Giebel, Karine «De force» (2016)

Giebel, Karine «De force» (2016)

Auteur : Grande collectionneuse de prix littéraires et maître ès-thriller psychologique, Karine Giébel est née en 1971. Son premier roman, Terminus Elicius (collection « Rail Noir », 2004) reçoit le prix marseillais du Polar en 2005. Suivront Meurtres pour rédemption (« Rail Noir », 2006), finaliste du prix Polar de Cognac, Les Morsures de l’ombre (Fleuve Noir, 2007), prix Intramuros du festival Polar de Cognac 2008 et prix SNCF du polar 2009, Chiens de sang (Fleuve Noir, 2008), et Juste une ombre (Fleuve Noir, 2012), pour lequel Karine Giébel est couronnée par le prix Polar francophone 2012 et reçoit pour la deuxième fois le prix Marseillais du Polar. Son roman Purgatoire des innocents (Fleuve Noir 2013) confirme son talent et la consacre définitivement « reine du polar « . Après Satan était un ange (Fleuve Noir 2014), De force est son premier roman à paraître chez Belfond. ; D’ombre et de silence (contient 8 nouvelles) parait en 2017, Toutes blessent la dernière tue en 2018

 (Maîtres du jeu : nouvelles. : contient 2 nouvelles : Post mortem suivi de J’aime votre peur – Pocket Thriller n° 15671, septembre 2013)

et des nouvelles dans les Pockets 2015/2016  « 13 à table «  en vente pour les restos du Cœur en chaque fin d’année ( dès novembre )

 

Résumé : Elle ne m’aimait pas. Pourtant, je suis là aujourd’hui. Debout face au cercueil premier prix sur lequel j’ai posé une couronne de fleurs commandée sur internet. Car moi, j’ai voulu l’aimer. De toutes mes forces. De force. Mais on n’aime pas ainsi. Que m’a-t-elle donné ? Un prénom, un toit et deux repas par jour. Je ne garderai rien, c’est décidé. A part le livret de famille qui me rappelle que j’ai vu le jour un 15 mai. De mère indigne. Et de père inconnu. Lorsque j’arrive devant la porte de mon ancienne chambre, ma main hésite à tourner la poignée. Je respire longuement avant d’entrer. En allumant la lumière, je reste bouche bée. Pièce vide, tout a disparu. Il ne reste qu’un tabouret au centre de la pièce. J’essuie mes larmes, je m’approche. Sur le tabouret, une enveloppe. Sur l’enveloppe, mon prénom écrit en lettres capitales. Deux feuilles. Ecrites il y a trois mois. Son testament, ses dernières volontés. Je voulais savoir. Maintenant, je sais. Et ma douleur n’a plus aucune limite. La haine. Voilà l’héritage qu’elle me laisse.

 

Mon avis : 528 pages… et ça file… on ne les voit pas passer… Une fois encore je suis happé par l’univers – ou les univers – de Karine Giebel. On reconnaît le style mais les histoires sont toujours différentes. Mais toujours des thrillers psychologiques et dérangeants, glaçants et un suspense qui est gardé jusqu’au bout du bout. Au fil des pages, la tension monte et on en vient à soupçonner tout le monde. Personne n’est innocent dans le panel de personnages ; et comme dans tous ces livres tous les personnages deviennent attachants car ils sont pleins de failles, leurs certitudes se craquellent, le désespoir les mine même s’ils vont de l’avant dans le glauque et leurs délires. Ils sont toujours tout en nuances, ni tout blanc ni tout noir, ce qui fait qu’on est prêts à les comprendre, même si on n’est pas prêts à les excuser …
Alors bienvenue dans cet huis-clos… avec peu de personnages… que des êtres fracassés, culpabilisés par leur passé, en manque … On navigue à vue et on se demande ce qui va se passer jusqu’au bout. Du suspense, des émotions, des phrases courtes, percutantes qui ne vous laissent pas vous endormir…
Dans l’enceinte de la propriété :
3 femmes : Maud une jeune de 20 ans qui a perdu sa mère dans des circonstances tragiques, sa belle-mère Charlotte et la cuisinière, une jeune eurasienne, Amanda.
3 hommes : Un grand chirurgien, Armand Reynier, père de Maud et époux de Charlotte. Luc, le garde du corps et le jardinier Ferraud.
Vengeance, vous avez dit vengeance ? Secrets vous avez dit secrets ? Jalousie, haine, méfiance… l’importance du passé … Venez faire connaissance avec ces personnages…
Je dois dire que c’est le livre de Karine Giebel que j’ai le moins aimé même je l’ai trouvé palpitant jusqu’à la dernière ligne. Peut-être parce que je suis une fille et que les personnages de filles sont les moins attachants et que je me suis moins sentie concernée…

Extraits :

Une famille qui ressemble à un panier de crabes. Où les gens ne savent pas partager, s’aimer.
Ici, l’argent, le luxe et les convenances ne sont qu’un tapis sous lequel s’accumule la pourriture.

— Vous allez bien ? s’enquiert-il.
Elle baisse les yeux.
— Il faut toujours faire comme si, vous ne croyez pas ?
— Peut-être.

Quelques secondes d’inadvertance. Quelques secondes seulement.
Et une vie qui bascule. Une autre qui se brise.

— J’adore l’art premier. Et vous ?
Luc sourit avec morgue lorsqu’il répond :
— Désolé, je ne connais que les arts martiaux.

De mère indigne.
Et de père inconnu.

Parce qu’un coup de fil, ça disparaît. Alors qu’une lettre, ça se garde.

Mais lui et moi, ce n’est plus qu’une façade… Une façade qui cache des ruines.

Il ne sait pas vraiment qui il est.
Un monstre, peut-être.
Un homme, sans doute.

Il n’a jamais aimé les chiens, trop dociles, trop obéissants. Leur a toujours préféré les chats

 

image : Ville de Grasse

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