apprécier, j’en suis sûr. Écoutez ça : islam religion d’État, latitude tropicale, climat désertique. Le pays est coincé entre la Russie et l’Iran, des voisins charmants. Au fait, j’oubliais un détail : il est en guerre, hé ! hé ! Avec l’Arménie, leur troisième voisin.

Les débutants dans la carrière ont toujours un peu de mal à doser le mépris dont leur profession leur enseigne à faire usage.

En même temps, il aimait ces moments où la conscience se trouble et où apparaissent des images inattendues, où s’ouvrent des fenêtres indiscrètes sur le monde invisible qui se cache derrière les apparences.

Mais plus il prenait l’air indigné et plus il ressemblait, tassé dans son manteau vert, à un vieux lapin vexé, réfugié dans son terrier moussu.

Le soleil était plus bas sur l’horizon et la symphonie du crépuscule se préparait sur la Caspienne. Un bleu de Prusse trépidant faisait une ligne de basse au loin sur la mer et quelques pointes de nuages égrenaient leurs doubles croches à l’horizon.

Les manières du vieil homme étaient d’une onctuosité qui évoquait pour Aurel un plat populaire préparé en Roumanie à l’occasion de Pâques et qu’il n’avait jamais pu manger sans être écœuré.

— Que voulez-vous savoir ?
Aurel reconnut là la puissance de la vieille formation marxiste-léniniste : la capacité à évaluer les rapports de forces…

Quand les ennuis s’accumulent, il vaut mieux en rire. Aurel se sentait comme ces nageurs qu’emportent des courants vers le fond. On leur conseille de ne pas résister et d’attendre que la mer, après les avoir presque noyés, les ramène à la surface.

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