Bannalec, Jean-Luc « Enquête troublante à Concarneau » (2021)

Bannalec, Jean-Luc « Enquête troublante à Concarneau » (2021)

Auteur : Jean-Luc Bannalec est le pseudonyme d’un écrivain allemand (Jörg Bong) qui a trouvé sa seconde patrie dans le Finistère sud. Après Un été à Pont-Aven (2014), il écrit la suite des aventures du commissaire Dupin dans Étrange printemps aux Glénan (2015), Les Marais sanglants de Guérande (2016)  L’Inconnu de Port Bélon (2017) Péril en mer d’Iroise (2018) , Les disparus de Trégastel : Les vacances du commissaire Dupin (2019), Les secrets de Brocéliande (2020) , « Enquête troublante à Concarneau (2021).
Tous ses romans ont paru aux Presses de la Cité.

Les aventures du commissaire Dupin – tome 8

Presses de la Cité 04.03.2020 / (352 pages)

 Résumé : Le docteur Chaboseau, notable respecté de Concarneau, est retrouvé défenestré. Ni sa femme ni ses proches amis, un pharmacien et un négociant en vins, n’ont idée du mobile du crime. Alors que ses collaborateurs sont en vacances, et que ses beaux-parents arrivent pour le week-end de la Pentecôte, le commissaire Dupin découvre que le médecin était investi dans de multiples domaines : une collection de tableaux, des brasseries et conserveries locales, des projets immobiliers, sans oublier la construction navale.
Autant de sources de conflit, et de pistes à suivre. Pour démêler l’écheveau, il lui faudra attendre le retour de sa fidèle assistante Nolwenn, puis trouver un appui inattendu auprès de Simenon et de son roman « Le Chien jaune », qui voit Maigret enquêter à Concarneau.

Mon avis :
Toujours un moment plaisant de se retrouver en Bretagne avec le Commissaire Dupin et sa fine équipe. Cela commence mal pour lui car lors de la découverte du cadavre, Dupin est bien seul… Ses deux fidèles collaborateurs, l’incontournable Nolwenn et l’Inspecteur Le Ber sont injoignables ; il va donc devoir se débrouiller sans eux au début, mais cela ne va pas durer. Mais ce qui tombe bien c’est qu’il va pouvoir échapper à la présence de ses beaux-parents qui débarquent…
Une enquête pleine de rebondissements, des cadavres qui s’accumulent, des secrets du passé… le gratin de Concarneau est loin d’être lisse et bien sous tous rapports.  Et comme toujours, on en apprend sur les spécialistes locales, les endroits à connaître, les coutumes et traditions du coin. Les suspects ne manquent pas : les notables du coin, comme le médecin, le pharmacien, les acteurs de la vie économique ( pêche, conserverie, chantiers navals), le maire… Georges Dupin comme toujours, fait office de guide touristique et son amour pour la Bretagne est toujours bien présent.

J’ai lu récemment le livre de  Dan Waddell « Code 1879 » – le tome 1 de la série Les enquêtes du généalogiste (2010) : cela parlait de vengeance qui prenait racine dans des événement qui s’étaient produit il y a longtemps… Impossible de ne pas y penser en lisant se livre… Et j’ai ressorti « le chien jaune » de Simenon pour faire comme le Commissaire Dupin…

Extraits :

Aucun endroit sur terre ne permet d’éprouver si intensément ce sentiment de bout du monde. C’est là que s’incarne le Finistère, finis terrae – le dernier bastion de terre qui, dans toute sa fragilité, brave l’infini d’une mer en furie.
C’est aussi là le siège d’un autre mystère breton : le jeu si particulier de la couleur et de la lumière. Dupin prétendait qu’il y avait plus de lumière en Bretagne qu’ailleurs, une luminosité et des couleurs exceptionnelles.

Au début d’une enquête, il fallait surtout compter sur la chance. Diligenter des recherches çà et là. Lancer de nombreuses lignes et voir ce qui mordrait.

A la fin du XIXe siècle et au début du XXe, Concarneau était devenue un haut lieu de la peinture, drainant toute une colonie d’artistes, pas aussi célèbre, certes, que celle qui s’était établie autour de Gauguin à Pont-Aven, mais tout à fait significative.

Tu vas devoir plonger dans toutes les couches de la ville, je le crains. Fureter très profondément. Plus que tu n’aimerais.
— Qu’est-ce que tu veux dire ?
Comme une mise en garde contre des cercles mystérieux et des secrets ancestraux. Comme si la ville était un être de ténèbres.

— Lorsqu’il est question de vieilles familles, alors il s’agit presque toujours d’argent, d’affaires, de relations, de pouvoir. Et tout ça prend ses racines dans le passé.

Les affaires criminelles étaient, à plus d’un titre, bien curieuses : parfois, dès le début des investigations, il y avait un indice qui était la clé de tout. La solution se trouvait dès le départ sous leurs yeux. La plupart du temps, on ne s’en rendait compte que rétrospectivement – pas toujours. A l’inverse, un long moment pouvait s’écouler sans aucun indice décisif. C’était complètement aléatoire, le contraire de ce que montrait la littérature policière.

Voilà encore un trait breton : arpenter le monde. Aussi vrai que l’exact opposé : rester chevillé à un lopin de terre jusqu’à ses derniers jours, pour son plus grand bonheur.

Mais on retrouve ces personnages dans toutes les petites villes, ajouta Le Ber. Ce sont des figures locales : le médecin, le pharmacien, le maire… Et par rapport à notre affaire, il y a surtout des différences.
C’était le monde à l’envers. Le Ber qui tentait d’expliquer à Dupin que la réalité et la fiction étaient deux choses différentes.

— Vous connaissez l’histoire des selkies ? Ces créatures qui vivent dans l’océan depuis des temps immémoriaux, qui règnent sur les flots et commandent aux éléments, en profonde osmose avec les courants et les marées… Peut-être est-ce une histoire de ce type.

Qu’au milieu d’une enquête un commissaire se retire pour trouver une piste dans la lecture d’un polar, voilà qui était absurde. Mais les similitudes entre son affaire et l’intrigue du Chien jaune avaient attisé sa curiosité.

 

 

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