Dos Santos José Rodrigues «La formule de Dieu» (2012)

Dos Santos José Rodrigues «La formule de Dieu» (2012)

L’auteur : . Journaliste, reporter de guerre, présentateur vedette du journal de 20 h au Portugal, José Rodrigues dos Santos est l’un des plus grands auteurs européens de thrillers historiques, plusieurs fois primé.  La Formule de Dieu (2012), traduit dans plus de 17 langues et en cours d’adaptation au cinéma, L’Ultime Secret du Christ (2013), La Clé de Salomon (2014) – suite de La Formule de Dieu –, Codex 632 (2015) et Furie divine (2016), Vaticanum (2017) . Signe de vie, son prochain roman à paraître le 3 mai 2018, sera le le 7e volet de la saga.(tous parus chez HC Éditions)

Les aventures de Tomás Noronha (première enquête)

Résumé : Printemps 1951, David Ben Gourion, Premier ministre de l’État d’Israël, se rend à Princeton pour y rencontrer Albert Einstein. L’objet de sa visite : obtenir l’arme nucléaire. De l’atome, leur discussion s’oriente rapidement vers l’existence de Dieu… Soixante ans plus tard, Tomàs Noronha, éminent cryptologue, est convoqué par une mystérieuse Iranienne. Il est le seul à pouvoir déchiffrer un manuscrit inédit d’Albert Einstein intitulé « La Formule de Dieu ». Plongé, bien malgré lui, au coeur d’une affaire d’espionnage international, Tomàs Noronha, devenu « agent double » pour Téhéran et pour la CIA, doit très vite se rendre à l’évidence. Ce document secret dépassera toutes les attentes et bouleversera bien l’ordre mondial, mais pas pour les raisons que l’on croit… Un roman historique et scientifique, une enquête à couper le souffle entre science et religion.
« Dan Brown avait rabiboché l’art et la religion dans le Da Vinci code, José Rodrigues dos Santos réussit le pari de marier la science au divin dans La Formule de Dieu. »Le Point
« Pas la peine de tergiverser, c’est LE roman qu’on va tous s’offrir. »20 minutes
« Attention, chef-d’oeuvre ! »Le Dauphiné libéré

Mon avis : Un excellent moment de lecture que ce tome 1 des enquêtes de l’historien/cryptologue Tomás Noronha  (j ’ai planifié de les lire en « saga de l’été ») . L’enquête est palpitante, les personnages bien campés. En plus de l’enquête, les liens entre les personnages n’ont bien plu, et surtout le rapprochement père/fils en fin de vie. Il y a la science, l’humanité, la religion, le sens de la vie et de l’univers. Un livre construit, intelligent et foisonnant.
Alors oui parfois les explications des concepts de physique et mathématique peuvent sembler difficiles, mais moi qui suis loin d’’être une scientifique, j’ai pour une fois compris … ce qui change.. Le Big Bang est très bien expliqué et met ces théories à portée de compréhension de qui veut bien s’y intéresser et je trouve cela très fascinant et très palpitant. Mais ce n’est pas que du scientifique… il y a le personnage principal, historien spécialiste des codes et du déchiffrement … Einstein est au centre du roman avec un manuscrit dévoilé et les religions sont aussi de la partie. Je le conseille vivement. Et bienvenue aussi dans le monde du concept de l’intelligence artificielle… Sans oublier les méthodes de persuasion des différents services secrets.. .qui font froid dans le dos. Un roman d’aventures intelligent et captivant, plein de suspense et de rebondissements. Mais aussi un roman d’amour, un roman sur les rapports humains.. Que demander de plus pour l’été ? Je passe à la suite, « L’Ultime Secret du Christ »

Extraits :

Ce qui nous conduit à la question des forces présentes dans l’univers. Toutes les particules interagissent entre elles à travers quatre forces. Quatre. La force de gravité, la force électromagnétique, la force forte et la force faible. La force de gravité, par exemple, est la plus faible de toutes, mais son rayon d’action est infini.

Ce sont des musulmans, mais pas des Arabes. Les Arabes sont sémites, les Iraniens sont aryens.

On dit aryens pour désigner les peuples indo-européens, comme les Hindous, les Turcs, les Iraniens et les Européens. Les Arabes, eux, sont sémites, tout comme les Juifs.

