Higashino, Keigo «Les doigts rouges» (2018)

Higashino, Keigo «Les doigts rouges» (2018)

Auteur : Keigo Higashino né le 4 février 1958 à Osaka sur l’île d’Honshū, est un écrivain japonais, auteur de romans policiers.

Il est l’auteur d’une série qui met en scène le Physicien Yukawa : Le Dévouement du suspect X (2011) , Un café maison (2012), L’Équation de plein été (2014).

Et de plusieurs autres romans : La Maison où je suis mort autrefois (2010)La Prophétie de l’abeille (2013) – La Lumière de la nuit (2015)La Fleur de l’illusion (2016)Les doigts rouges (2018) –  

Actes Sud – Mars, 2018 – 240 pages

Résumé : Maehara Akio est un homme ordinaire qui mène une existence ordinaire d’employé de bureau. Il vit avec sa femme, son fils et sa mère vieillissante. Un jour, il reçoit un appel de son épouse au travail. La chose est inhabituelle. La demande qu’elle lui fait l’est encore davantage : revenir immédiatement à la maison. Elle refuse de lui en dire plus mais la panique qu’il entend dans sa voix le convainc de partir aussitôt. À son arrivée, sa femme lui apprend que leur fils, âgé de quatorze ans, a tué une fillette et que le cadavre gît dans le jardin…
Le lendemain, le corps de la petite victime est retrouvé dans des toilettes publiques. Alors que son père est mourant à l’hôpital, Kaga Kyōichirō prend en charge l’enquête. Son jeune cousin, fraîche recrue affectée à ses côtés, s’étonne de la froideur implacable du limier que rien ne semble atteindre, ni l’agonie d’un proche ni les pires turpitudes de l’âme humaine. À travers lui, le lecteur observe, médusé, la mécanique insondable et parfaite d’un esprit policier.
Avec toujours le même génie, Keigo Higashino comprend tout, explique tout. Ce roman, dont l’atmosphère rappelle celle du Dévouement du suspect X, est un des plus sombres du maître nippon.

 

Mon avis : Conquise une fois de plus par la finesse, la sensibilité, l’intelligence des romans de Keigo Higashino. On pénètre dans un univers de culpabilité, de manipulation, d’incertitude, de problèmes que l’on se crée pour ne pas avoir à en affronter d’autres.

La subtilité d’esprit de Kaga est exceptionnelle. Il procède par petites touches, laisse les personnages se liquéfier, se montrer sous leur vrai jour… jusqu’au dénouement …

En parallèle de l’enquête, les relations humaines familiales sont abordées, la maladie, la démence sénile… juste magnifique moment de lecture comme à chaque incursion dans le monde de cet auteur.

 

Extraits :

La conversation entre les deux époux s’était tarie. Chaque fois qu’ils ouvraient la bouche, ils se rendaient à nouveau compte qu’ils étaient au bord de l’abîme.

Une famille normale, ça n’existe pas. Les familles paraissent normales de l’extérieur, mais elles ont toutes leur situation propre.

La démence sénile est protéiforme, et la caractéristique principale de la sienne était l’extraordinaire dégradation de sa mémoire.

Les personnes qui souffrent de démence sénile vivent dans leur monde. Il ne faut en aucun cas essayer de les en sortir, mais entrer en contact avec elles dans leur monde.

Les enfants sont plus mûrs que leurs parents ne le pensent. Surtout quand ils ont trouvé des plaisirs secrets.

Un enquêteur ne peut pas se contenter de trouver la vérité. Le moment auquel il le fait, et la manière sont aussi importants.

Des liens particuliers se créent entre des époux qui ont longtemps vécu ensemble. C’est ce qui permet à l’un de s’occuper de l’autre quand il le faut, même s’il peut arriver à l’aidant d’avoir envie de fuir ou de souhaiter la mort de l’autre. Mais lorsque la mort arrive, je ne suis pas du tout certain que le survivant soit soulagé. Au contraire, il peut éprouver un violent dégoût de lui-même.
— Comment ça ?
— Parce qu’il pense qu’il aurait pu en faire plus, ou éviter à son compagnon une fin aussi triste. Et ces idées peuvent même rendre malades ceux qui les ont.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

5 Replies to “Higashino, Keigo «Les doigts rouges» (2018)”

  1. Aurais-je assez de tout une retraite pour lire tout ce que tu proposes à ma curiosité ?
    Les polars ont ma préférence, pour des raisons personnelles. J’ai adoré cette phrase de l’auteur qui me donnera très certainement envie de le lire :
    « Un enquêteur ne peut pas se contenter de trouver la vérité. Le moment auquel il le fait, et la manière sont aussi importants. »
    Elle recèle une profondeur et une approche qui donne une image de l’intellect de l’enquêteur qui ne peut que titiller la curiosité de l’amateur de polars, tant la personnalité de celui qui mène les investigations comptent plus que le sujet par lui-même.
    Un crime n’est jamais rien qu’un crime, au départ de l’enquête. C’est la façon dont on démêle les fils de la toile qui fait tout l’intérêt de l’histoire.

  2. J’ai choisi deux polars où intervient le physicien Yukawa. Ce sont les plus anciens et sans doute les moins maîtrisés (car œuvrant dans le vin, je présuppose toujours que l’on se bonifie avec le temps, ce qui n’est pas toujours vrai, mais, à lire tes commentaires sur son dernier roman, je pense que c’est le cas pour cet auteur).

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