Fouassier, Eric « Les nuits de la peur bleue (2023) 448 pages
Auteur : Né le 6 octobre 1963, Éric Fouassier, membre de l’Académie nationale de pharmacie, grand spécialiste de l’histoire de la pharmacie qu’il enseigne en faculté depuis plus de vingt ans, est un passionné de jeux de piste et d’énigmes. Auteur de littérature générale (pseudonyme Yves Magne), Eric Fouassier s’est aussi illustré dans le domaine du roman policier. Son livre Morts thématiques a ainsi reçu en 2011 le prix Plume de Glace décerné dans le cadre du festival de Serre-Chevalier, sous le parrainage de Patrick Bauwen. Auteur de plusieurs romans policiers historiques, dont Le Bureau des affaires occultes récompensé notamment par le prix Maison de la Presse 20212. Il a également publié un roman psychologique sous le pseudonyme d’Yves Magne.
Série Commandant Gaspard Cloux : Morts thématiques (2009) – Rien qu’une belle perdue (2011)
Série Sans peur et sans reproche (La Saga d’Héloïse, l’apothicaire) : « Bayard ou le Crime d’Amboise » est le premier tome d’une série de trois aventures indépendantes. Suivent « Le piège de verre » (2017) et « Le disparu de l’Hôtel-Dieu » (2018)
Série Les Francs Royaumes : Par deux fois tu mourras (2020) – La Fureur de Frédégonde (2021)
Série Le Bureau des affaires occultes : «Le Bureau des affaires occultes » (2021) – «Le Fantôme du vicaire» (2022) – «Les nuits de la peur bleue» (2023) – «Le chant maléfique» (2024) – « Les Archanges de la nuit » (2026)
Autres romans : Le traducteur (2010) – L’Effet Nocebo (2014) – Requiem pour la Dame Blanche (2025)
Roman signé Yves Magne : Et puis le silence (2017)
Série Le Bureau des affaires occultes :
Le Bureau des affaires occultes – tome 3
Albin Michel – 31.05.2023 – 373 pages / Le livre de poche 02.05.2024 – 448 pages
Résumé:
Printemps 1832. Une épidémie de choléra terrorise la population parisienne. La « peur bleue », comme on l’appelle, provoque des centaines de morts et suscite les plus folles rumeurs. Sinistre hasard : une série de meurtres atroces décime au même moment le quartier pauvre de Saint-Merri. Les victimes sont poignardées avant d’être amputées d’un organe.
Qui peut tuer ainsi, prélevant poumon, foie ou rein ? Un maniaque ?
Face au risque de panique, l’inspecteur Valentin Verne explore toutes les pistes. Secondé par Aglaé et deux récentes recrues, l’Entourloupe, escroc repenti, et Tafik, ancien mamelouk des armées napoléoniennes, il traque la vérité dans les rues de Paris et ses recoins les plus obscurs.
Une nouvelle enquête de l’inspecteur Valentin Verne, le génial créateur du Bureau des affaires occultes, où la science flirte avec le vice et le crime.
Mon avis: 🖤🖤🖤🖤🖤
Quel plaisir de retrouver Valentin Verne, ce policier du Bureau des affaires occultes, scientifique de formation, dandy sur les bords et fortuné car il a hérité de son père adoptif et les 3 membres de son groupe: Aglaé, l’Entourloupe et Tafik. Surprise aussi – pour ma plus grande joie – de retrouver Vidocq, Chef de la Brigade de Sûreté. Et de croiser George Sand…
Une épidémie de choléra, des crimes ayant un parfum de surnaturel, des cadavres auxquels on a dérobé des organes ( un par cadavre mais jamais le même). Seul point commun entre les cadavres retrouvés : tous sont mort du choléra. Mais une question se pose : pourquoi procéder grossièrement à l’ablation d’un organe interne à une personne décédée du choléra? Enfin la disparitions de plusieurs personnages importants, membres du Comité de Salubrité.
En plus du contexte historique et d’une enquête qui nous offre de multiples rebondissements.
Mais il n’y a pas que ça! Il y a des découvertes très étonnantes qui concernent le Vicaire et la naissance de Valentin Verne, des secrets du passé qui refont surface, les relations compliquées entre Valentin et Aglaé, des révélations relatives au passé d’Aglaé..
Un roman qui a beaucoup de rythme et d’action, des mystères, dans un contexte d’émeutes et d’affrontements sur fond d’épidémie de choléra – la peur bleue – et de tension politique.
A la fin du roman les notes de l’auteur sont importance pour une lectrice qui, comme moi, est autant intéressé pas l’Histoire que par les enquêtes. Je cite : « Il me semblait intéressant pour le lecteur de découvrir comment les autorités et la population firent face à une pandémie redoutable au début du XIXe siècle. En définitive, le choléra de 1832 offre bien des similitudes avec ce que nous avons tous vécu ces dernières années : fake news, tentation du confinement, fuite en province de tous ceux qui le pouvaient, recherche de boucs émissaires, méconnaissance de la maladie, théories délirantes, recommandations inopérantes, contradictoires ou répondant à des motivations davantage politiques que sanitaires, impuissance des médecins, prises de position erronées des experts… L’adage ne dit-il pas que l’Histoire est un éternel recommencement ?
Tous les éléments factuels relatifs à l’épidémie qui se trouvent présentés dans le roman correspondent en effet à la réalité historique. En particulier, les méthodes de traitement ou de prévention évoquées sont bien celles qui furent alors préconisées, et l’opposition entre tenants de la contagion et partisans de l’infection, décrite par Pelletier dans le roman, divisa la sphère scientifique de l’époque. »
Extraits:
Le plaisir et la souffrance ont ceci de commun qu’entre des mains expertes, ils ne connaissent guère de limites.
Quel bon vent vous amène ? Quoique, en général, votre venue en ces lieux soit plutôt annonciatrice d’un avis de tempête.
En matière de crime, la bêtise n’est jamais considérée comme une circonstance atténuante !
George Sand lui adressa un clin d’œil complice.
– Que voulez-vous ? Nous sommes de véritables héroïnes de roman et il nous manque juste de rencontrer l’auteur de talent qui, de sa plume, pourrait nous rendre aussi célèbres que l’Esméralda de Hugo ou la Virginie de Bernardin de Saint-Pierre.
Elle aussi avait ses propres fêlures et ses réticences. Si elle voulait que celui qu’elle aime ose dépasser ses barrières mentales et accepte de lui faire entièrement confiance, sans doute devait-elle commencer elle-même par lui laisser entrevoir ses failles et ses faiblesses. C’était certainement dans cette voie qu’elle devait s’engager avant que le découragement et la lassitude ne finissent par condamner leur couple.
Vidocq m’a souvent répété que le travail du policier laissait peu de place à la fantaisie. Une enquête réussie n’est souvent que la somme de tâches apparemment insignifiantes mais qui font toute la force de nos procédures…
Image : Peur bleue» sur Paris : en 1832, (source site leparisien)