Nous vivons comme si notre vie était éternelle, comme si la mort était quelque chose qui n’arrivait qu’aux autres, une menace si lointaine que ça ne vaut pas la peine d’y penser. Pour nous, la mort n’est qu’une abstraction.

Notre vie est une perpétuelle distraction qui ne nous laisse même pas prendre conscience de ce dont elle distrait.

Maintenant que je sais que je peux mourir, je sens que j’ai traversé la vie comme si j’avais été anesthésié, comme si j’avais dormi, comme si, en réalité, je ne l’avais pas vécue.

Dans ce cas, il s’agit de mon corps. C’est une chose qui est à moi, c’est ma propriété. Il plaqua sa main sur la poitrine. Mais si je dis que ce corps est à moi, j’admets par-là même que je suis distinct de celui-ci. Il est à moi, mais il n’est pas moi. Alors, que suis-je ? Il toucha son front du doigt. Je suis mes pensées, mon expérience, mes sentiments. Voilà ce qui me constitue. Je suis une conscience. Mais alors, est-ce cette conscience, ce « je » qui est moi, qu’on appelle l’âme ?

D’une certaine façon, et littéralement, la cervelle est le hardware, la conscience le software. Ce qui pose naturellement quelques questions intéressantes. Est-ce qu’un ordinateur peut avoir une âme ? Et si l’être humain est un ordinateur très complexe, peut-il lui-même avoir une âme ? Quand tous les circuits sont morts, l’âme survit-elle ? Et où donc survit-elle ?

Ce que je veux dire, c’est que tout dans la nature est naturel. Puisque l’homme est un produit de la nature, alors tout ce qu’il fait est aussi naturel. Ce n’est que par pur convention de langage qu’on a établi que les objets créés par l’homme étaient artificiels, alors qu’en réalité, ils sont tout aussi naturels que les objets créés par les oiseaux. Donc, étant des créations d’un animal naturel, les ordinateurs, tout comme les nids, sont naturels.
Un cerveau est une masse organique qui fonctionne exactement comme un circuit électrique. Au lieu d’avoir des fils, il a des neurones, au lieu d’avoir des puces, il a de la matière grise, mais c’est absolument la même chose. Son fonctionnement est déterministe. Les cellules nerveuses déclenchent une impulsion électrique en direction du bras selon un ordre spécifique, à travers un circuit de courants prédéfinis. Un circuit différent produirait l’émission d’une impulsion différente. Exactement comme un ordinateur.

L’un des pères de l’ordinateur, un Anglais nommé Alan Turing, a établi que le jour où l’on parviendra à entretenir avec un ordinateur une conversation tout à fait identique à celle qu’on peut avoir avec n’importe quel être humain, alors ce sera le signe que l’ordinateur pense, la preuve qu’il a une intelligence de notre niveau.

Ce n’est pas un code. C’est un chiffre.
– Quelle est la différence ?
– Le code implique une substitution des mots ou des phrases. Le chiffre renvoie à une substitution des caractères.

je préfère de loin les hiéroglyphes et les écritures hébraïques et araméennes, j’aime l’odeur poussiéreuse des bibliothèques et les relents de moisi exhalés par les vieux manuscrits et les anciens papyrus. Voilà mon univers.

Une anagramme est un mot obtenu par permutation des lettres d’un autre mot. Par exemple, Elvis est une anagramme de lives. Si vous regardez de près, les deux mots sont écrits avec les mêmes lettres. Ou encore, elegant man est une anagramme de a gentleman.

Du reste, lorsqu’on prend une décision, ce n’est jamais avec les données à venir, mais avec celles qui sont à notre portée sur le moment et c’est avec ça qu’il nous faut vivre.

Avec moi, il est primordial que tous les étudiants participent au cours et se montrent réactifs. Je veux des têtes pensantes, des esprits vifs et curieux, je ne veux pas d’éponges passives, vous entendez ?

Ce professeur ne manquait nullement d’expérience. Par seulement quelques phrases, en menaçant un étudiant d’être recalé et en encourageant les autres à se montrer réactifs, il avait éveillé l’attention de tout l’auditoire.

Tous les événements ont des causes et leurs effets deviennent des causes d’événements à venir.

Quatre-vingt-dix-huit pour cent de la matière qui existe aujourd’hui s’est formée à partir de l’éruption d’énergie du Big Bang. Cela signifie que presque tous les atomes présents dans notre corps sont déjà passés par diverses étoiles et ont déjà occupé des milliards d’organismes différents avant d’arriver jusqu’à nous.

