Bussi, Michel « Le temps est assassin » (2016)

Bussi, Michel « Le temps est assassin » (2016)

 

Auteur : Michel Bussi a commencé à écrire dans les années 1990. Alors jeune professeur de géographie à l’université de Rouen, il écrit un premier roman, situé à l’époque du Débarquement de Normandie. Ce dernier est refusé par l’ensemble des maisons d’édition. Il écrit quelques nouvelles, s’attelle à l’exercice de l’écriture de scénarios mais sans parvenir à les faire publier. Il attendra dix ans pour que l’idée d’un roman, inspiré d’un voyage à Rome au moment du pic de popularité du Da Vinci Code de Dan Brown, s’impose. Ce succès d’édition international, ainsi que la lecture d’une réédition de Maurice Leblanc pour le centenaire d’Arsène Lupin, le poussent à se lancer dans un travail d’enquêteur. De retour à Rouen, équipé de ses cartes de l’IGN, il noircit des carnets jusqu’à pouvoir proposer, en 2006, un manuscrit intitulé Code Lupin à un éditeur régional et universitaire, les éditions des Falaises. Ce premier roman sera réédité neuf fois.
Plusieurs années seront nécessaires pour que les ouvrages de Michel Bussi, qui paraissent au rythme d’un par an, tel Mourir sur Seine en 2008, ou Nymphéas Noirs en 2011, voient leurs ventes s’envoler. Après une série de récompenses locales, grâce à ses premières éditions en livre de poche, mais surtout grâce à la sortie en rayon polar de son ouvrage maître Un avion sans elle, l’auteur géographe est propulsé sur le devant de la scène.
Une des particularités de son travail est de situer la majorité de ses romans en Normandie. Son roman N’oublier jamais, sorti en mai 2014, met « plus que jamais6 » la Normandie au cœur de son intrigue, tout comme Maman a tort (qui se déroule au Havre), sorti en mai 2015. Son dernier roman cependant, Le temps est assassin, sorti en mai 2016, se déroule en Corse.

Ses romans : Code Lupin (2006) – Omaha crimes /Gravé dans le sable (20067/2014) – Mourir sur Seine (2008) – Sang famille (2009 épuisé) –Nymphéas noirs (2011) – Un avion sans ailes (2012) – Ne lâche pas ma main (2013) – N’oublier jamais (2014) – Maman a tort (2015) – Le temps est assassin (2016) – On la trouvait plutôt jolie (2017)

Bussi, géographe et professeur à l’université de Rouen, a notamment publié Nymphéas noirs, Un avion sans elle (prix Maison de la Presse), Ne lâche pas ma main (2013), N’oublier jamais (2014), Maman a tort (2015) et Le temps est assassin (2016). Ses ouvrages sont traduits dans 29 pays, les droits de plusieurs d’entre eux ont été vendus pour le cinéma et la télévision.Bussi, géographe et professeur à l’université de Rouen, a notamment publié Nymphéas noirs, Un avion sans elle (prix Maison de la Presse), Ne lâche pas ma main (2013), N’oublier jamais (2014), Maman a tort (2015) et Le temps est assassin (2016). Ses ouvrages sont traduits dans 29 pays, les droits de plusieurs d’entre eux ont été vendus pour le cinéma et la télévision.

(Paru chez Presses de la Cité 2016  / Pocket 2017  (624 pages)

Résumé : Eté 1989

La Corse, presqu’île de la Revellata, entre mer et montagne.
Une route en corniche, un ravin de vingt mètres, une voiture qui roule trop vite… et bascule dans le vide.
Une seule survivante : Clotilde, quinze ans. Ses parents et son frère sont morts sous ses yeux.
Eté 2016
Clotilde revient pour la première fois sur les lieux de l’accident, avec son mari et sa fille ado, en vacances, pour exorciser le passé.
A l’endroit même où elle a passé son dernier été avec ses parents, elle reçoit une lettre.
Une lettre signée de sa mère.
Vivante ?

