Tackian, Niko « Respire » (RLH2022)

Tackian, Niko « Respire » (RLH2022)

Auteur : né en 1973, est un scénariste, réalisateur et romancier français. Il a notamment créé avec Franck Thilliez la série Alex Hugo pour France 2.
Romans:  « Quelque part avant l’enfer » est paru en 2015 (Prix Polar du public des bibliothèques au Festival Polar de Cognac) En 2016 il publie « La nuit n’est jamais complète» (Prix Polar Sud-Ouest 2017. Festival Lire en poche de Gradignan). Viennent ensuite « Avalanche Hôtel » (2019),  « Solitudes » (2021), « Respire » (RLH 2022)

Série Tomar Khan : Toxique (2027)  – Fantazmë (2018) – Celle qui pleurait sous l’eau (2020)

Calmann-Lévy noir – 05.01-2022 – 324 pages

Résumé :
Le sable très blanc, l’océan turquoise. Voici ce que découvre Yohan à son réveil. Un endroit paradisiaque où il va entamer une nouvelle vie. Avoir une deuxième chance d’être heureux. Pour arriver sur cette île inconnue, il a signé avec une mystérieuse société qui promettait de le faire disparaître et d’effacer toute trace de son passé. Les premiers jours, Yohan savoure son insouciance retrouvée. Même si peu à peu, un sentiment d’étrangeté le gagne.
L’île héberge une dizaine d’habitants plus énigmatiques les uns que les autres. Pourtant les maisons abandonnées, les échoppes désertes dans les rues balayées par le vent, laissent penser qu’un jour ils ont été bien plus nombreux. Où sont passés les autres ? Yohan veut comprendre. Mais jamais il n’aurait dû chercher à voir l’envers du décor. Car c’est bien connu, la connaissance fait voler en éclats le Paradis…

Mon avis :

Dès le début du roman, l’auteur fait été de la pratique d’évaporation des individus au Japon. J’avais déjà lu un roman sur le sujet qui m’avait beaucoup intéressé (  Reverdy, Thomas B. « Les évaporés » – Un roman japonais (2013) .
Dans ce roman, Yohan, un auteur qui a eu un succès phénoménal avec un livre avant de tomber dans l’oubli et de rater sa vie décide de tout quitter, de fuir son existence de raté pour recommencer sa vie ailleurs. Pour cela il demande l’aide d’une société du Darknet et de quitter l’enfer de son quotidien. Mais les choses ne vont pas se passer comme il l’imaginait…
Lui qui voulait laisser son passé derrière lui et recommencer… il semblerait qu’il aurait dû y réfléchir à deux fois…Parachuté dans une île paradisiaque, il se retrouve dans un enfer dont il ne peut pas sortir. Un huit clos oppressant, où il est parfois difficile de respirer… sur terre comme dans l’eau…

Qui sont les gens qui peuplent l’île ? Sont-ils vraiment ce qu’ils semblent être ? Il va se mettre à enquêter – d’ailleurs n’est il pas le détective Achab sur cette île ? – et puis il avancera dans ses découvertes, et pire se sera…
Jusqu’à la dernière page…
Un moment de suspense dans une ambiance oppressante à souhait… Du bon Tackian.

 

Extraits :

Les habitants de l’île semblaient avoir une passion pour les répliques inquiétantes et les mises en garde sinistres.

Tout ce qu’il vivait lui paraissait être un rêve dont il ne pouvait pas s’échapper. Un rêve dont il ne savait pas encore quoi penser.

Allait-il devenir comme eux, prisonniers immobiles singeant la vie dans leur monde clos ?

Le sommeil lui échappait comme du sable glissant entre ses doigts.

Il n’était là que depuis deux jours, mais il sentait déjà son univers se resserrer comme si cette île paradisiaque cachait en réalité un enfer dont les murs invisibles commençaient à l’oppresser.

— Il y a des choses que vous devrez apprendre par vous-même, détective. Il nous faut rester les yeux tournés vers le futur.
— Sans connaître le passé, je n’ai aucune chance d’envisager le futur.
— Pourtant c’est comme cela que nous avançons ici. C’est même la raison de votre présence sur l’île. N’êtes-vous pas venu pour fuir votre passé ?

L’arbre ne bougea pas franchement, mais il sentit comme une fragilité qui ne présageait rien de bon. D’après ce qu’il savait, les pins étaient des géants aux pieds d’argile et leurs racines étonnamment minces par rapport à l’envergure de leurs frondaisons. Contrairement aux chênes dont la vie souterraine s’étalait aussi largement qu’à l’extérieur, ils étaient tournés vers le cosmos, prêts à s’envoler dans les cieux. C’étaient des êtres cérébraux, tout comme lui. Cette pensée lyrique disparut lorsqu’un craquement rauque vint confirmer ses peurs.

— Attendez, je n’ai jamais demandé à être enfermé dans une sorte… de bocal. Tout ce que je voulais c’était disparaître, recommencer à vivre ailleurs.
— Sans avoir à assumer les conséquences de votre vie précédente… Avouez-le, mon garçon. Ce n’est pas le courage qui vous a fait venir ici… c’est la lâcheté.

Nous sommes ici pour expier nos fautes. Les miennes, les vôtres, celles des autres… Alors je vous le demande, vous n’avez réellement rien à vous reprocher ? Cherchez bien, tout au fond… Vous y trouverez peut-être des réponses…

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