Les hindous ont beaucoup de dieux, certes, mais les écritures sacrées affirment clairement que tous ces dieux ne sont que le reflet d’un unique dieu, d’une unique réalité. C’est comme si Dieu avait mille noms et que chaque nom était un dieu, mais tous renvoient au même, ce sont différents noms et différents visages pour une seule et unique essence. Il écarta les bras puis les joignit. Brahman est à la fois un et tous. Il est le réel et l’unique qui est réel.

Bouddha a dit : « Ombre et lumière, court et long, noir et blanc ne peuvent être connus que dans une relation de l’un à l’autre. La lumière n’est pas indépendante de l’ombre ni le noir du blanc. Il n’y a pas d’opposés, uniquement des relations et des degrés ».

« La sagesse est comme un lac limpide et frais, on peut y entrer par n’importe quel côté ».

il était douloureusement évident qu’ils passaient maintenant leurs derniers moments de couple, leurs chemins allaient bientôt se séparer comme l’horizon divise le ciel de la terre. Ils partageaient un amour mature, fait ni de passion ni de froideur, mais de tendre affection, de sentiments partagés au fil d’une relation profonde. Elle était l’arbre et lui la feuille ; ils étaient la lumière et la couleur, la terre et le ciel, l’étang et le nénuphar, la mer et le sable.

les physiciens et les mathématiciens observaient l’univers un peu comme un ingénieur regarde une télévision. Imaginez que l’on demande à un ingénieur ce qu’est une télévision. L’ingénieur va observer l’appareil, le démonter entièrement et dira qu’une télévision est un ensemble de fils et de circuits électriques structurés d’une certaine manière.

Un être humain est fait de cellules, de tissus, d’organes, de sang et de nerfs. C’est son hardware. Mais un être humain est bien davantage que cela. C’est une structure complexe qui possède une conscience, qui rit, qui pleure, qui pense, qui souffre, qui chante, qui rêve et désire. En réalité, nous sommes plus, beaucoup plus que la simple somme des parties qui nous composent. Notre corps est le hardware par où passe le programme de notre conscience. Il fit un large geste des bras. Il en va de même pour la réalité la plus profonde de l’existence. L’univers est le hardware par lequel passe le programme de Dieu.

Certains l’appellent Dieu, d’autres l’appellent Yeovah, d’autresAllah, d’autres Brahman, d’autres Dharmakâya, d’autres Tao. Il plaqua sa main sur la poitrine. Nous, les scientifiques, nous l’appelons univers. Différents noms, différents attributs : la même essence.

S’il y a une chose que nous ne cessons de vérifier à chaque fois que nous examinons un système, c’est que tout a un commencement et une fin. Plus important encore, tout ce qui naît finit par mourir. Les plantes naissent et meurent, les animaux naissent et meurent, les écosystèmes naissent et meurent, les planètes naissent et meurent, les étoiles naissent et meurent, les galaxies naissent et meurent. Or, nous savons que l’espace et le temps sont nés. Ils sont nés du Big Bang. Donc, conformément au principe que tout ce qui naît doit mourir, l’espace et le temps finiront également par mourir.

La plupart des gens traversent la vie comme des somnambules. Ils veulent posséder, gagner de l’argent, consommer sans cesse. Les gens sont tellement grisés par l’accessoire qu’ils en oublient l’essentiel.
Ils ont faim d’amour et ne le trouvent pas. C’est pour cela qu’ils se tournent vers l’accessoire. Les voitures, les maisons, les vêtements, les bijoux… toutes ces choses ne sont que des dérivatifs. Ils manquent d’amour et cherchent des substituts.

Il n’y a pas de séparation plus douloureuse que celle qui l’est pour toujours.

Le ciel était au bord des larmes.

Si Dieu est bon, Il ne peut pas être tout-puissant, puisqu’Il ne parvient pas à éliminer le mal. S’Il est tout-puissant, Il ne peut pas être bon, puisqu’Il permet au mal d’exister. Un concept exclut l’autre. Lequel préférez-vous ?

Je crois au Dieu de Spinoza, qui se manifeste dans l’ordre harmonieux de ce qui existe.

L’intelligence est informatique. Les êtres humains, par exemple, sont des sortes d’ordinateurs biologiques. Une fourmi est un ordinateur biologique simple, nous sommes plus complexes. C’est la seule différence.

Image : la bibliothèque de Coimbra (Portugal)

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