 

Mon avis :

« Le temps est assassin, et emporte avec lui les rires des enfants. Et les mistral gagnants ». (extrait d’une chanson de Renaud – Mistral gagnant)

Evidemment, une fois de plus j’ai pris le livre et je ne l’ai plus lâché et j’ai adoré… Le vrai roman fleuve, page-turner…
Direction : la Corse. A 15 ans la vie de Clotilde bascule… dans un ravin… 27 ans après, retour sur les lieux du drame… avec son mari et sa fille… de 15 ans… Des images surgissent…
Les souvenirs, la mémoire, les fantômes … ou quand les « visions impossibles » se mêlent à la réalité. On l’a vu… donc ce n’est pas impossible… à moins que … Faut-il faire confiance à ses certitudes même si elles semblent totalement impossibles ? Faut-il se fier à ses impressions, à sa mémoire, à la parole du cœur ? Les souvenirs, on les suit dans ses écrits de jeunesse, dans son journal intime … les vacances de sa jeunesse se mêlent au récit … indices ou simples souvenirs ? C’est aussi faire ressurgir les images et les souvenirs refoulés…
C’est également un roman sur la Famille : les relations de couple, mère-fille, père-fille, vrais et « faux » Corses… et sur le destin … peut-on échapper à une vie tracée depuis l’enfance ? la destinée ne nous rattrape-t-elle pas ?
Les plus beaux endroits de la Corse sont réservés aux Corses, et souvent aux morts. La Corse est double : il y a les familles enracinées qui vivent sur l’ile depuis des générations mais il y a aussi les touristes… Les personnages du cru, l’omerta, les vieux de la vieille, la « mafia » et les hordes d’envahisseurs qui déferlent chaque année et retrouvent leur emplacement au camping, année après année… 27 ans après, le présent retrouve le passé, les personnages se retrouvent, se recroisent… et je ne vous dis plus rien … je ne veux rien dévoiler. Un roman sur le temps qui passe et la confrontation entre ce qu’on était enfant et ce qu’on est devenu…

Extraits :

Avancer.
Se forcer à aimer la vie ; se forcer à aimer sa vie.

Le bonheur, c’est simple, il suffit d’y croire !
Les vacances servent à ça, le ciel sans nuages, la mer, le soleil.
A y croire.
A faire le plein d’illusions pour le reste de l’année.

Droite, fière et vexée. Toutes épines dehors.
Ma mère est une fleur terriblement orgueilleuse.

Une partie de poker ? J’ai l’impression que c’est un peu ça, une vie de couple. Une partie de poker.
De poker menteur.

un vieux beau, comme on dit, c’est-à-dire qu’il n’a plus de beau que ses yeux bruns et sa chevelure bouclée et argentée.

Le séducteur libertin, dans le roman au XVIIIe siècle, ne pouvait pas être une femme, question d’époque. Mais aujourd’hui, bien sûr que oui !

Une sorte de boussole, qui indiquerait un cinquième point cardinal, quelque part du côté des étoiles.

On est de la même race. Les pêcheurs de rêves contre le reste du monde.

La delphinidine, mon lecteur du futur, c’est le nom savant du pigment bleu des fleurs. Incroyable, non? C’est le pigment qui manque aux roses. C’est pour cela qu’aucune vraie rose ne sera jamais bleue !

il avait conservé de ses rêves avortés un pouvoir magique, celui de transformer, pendant quelques secondes éphémères, la réalité en quelque chose de plus beau, dans sa tête.

Comme cette histoire de battement d’ailes d’un papillon entraînant un tsunami à l’autre bout du monde, ces infimes frottements sur sa peau provoquaient des ricochets de sensations jusqu’au plus profond de son ventre.
Un tsunamour ? Ça existait ?

« Cassanu » est le nom le plus ancien pour désigner un chêne, il vient du celte, de l’occitan, du vieux corse.

pour être heureuse, mieux valait lister les courses que les questions, se concentrer sur l’énumération d’ingrédients insignifiants plutôt que sur la page blanche au dos.
Ne lire que le recto de sa vie.
Eventuellement, glisser un amant dans son Caddie.

Ils sont trop occupés à se serrer, à se coller, comme deux arbres côtiers qui mêlent leurs racines pour mieux résister au vent de mer.

Entre les Pénélope et les salopes, ce sont toujours les premières qui finissent par triompher.

Je connais la justice de ce pays, ma chérie. Un innocent est un coupable qui a un bon avocat.

Une vie, pensa-t-elle, se résumait à cela : profiter de la beauté du monde. Son harmonie. Sa poésie. La contempler avant que tout ne disparaisse. Au fond, on ne meurt pas, on devient aveugle. On comprend que c’est terminé lorsque toutes les merveilles autour de nous s’éteignent.

 

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