Jónasson, Ragnar « Un calme blanc » (2025) 384 pages

Jónasson, Ragnar « Un calme blanc » (2025) 384 pages

Auteur : Islandais, né à Reykjavik , 1976. Il a découvert à 13 ans les livres d’Agatha Christie et a commencé à les traduire en islandais à 17 ans! Ses grands-parents sont originaires de Siglufjördur, la ville où se déroule Snjór, et où a grandi son père. Avocat et professeur de droit à l’Université de Reykjavik, il est aussi écrivain et le cofondateur du Festival international de romans policiers «Iceland Noir ».
C’est l’agent d’Henning Mankell qui a découvert Ragnar Jónasson et vendu les droits de ses livres dans quinze pays. Mörk a été élu « Meilleur polar de l’année 2016 » selon le SundayExpress et le Daily Express, et a reçu le Dead Good Reader Award en Angleterre.

Série Dark Iceland :   Tome 1 Snjór (Neige), Tome 2 Mörk (Frontière) – Tome 3 Nátt (Nuit) (2018) – Tome 4 Sótt (Fièvre) (2018) Tome 5 Vík (Baie) (2019) !! se passe avant le tome 4 – Tome 6 Sigló (2020)

Autres romans : « Dix âmes pas plus » (2022) – « A qui la faute » (2023)Úti (2021) – Reykjavik (2022 – traduit en 2023) – coécrit avec Katrín Jakobsdóttir

Trilogie La Dame de Reykjavik : Tome 1 La Dame de Reykjavik (Dimma) 2018 – Tome 2 L’Île au secret (Drungi) 2020 – Tome 3 La Dernière Tempête (Mistur ) 2021 –
(Pas le Tome 4 mais des apparitions de Hulda )  La mort en blanc ( Hvítidauði 2019) 2024
Dans cette nouvelle série, Jonasson a écrit les histoires à rebours : le tome 2, L’île au secret se passe 10 ans avant le tome 1, La dame de Reykjavik. Le troisième tome se passe 25 ans avant le premier.

Trilogie blanche : La mort en blanc ( Hvítidauði 2019) 2024 – Un calme blanc ( Hvítalogn – 2023)

Editions de La Martinière – 03.10.2025 – 384 pages ( Hvítalogn – 2023 –  traduit par Jean-Christophe Salaün )

Résumé
Une star du polar qui disparaît. Un enquêteur passionné de littérature. Une affaire où la fiction pourrait bien dépasser la réalité. Un soir d’hiver en Islande, la célèbre romancière Elín S. Jónsdóttir s’évapore sans un mot. Pas de corps, pas d’indice, aucun signe de lutte. Est-ce une fugue ? Un enlèvement ? Ou un crime soigneusement dissimulé ? L’inspecteur Helgi comprend que pour retrouver Elín, il devra percer son univers.
Derrière l’image parfaite de la  » Reine du crime  » se dessine bientôt une autre vérité. mais la propre histoire de Helgi le rattrape bientôt.

Mon avis: 

Helgi, est en vacances dans le Nord, à Akureyri, pour tenir compagnie à sa mère malade et envisage de retourner s’y installer pour reprendre la librairie familiale car il a deux passions : les livres et la police.
Il va accepter d’écourter son séjour et de rentrer sur Reykjavik quand est rappelé par son chef Marcus pour enquêter sur une disparition : celle de l’autrice de romans policiers à succès, Elín S. Jónsdóttir, l’une des autrices préférées des islandais. Allier enquête et mode de la littérature lui plait beaucoup. Il va donc se pencher sur cette disparition : est-ce une disparition volontaire ? Ou la personne disparue est-elle décédée?
Jusque là cela partait bien. Mais j’avoue ne pas trop avoir apprécié ma lecture. Et pourtant j’avais jusqu’alors toujours apprécié les romans de cet auteur, mais déjà été un peu déçue par le tome 1 de cette nouvelle trilogie ( mais dans le tome 1 l’enquête m’avait intéressée)  . Je ne retrouve pas l’ambiance irlandaise, on parle trop des états d’âme des personnages et pas assez de l’enquête. On va et vient sur plusieurs périodes (1965 – 1976/1977/1978 – 2005 – 2012) ; Hulda est à nouveau présente (sa disparition)… Beaucoup de personnages, des va-et-vient… J’ai trouvé assez confus et pas palpitant. J’ai aimé l’interview qui rythme le roman.
Au final pas emballée…

Extraits:

Voilà à quoi sert la littérature : elle nous fait voir des lieux qu’on ne peut visiter autrement, explorer des mondes imaginaires.

C’était ce lien avec la littérature, le fait étrange et intrigant – s’il se montrait parfaitement honnête – qu’une autrice de romans policiers devienne l’objet d’une enquête criminelle.

Parfois, on nourrit des désirs qui pour toujours demeurent inassouvis – c’est la vie, après tout. Le plus important, c’est de les avoir, ces désirs, ces rêves. 

Selon lui, tous les livres disaient quelque chose de la psychologie de leur auteur. Certes, il fallait parfois lire entre les lignes, mais quiconque écrivait devait laisser une part de lui sur la page, volontairement ou inconsciemment.

Suivez votre instinct, faites quelque chose qui vous tient à cœur. Et n’oubliez pas combien la culture est importante. Bien sûr que nous voulons sauver des vies, construire des maisons, perfectionner nos connaissances scientifiques, comprendre le monde – tout ça est très bien, mais ça ne vaut pas grand-chose sans la culture. À quoi bon se lever, se nourrir, travailler le jour et dormir la nuit, si rien ne touche votre âme ? Nous avons besoin de contes de fées, de beauté ; nous devons pouvoir nous imaginer ce chêne dans sa forêt française, le voir esquissé par un dessinateur, sentir le parfum de ses feuilles à travers la poésie et la fiction et – plus que tout – avoir un bon livre sous la main au cas où nous le trouverions vraiment, cet arbre, et voudrions nous installer à l’ombre de ses branches pour lire. En vérité, il s’agit simplement de voler quelques instants à l’éternité.

C’était elle qui l’avait sauvé de l’abîme, de l’isolement, qui l’avait empêché de rester assis seul dans l’appartement au sous-sol de cette vieille maison couverte de tôle ondulée rouge, entouré de livres…
rien d’autre que des livres…
jusqu’à l’étouffement.

Perte n’est pas tout à fait le bon mot. Pour vous dire la vérité, je ne saurais même pas comment appeler ça, j’ai l’impression d’avoir si souvent utilisé tous les mots, mais je ne crois pas qu’on puisse perdre quelque chose qu’on n’a jamais vraiment eu. Le roman aborde plutôt le deuil de ce qui n’a jamais été, la nostalgie que cela engendre, si l’on peut ressentir de la nostalgie pour ce qui aurait pu advenir.

Ainsi fonctionnait l’esprit humain : des liens indirects et flous éveillaient toutes sortes d’idées. Impossible d’aborder une telle enquête – n’importe quelle enquête – de manière parfaitement objective. La page blanche n’existait pas.

Il ne faut pas alimenter sa colère, elle vous dévore de l’intérieur.

Aventures extraordinaires… oui, parfois, peut-être. Mais n’est-ce pas le cas pour tout le monde ? On vit tous des aventures extraordinaires à un moment ou à un autre. C’est peut-être un peu cliché, mais la vie est une alternance de jours ensoleillés et de jours de pluie.

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