Carrisi, Donato « L’écorchée » (2014) – Mila02

Carrisi, Donato « L’écorchée » (2014) – Mila02

L’auteur : Né en 1973, Donato Carrisi est l’auteur italien de thrillers le plus lu dans le monde. Le Chuchoteur, son premier roman, a été traduit dans vingt pays, a reçu quatre prix littéraires en Italie. Lauréat du prix SNCF du Polar européen et du prix des lecteurs du Livre de Poche dans la catégorie polar, il connaît un immense succès en France aux éditions Calmann-Lévy.
Série Mila Vasquez : Le ChuchoteurL’EcorchéeL’égaréeLe jeu du chuchoteur
Série
Marcus et Sandra : Le tribunal des âmes Malefico – Tenebra RomaAutres romans : La Femme aux fleurs de papierLa Fille dans le brouillard

2ème enquête de Mila.

Résumé :

« JE LES CHERCHE PARTOUT. JE LES CHERCHE TOUJOURS, »

Sept ans après s’être mesurée au Chuchoteur, Mila Vasquez travaille aux Limbes, le département des personnes disparues. L’enquêtrice excelle dans son domaine. Peut-être parce qu’elle est incapable d’éprouver la moindre émotion. Ou peut-être parce qu’elle-même porte dans sa chair la marque des ténèbres.

On a tous ressenti l’envie de s’évanouir dans la nature. De fuir le plus loin possible. De tout laisser derrière soi.

Or chez certains, cette sensation ne passe pas. Elle leur colle à la peau, les obsède, les dévore et finit par les engloutir. Un jour, ils se volatilisent corps et biens. Nul ne sait pourquoi.

Bientôt, tout le monde les oublie. Sauf Mila.

ET PUIS, SOUDAIN, CES DISPARUS RÉAPPARAISSENT POUR TUER.

Face à eux, Mila devra échafauder une hypothèse convaincante, solide, rationnelle. Une hypothèse du mal. Mais pour les arrêter, il lui faudra à son tour basculer dans l’ombre.

Mon avis : Deuxième enquête de Mila et je pense que des deux protagonistes principaux de Donato Carrisi, Mila est celle que je préfère. Mais après avoir lu les 4 titres de cet auteur, je suis certaine d’être totalement accro !

Extraits :

Des individus qui vivaient entourés de vide et n’imaginaient pas qu’un jour ce vide les avalerait.

Elle faisait toujours des cauchemars, mais pas la nuit. Avec le sommeil tout disparaissait, tandis qu’à la lumière du jour elle ressentait parfois une peur soudaine. Comme un chat qui flaire le danger, elle sentait une présence à ses côtés. Après avoir compris qu’elle ne se débarrasserait pas de ces souvenirs, elle était arrivée à une sorte de compromis avec elle-même, qui prévoyait certaines précautions, sa « ligne de sécurité ».

Le tunnel de branches semblait prêt à se refermer sur l’habitacle. Le bois se penchait pour caresser leur passage, gentil et persuasif, comme s’il cachait une mauvaise intention.

Dans les situations de danger, la réaction la plus courante n’est pas la peur, c’est l’incrédulité.

aussi loin qu’on fuie, où qu’on aille, notre maison nous suit toujours. Même quand on déménage souvent, on reste toujours liés à une habitation. Comme si c’était nous qui lui appartenions, au lieu du contraire. Comme si nous étions constitués des mêmes matériaux – terre en guise de sang, bois dans les jointures, os de ciment.

Par certains aspects, les livres constituaient un lest pour rester ancrée à la vie, parce qu’ils avaient une fin. Peu lui importait qu’elle soit heureuse ou non, cela restait un privilège dont ne jouissaient pas toujours les histoires dont elle s’occupait au quotidien. Et puis, les livres étaient un excellent antidote au silence parce qu’ils remplissaient son esprit des mots nécessaires pour combler le vide laissé par les victimes. Surtout, ils représentaient une échappatoire. Sa façon de disparaître. Elle se plongeait dans la lecture et tout le reste – y compris elle-même – cessait d’exister. Dans les livres, elle pouvait être n’importe qui. Ce qui revenait à n’être personne.
Quand elle rentrait chez elle, seuls les livres l’accueillaient.

— Je parie que la moitié de ce que tu gagnes va au fisc.
— Oui, ces salauds ont toujours les mains dans mes poches.
Les impôts, excellent sujet de conversation, toujours efficace. Qui créait de la complicité, juste ce dont il avait besoin.

notre ennemi est le vide, il est fait d’air et d’ombre. Plus on le regarde, plus il nous semble réel.

le vide se met à nous parler et, parfois, il devient attirant. Il nous offre un indice et nous convainc que nous pourrons en trouver d’autres. On lui cède progressivement des parties de soi. Or on ne peut pas vivre avec le vide, on ne pactise pas avec le vide. On lui ouvre la porte de chez soi, comme à un ami bienveillant. Le vide s’engouffre et pille tout ce qu’il y a à piller.

se balançait sur la chaise de son bureau, les yeux dans le vide, tel un équilibriste en suspens sur ses propres pensées

La porte était là, si proche qu’elle semblait inaccessible, l’idée de la traverser était si belle qu’elle paraissait irréelle. Elle sentit l’air frais venant de dehors, comme si la porte respirait.

Cet acte de générosité apaisait la conscience de celui qui agissait, mais il n’était pas dit qu’il fasse le bien de celui qui recevait.

L’amour contamine tout par le souvenir. L’amour est une radiation.

On nous apprend à compter les secondes, les minutes, les heures, les jours, les années… mais personne ne nous explique la valeur d’un instant.

Quand on risque de perdre quelque chose, on n’arrive pas à se faire une raison. Quand on risque de tout perdre, on s’aperçoit qu’en réalité on n’a rien à perdre…

Quand on meurt, son nom est ce qui reste. Pas son corps, ni sa voix. Tôt ou tard, ce qu’on a fait sera oublié, mais son nom deviendra le nom de tous les souvenirs. Sans nom, on est condamné à l’oubli.

Après était un mot qui n’existait pas, après était un mot qui ne signifiait rien

Peu m’importe de savoir s’il est heureux ou non. De toute façon, le malheur des autres ne nous intéresse que quand il nous renvoie au nôtre…

Nous nous attendons toujours à une contrepartie pour nos sentiments, et quand elle ne nous est pas accordée nous nous considérons trahis

Les chiens jugent mieux que quiconque, mais heureusement pour les humains ils ne savent pas parler.

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