Portes, Jean-Christophe «Minuit dans le jardin du manoir» (2019)

Portes, Jean-Christophe «Minuit dans le jardin du manoir» (2019)

Auteur : Auteur : Français, né à Rueil-Malmaison, le 21.03.1966,  Jean-Christophe Portes est journaliste et réalisateur. Il a fait des études à l’Ecole Nationale de Arts Décoratifs. Auteur d’une trentaine de documentaires d’investigation, de société ou d’histoire, il travaille pour les principales chaînes de télévision françaises

Romans Série Victor Dauterive : L’Affaire des corps sans tête (2015) – L’Affaire de l’Homme à l’Escarpin (2016) – La Disparue de Saint-Maur (2017) –  L’espion des Tuileries (2018) – La trahison des Jacobins (2019)  Autres : Les Enfants du dernier salut (2017), Les experts du crime, Jean-Christophe Portes (2018) – Minuit dans le jardin du manoir (2019) –

Editions du masque –13.3.2019 – 379 pages

Résumé : Denis Florin est un jeune notaire célibataire, poète et un peu lunatique. Il vit en Normandie dans un manoir avec sa grand-mère Colette – adorable mais folle. Ce qu’il préfère faire dans la vie : reconstituer la bataille de Marignan en figurines, et qu’on le laisse tranquille. Un jour de janvier, alors qu’il rentre chez lui, il découvre horrifié une tête décapitée sur un piquet dans le jardin du manoir.
A la place des yeux et des dents, des pièces d’or. Paniqué, il se terre chez lui, et constate que sa grand-mère adorée a disparu. La presse s’empare de l’affaire et il devient le suspect numéro un. Cela fait beaucoup pour un seul homme, surtout un homme comme Denis Florin. Nadget, une journaliste télé qui jure comme un charretier, convaincue de son innocence, va alors tenter de l’aider à se sortir de ce pétrin.
Sur les traces de Colette, ils découvrent qu’un trésor datant de plus de cinq cents ans pourrait bien être caché quelque part dans le manoir… Mais serait-ce l’explication à ce meurtre odieux et à cette disparition ? Rien n’est moins sûr.

Mon avis : Addiction, Action, Emotion, Agression, Diversion, , Déduction, Disculpation, Géolocalisation…  Voilà quelques mots finissant par « ion » que j’aurais pu ajouter à la liste dejà longue des qualificatifs de l’auteur. (Décollation – Exfiltration – Succession – Déflagration – Perturbation – Interrogation – Investigation – Reconstitution – Visitation – Invitation – Intrusion – Réalisation – Manipulation – Destruction – Constatations – Lésions – Exhibition – Suppositions – Accusations – Inversion – Dissimulation – Perquisition – Clarification – Distorsion – Disparition – Nomination – Information – Bifurcation – Accumulation – Translation – Incrustation – Discussion(s) – Diffusion – Détérioration – Détection – Transfiguration – Compromission – Migration – Exécution – Télécommunication – Déception – Immixtion –  Révélation – Filiation – Exaction – Évaporation – Interception – Désolation – Explicitation – Acquisition – Codification – Dispositions- Renonciation – Intervention – Proposition – Confusion – Dissension – Discrétion – Obstination – Délation – Infiltration – Localisation – Stupéfaction – Élévation – Intimidation – Exaspération – Coercition – Inhibition – Expiation – Évolution – Réaction – Évasion –Conspiration – Justification – Explication – Désillusion – Obsession – Opposition – Profanation – Réapparition – Évacuation – Extraction – Hallucination – Prostration – Suspicion – Circonspection – Agression – Insatisfaction – Déstabilisation – Conjonction – Explosion – Secrète mission – Captation – Bénédiction – Excursion )

Après avoir été conquise par la Série Victor Dauterive , je découvre une autre facette de l’auteur : le roman policier d’aventure qui allie l’histoire et le XXIème siècle.  Pas de temps mort, et dès les premières pages c’est parti sur les chapeaux de roues.  Une tête fichée sur un piquet dans son jardin ! N’importe qui préviendrait la police… Mais quand c’est un jeune, limite autiste, qui se trouve confronté au problème et qu’en plus sa grand-mère a disparu, il ne réagit pas comme tout le monde ;t il n’en faut pas plus pour qu’il soit suspecté de meurtre. Et les malentendus vont s’enchainer. Non seulement il va être traqué par la police et la presse, mais les cadavres vont se multiplier. Une course poursuite à travers l’Europe, des rencontres avec des personnages peu recommandables, une course au trésor, des secrets du passé … Et comme le petit notaire autiste n’a rien d’un aventurier à première vue, il aura besoin d’un sacré coup de main pour s’en sortir en un seul morceau.

J’ai beaucoup aimé. Les personnages sont tous plus originaux les uns que les autres, et entre le notaire, le flic, la journaliste, la grand-mère, et les méchants de service on ne s’ennuie pas une seconde. Originaux et attachants. L’écriture est fluide, il y a beaucoup d’humour. Il y a aussi (et pour mon plus grand plaisir) un contexte historique qui relie le présent au passé) et je recommande cette aventure à la Indiana Jones à ceux qui ont envie de passer un moment délassant. Et l’auteur égratigne au passage la couverture médiatique des faits divers qui se préoccupent davantage de leur propre intérêt en diffusant des informations non vérifiées ou totalement inventées et en ne se préoccupant que peu de la réalité (presse et talk-show)

Extraits :

Pendant quelques secondes, le temps se suspendit. Il se demanda s’il rêvait, s’il était bien la personne qu’il pensait être, à l’endroit où il croyait se trouver.

Son incapacité à exprimer son avis passait pour de la sagesse. Et ses silences fréquents pour de la profondeur. D’un tel homme, on attendait ni vagues ni indiscrétions. Il était pour ainsi dire transparent. Un tombeau, plus discret que tous les confesseurs du Vatican réunis. Bref, un parfait notaire.

on disait souvent du lieutenant qu’il décortiquait ses clients comme un cuisinier découpe la viande avant de la faire rissoler.

Il écorchait toujours les noms. C’était sa façon à lui de chosifier les personnages.

Alex Lemaire animait le talk-show le plus populaire de la télé. Pour quelques millions d’euros annuels, il décortiquait l’actualité avec son regard caustique, comme disaient les pubs de la station. En fait, lui et sa bande de comiques appointés descendaient en flammes tout ce qui était un tant soit peu étranger à leur propre univers.

Elle ne supportait plus ce qu’on lui faisait faire, cette télévision qui tordait la réalité, qui la transformait en une espèce d’ailleurs fictionnel, caricatural, ni réalité ni mensonge.

La vie, disait-il, offrait toujours le choix. Lui avait tout abandonné, richesse et honneurs, pour fuir la dictature. Et il était resté un homme libre.

En fait, elle était furieuse. Et la durée de son silence se mesurait à l’aune de sa contrariété.

Il se sentait comme un ordinateur sans disque dur, sans batterie. Inutile et sec, et sans réflexes.

Info : Hernán Cortés (voir article)   

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *