Carrisi, Donato «L’égarée» (2018) – Mila 03

Carrisi, Donato «L’égarée» (2018) – Mila 03

L’auteur : Né en 1973, Donato Carrisi est l’auteur italien de thrillers le plus lu dans le monde. Le Chuchoteur, son premier roman, a été traduit dans vingt pays, a reçu quatre prix littéraires en Italie. Lauréat du prix SNCF du Polar européen et du prix des lecteurs du Livre de Poche dans la catégorie polar, il connaît un immense succès en France aux éditions Calmann-Lévy.
Série Mila Vasquez : Le ChuchoteurL’EcorchéeL’égaréeLe jeu du chuchoteur
Série
Marcus et Sandra : Le tribunal des âmes Malefico – Tenebra RomaAutres romans : La Femme aux fleurs de papierLa Fille dans le brouillard

3ème enquête de Mila.

Calmann-Lévy – 3.10.2018 – 332 pages (L’uomo del labirinto)

Résumé : Un labyrinthe secret plongé dans l’obscurité. Un bourreau qui y enferme ses proies. Une victime qui parvient à s’en échapper, mais sans le moindre souvenir. Un effroyable combat pour retrouver la mémoire, et une enquête à hauts risques pour traquer celui qui continue à agir dans l’ombre…

Mon avis : 3ème enquête de Mila mais vous pouvez lire ce tome sans avoir lu les 2 précédents ; bien sûr c’est mieux d’avoir fait connaissance précédemment mais pas du tout indispensable.

Le titre original est « l’homme du labyrinthe » est je trouve pour ma part que c’était mieux. En effet une partie de l’action est liée à l’obscurité et à la perte de repères. Une fois qu’on se retrouve dans le noir, on commence à douter de tout, y compris de soi-même et c’est le cœur de ce roman. C’est un roman sur le coté obscur de chacun de nous, notre face cachée, sur les miroirs qui renvoient des images fausses. Qu’y a-t-il derrière le masque ? Qui se cache derrière un joli petit lapin blanc ? en même temps, dans Alice, le lapin n’est pas inoffensif… il vous entraine dans les aspects les plus sombres de vous-même.

Une fois encore, comme dans les autres thrillers de cet auteur, il n’y a pas de points de repère. On est dans un univers gris, obscur, un endroit confiné sans fenêtre, une atmosphère bien glauque où l’on ne fait que se perdre.

Il y a également la réflexion sur la peur, la perte de la mémoire, la crainte de se retrouver au grand jour, la disparition, la fin de vie, les apparences.

Addictif, stressant, psychologique, prenant, angoissant… et suspense jusqu’au bout du bout.

Au fait cela me fait penser que ce n’est pas le premier lapin que j’ai fréquenté récemment… j’ai également côtoyé le livre de Lars Kepler « Le Chasseur de lapin »  .

Extraits :

Non, pas la peur. La peur était le véritable ennemi.

Il ne le sait pas encore, mais il existe un endroit d’où il ne peut pas s’échapper. Et c’est là qu’aura lieu la chasse : pas dehors, mais dans ton esprit.

— Je n’arrivais même pas à l’admettre moi-même… Si je l’avais révélé à quelqu’un, tout serait devenu vrai : j’allais mourir. Ou plutôt, je vais mourir. Ou peut-être que je suis déjà mort. Ça dépend du point de vue.

La mémoire répond à d’étranges mécanismes. Rien à voir avec cet enregistreur, qu’il suffit de rembobiner pour réécouter. Non, souvent les souvenirs s’inscrivent les uns sur les autres et se confondent. Ou bien l’enregistrement est incomplet, il comporte des trous ou des défauts : l’esprit répare à sa façon, en nous tendant des pièges qui en réalité sont de faux souvenirs qui peuvent nous confondre. C’est pour cela qu’il faut adopter certaines règles pour distinguer ce qui est réel de ce qui ne l’est pas.

On croit souvent que les moribonds regrettent ce qu’ils n’ont pas fait ou ce qu’ils ont remis à plus tard, dans leur vie. En fait, le plus difficile pour eux, c’est de ne plus être capables de profiter de plaisirs simples comme une chanson légère à la radio.
Parce que chaque fois devient la dernière fois.

C’est un des rares avantages, quand on va mourir : la fin imminente est comme un superpouvoir. Elle rend invulnérable.

Pour réussir à capturer un homme, il faut posséder des qualités affinées. Ingéniosité, sens de l’observation, utilisation savante de la technologie, réflexes, calme, résistance au stress et courage.
Surtout, il faut une compréhension profonde de la nature humaine.

l’horreur est une excellente cachette pour les monstres : les souvenirs sont écrasés par les émotions.

Mais la peur avait le pouvoir de faire oublier les apparences.

Les habitants des Limbes, eux, ne savent pas ce qu’ils sont. Ils vivent et meurent à chaque instant dans l’imaginaire de ceux qui les attendent encore. C’est pour cela qu’ils ne trouvent jamais la paix.

On peut abandonner le lieu où on est né, mais le lieu où on est né ne nous abandonne jamais.

Une théorie soutient que les couleurs peuvent avoir une influence sur la psyché. Le vert inspire la sécurité, c’est pour ça que les tables de jeu sont presque toujours vertes : pour pousser les joueurs à prendre des risques… Les tons chauds, en revanche, stimulent la sérotonine et, par exemple, poussent les gens à être loquaces, ou à la promiscuité sexuelle.
— Et le gris ?
— Il inhibe l’action des endorphines, dit Green. Les chambres des asiles psychiatriques sont peintes en gris, de même que les cellules des prisons. Les cages des zoos… à la longue, le gris rend docile.

One Reply to “Carrisi, Donato «L’égarée» (2018) – Mila 03”

  1. Samantha, une adolescente de 13 ans, est enlevée sur le chemin de l’école. 15 ans plus tard, elle est retrouvée sur le bord d’une route, nue, blessée et amnésique. Un détective privé sur le point de mourir se lance à la recherche du ravisseur.

    Comme chaque fois, j’ai adoré. Enquête rythmée, rebondissements, manipulations psychologiques… voici quelques uns des ingrédients utilisés dans cet excellent thriller aussi noir qu’addictif.

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