Bussi, Michel « Ne lâche pas ma main » (2013)

Bussi, Michel « Ne lâche pas ma main » (2013)

Auteur : Michel Bussi a commencé à écrire dans les années 1990. Alors jeune professeur de géographie à l’université de Rouen, il écrit un premier roman, situé à l’époque du Débarquement de Normandie. Ce dernier est refusé par l’ensemble des maisons d’édition. Il écrit quelques nouvelles, s’attelle à l’exercice de l’écriture de scénarios mais sans parvenir à les faire publier. Il attendra dix ans pour que l’idée d’un roman, inspiré d’un voyage à Rome au moment du pic de popularité du Da Vinci Code de Dan Brown, s’impose. Ce succès d’édition international, ainsi que la lecture d’une réédition de Maurice Leblanc pour le centenaire d’Arsène Lupin, le poussent à se lancer dans un travail d’enquêteur. De retour à Rouen, équipé de ses cartes de l’IGN, il noircit des carnets jusqu’à pouvoir proposer, en 2006, un manuscrit intitulé Code Lupin à un éditeur régional et universitaire, les éditions des Falaises. Ce premier roman sera réédité neuf fois.

Plusieurs années seront nécessaires pour que les ouvrages de Michel Bussi, qui paraissent au rythme d’un par an, tel Mourir sur Seine en 2008, ou Nymphéas Noirs en 2011, voient leurs ventes s’envoler. Après une série de récompenses locales, grâce à ses premières éditions en livre de poche, mais surtout grâce à la sortie en rayon polar de son ouvrage maître Un avion sans elle, l’auteur géographe est propulsé sur le devant de la scène.

Une des particularités de son travail est de situer la majorité de ses romans en Normandie. Son roman N’oublier jamais, sorti en mai 2014, met « plus que jamais6 » la Normandie au cœur de son intrigue, tout comme Maman a tort (qui se déroule au Havre), sorti en mai 2015. Son dernier roman cependant, Le temps est assassin, sorti en mai 2016, se déroule en Corse.

Ses romans : Code Lupin (2006) – Omaha crimes /Gravé dans le sable (20067/2014) – Mourir sur Seine (2008) – Sang famille (2009 – réédité 2018) Nymphéas noirs (2011) – Un avion sans ailes (2012) – Ne lâche pas ma main (2013) – N’oublier jamais (2014) – Maman a tort (2015) – Le temps est assassin (2016) –  On la trouvait plutôt jolie (2017) – Les contes du réveil matin(2018) – J’ai dû rêver trop fort  (2019)

Résumé : Soleil, palmiers, eaux turquoise de l’île de La Réunion et un couple amoureux. Cocktail parfait. Pourtant le rêve tourne au cauchemar. La femme disparaît de sa chambre d’hôtel. Son mari, soupçonné du meurtre, s’enfuit en embarquant leur gamine de six ans. Le plan Papangue, équivalent insulaire du plan Epervier, enclenche une course-poursuite vite ponctuée de cadavres, dans un décor prodigieux et au cœur de la population la plus métissée de la planète. Un polar qui cogne comme un verre de punch. A déguster vite, fort et frais.

Mon avis : Une fois n’est pas coutume, mon commentaire sera publié après  les avis des amies qui l’ont lu et me donnent envie de le lire…

Alors me voici … Un joli livre de Bussi. Il est passé en haut de ma pile après le commentaire de Geneviève. Une fois de plus, il est bien difficile de faire impasse sur son passé. Tout accuse Martial quand sa femme disparaît.. Mais au fil des jours, le doute s’installe… Enfin pour moi il y a eu des moments ou j’ai pensé c’est lui, puis j’ai douté.. puis je me suis demandé pourquoi en pensant que c’était lui le coupable.. le suspense est là jusqu’au bout.. L’auteur sème le doute sur la personnalité du coupable idéal, mais aussi sur les personnes de son entourage.. Un petit tour dans le passé des personnes qui sont impliquées, et revoici des interrogations à la pelle.. Un complot ? Mais pourquoi ? Les paysages et les particularités climatiques s’invitent aussi dans la course poursuite.. Un bon conseil de lecture. Je n’ai pas regretté. C’est le 5ème livre que je lis de cet auteur et je dois dire que j’aime beaucoup.

Si vous partez en vacances à la Réunion… à glisser dans la liseuse……

Extraits:

Sans doute un touriste qui croit capturer les vagues avec un appareil photo, comme un pêcheur qui espère prendre un poisson juste en trempant sa canne une seconde.

Pour comprendre la mer, pour capter son rythme, il faut rester immobile. A peine respirer. Les vagues sont comme des écureuils peureux, vous bougez et elles s’enfuient…

Il me dit toujours de faire attention, mais lui, jamais il ne fait attention à moi.

Tout le malheur de l’île résumé dans une bouteille, déclame le créole. Rhum, abrutissement, violence, oisiveté…

« Une île, un monde », proclame le slogan touristique de La Réunion. Pas faux, au fond. Sur quarante kilomètres carrés est rassemblé un échantillon représentatif des inégalités entre les peuples des cinq continents.

