Goby Valentine  » Kinderzimmer » 2013

Goby Valentine  » Kinderzimmer » 2013

Auteur : Ecrivaine française née à Grasse en 1974. Elle vit en région parisienne. Ses thèmes de prédilection sont: La place des femmes, leur corps, les yeux des femmes à cause de leur corps, de leur sexe, comment une femme regarde et change le monde, par amour, par envie, par orgueil, par ennui, par vengeance, en tant que sœur, mère, fille, amante. Comment l’Histoire les affecte, comme elles l’affectent, du Paris contemporain à la Provence atemporelle, à l’Afrique de l’après-guerre, à la Bretagne des années 1940. Les lieux, comment les lieux nous traversent, comment nous les traversons, comme l’espace nous façonne et comment nous le transformons. L’enfance, comment elle nous survit et s’acharne à nous habiter, dans chaque moment de la vie, dans chaque âge et en toutes circonstances, comment chaque geste est porteur d’une histoire toujours ancrée dans l’enfance. Ce qui est valable pour un homme est valable pour une nation, alors l’Histoire, la grande, me passionne aussi, c’est en elle que je cherche et trouve les racines de toutes les blessures présentes, je l’explore, la dissèque, comme les origines individuelles. ( source) .

Ses romans :  La note sensible, 2002 – Sept Jours, 2003 – L’Antilope blanche, 2005 – Petit éloge des grandes villes, recueil de textes, 2007 – L’échappée, 2007  – Qui touche à mon corps je le tue , 2008 – Des corps en silence, 2010 – Banquises, 2011 – Kinderzimmer, 2013 – Méduses, 2013 – Baumes (Collection Essences- Actes Sud), 2014 – Un paquebot dans les arbres, 2016

Résumé : “Je vais te faire embaucher au Betrieb. La couture, c’est mieux pour toi. Le rythme est soutenu mais tu es assise. D’accord ?
– Je ne sais pas.
– Si tu dis oui c’est notre enfant. Le tien et le mien. Et je te laisserai pas.
Mila se retourne :
– Pourquoi tu fais ça ? Qu’est-ce que tu veux ?
– La même chose que toi. Une raison de vivre.”En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille femmes. Sur ce lieu de destruction se trouve comme une anomalie, une impossibilité : la Kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres. Dans cet effroyable présent une jeune femme survit, elle donne la vie, la perpétue malgré tout.
Un roman virtuose écrit dans un présent permanent, quand l’Histoire n’a pas encore eu lieu, et qui rend compte du poids de l’ignorance dans nos trajectoires individuelles.
Mon avis : Ravensbrück ..Un endroit dont elles n’avaient jamais entendu parler.. un point de chute pour ces femmes de tous pays déportées en Allemagne. Elles arrivent par wagon dans un lieu dont elles ignorent tout, pour survivre dans un lieu et des conditions qu’on ne peut pas même imaginer.  Un livre poignant, qui vous prend aux tripes.  Un voyage au bout de la résistance, dans l’horreur des camps de concentration. Un voyage aussi au bout de l’espoir. Une leçon de vie..  L’humain dans l’inhumain.. Des portraits de femmes qui se battent, s’aident, montrent que la volonté de croire en la vie peut être plus forte que tout. Une solidarité au-dessus des races, des langues, des nationalités pour que la grossesse, synonyme de mort dans les camps se transforme en victoire de la vie sur le destin de mort . En face, la monstruosité, mais quelques lueurs d’humanité, à peine dévoilées et bien occultées pour pouvoir s’exercer malgré tout…  Un livre aussi tout en pudeur au milieu du putride. Un livre qui marque, incontestablement. Un livre dur mais empreint de douceur malgré tout, pour tenter de survivre ou de faire survivre. L’inimaginable, l’impensable, l’indescriptible est décrit. Un témoignage implacable et un message d’espoir. A lire absolument mais en sachant qu’on en sort pas indemne..
Extraits:
…être utile ça maintient en vie.
L’ignorance t’enfonce dans le présent, complètement, le jour est une accumulation d’heures, les heures une accumulation de minutes, les minutes une accumulation de secondes, même les secondes sont divisibles, tu ne connais que l’instant.
Ne pas mourir avant la mort, se tenir debout dans l’intervalle mince entre le jour et la nuit, et personne ne sait quand elle viendra.
Partir. Maintenant. Comme ça. Être libre. Libre de quoi. Quand tu ouvres à la mésange la porte de sa cage, est-ce qu’elle déploie ses ailes tout de suite? Où va-t-elle une fois dehors? L’espace reste un vertige.
C’est une course contre le temps. L’ennemi, c’est le temps, c’est l’espace, l’autre nom du temps.

One Reply to “Goby Valentine  » Kinderzimmer » 2013”

  1. Je n’ai rien à ajouter : un récit de l’innommable tout en pudeur, bouleversant.
    Malheureusement je ne suis pas parvenue à m’adapter au style du roman, même si je conçois qu’il est volontairement confus afin de coller à l’état d’esprit des prisonnières.

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