On dirait une casse, c’est juste un parking.

Ils se taisent un moment, laissant les cris d’une page de publicité à la télévision meubler le silence dans la case.

Un cerveau genre processeur Intel Core relié à une mémoire d’éléphant genre disque dur de trois téraoctets, uniquement partitionnée pour trier les faits divers

La violence ne naît pas par hasard, il y a toujours un terrain pour la faire pousser.

Les choses ont toujours une bonne raison d’être à leur place. Les choses comme les gens.

Que ce fut juste le hasard et que personne n’y pouvait rien changer. C’est de là que naissent toutes les haines du monde, lieutenant, toutes les guerres, il nous faut trouver des coupables, toujours, à tous les malheurs de l’univers. Même quand il n’y en a pas, notre esprit les invente. Ce n’est sans doute pas facile à admettre quand on est flic, cette idée que l’on a tellement besoin de coupables qu’on finit par les fabriquer.

Quand on est malheureux, on survit en en voulant à la terre entière, ou bien juste à quelqu’un, à quelqu’un sur qui cogner pour aller un peu mieux.

Quand le malheur vous touche, on refuse tous d’admettre qu’il n’y a aucun coupable à punir. Alors pour diminuer ses souffrances, on s’invente une vengeance.

Dans cette situation, la parole d’un père compte autant face aux arguments d’une mère que celle d’un esclave noir face à son contremaître…

Toutes les veines qui relient son cœur aux autres organes se sont brisées net. Comme si sa vie avait d’un coup largué les amarres.

 

9 Replies to “Bussi, Michel « Ne lâche pas ma main » (2013)”

  1. Dans ce roman, Michel BUSSI nous emmène sur l’Ile de la Réunion. Un décor paradisiaque pour Martial et Liane Bellion, un couple qui a décidé de venir y passer ses vacances avec leur petite fille Sofa, âgée de 6 ans. Mais un jour Liane disparaît de l’hôtel et Martial devient le coupable idéal. Désemparé, ne sachant comment prouver son innocence, il prend la fuite avec leur fille. Pour la police, cela sonne comme un aveu : la course-poursuite, au coeur de la nature luxuriante de l’île est lancée.
    Au centre de l’enquête, la capitaine Aja Purvi et son adjoint Christos sont diablement attachants et très déterminés à comprendre les faits.

    Cette histoire est documentée avec précision. Il ne s’agit pas seulement de la géographie de la Réunion (l’auteur est professeur de géographie à l’Université de Rouen), mais aussi de ses réalités sociales. Certains mots, proverbes ou expressions créoles émaillent aussi le récit en y ajoutant une belle saveur. Michel Bussi nous propose un remarquable suspens.

    J’ai passé un très bon moment de lecture même si finalement je trouve parfois l’histoire malgré tout un peu tirée par les cheveux. Par contre, je me suis beaucoup attachée à Sofa, la petite fille du couple Bellion, ainsi qu’à Christos, surtout vers la fin du livre.

    J’ai dans ma bibliothèque d’autres romans de Michel Bussi, notamment « Un avion sans elle » et « Nymphéas noirs » …
    J’ai très envie de les découvrir

    1. Merci Geneviève. Il est dans ma pile à lire et ton avis le fait remonter! 😉
      tu as vu que j’ai commenté les deux livres que tu as en attente? Je me réjouis d’avoir ton avis.

  2. Je suis ravie que tu aies à nouveau passé un bon moment avec Michel BUSSI.
    A bientôt pour mes commentaires sur les « Nymphéas noirs » et « Un avion sans elle »

  3. Dans ce roman au rythme très soutenu, Michel Bussi nous entraîne dans une chasse à l’homme haletante avec, en toile de fond, le cadre idyllique de l’île de la Réunion.
    Descriptions minutieuses, expressions créoles, allusions aux problèmes sociaux auxquels sont confrontés les habitants de l’île… tout contribue à un dépaysement complet.
    Le fait que l’on ne comprenne pas les motivations qui poussent le principal protagoniste à agir comme il le fait accentue le suspens mais, revers de la médaille, ne nous le rend pas particulièrement sympathique.
    Par contre, je me suis davantage attachée aux personnages secondaires comme le policier Christos et sa belle maîtresse.
    Un roman à lire non seulement parce que c’est un excellent policier mais aussi parce que c’est une belle invitation au voyage.

      1. et voilà fini et oui en effet, j’ai beaucoup aimé.
        Dépaysement assuré sur l’île de la Réunion et comme vous l’avez dit, surtout de la sympathie pour les personnages secondaires, non seulement Christos et sa plantureuse maîtresse mais j’au aussi eu un coup de tendresse pour Aja.
        Un peu moins surprise par le dénouement que pour les autres romans de Bussi mais aussi, le connaissant, on s’attend au plus inattendu, ceci explique sûrement cela

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