Bannalec , Jean-Luc « Piège mortel à Belle-Ile » (2023) 304 pages
Auteur : Jean-Luc Bannalec est le pseudonyme d’un écrivain allemand (Jörg Bong) né à Bonn en 1966 et qui a trouvé sa seconde patrie dans le Finistère sud. Après Un été à Pont-Aven (2014), il écrit la suite des aventures du commissaire Dupin dans Étrange printemps aux Glénan (2015), Les Marais sanglants de Guérande (2016) L’Inconnu de Port Bélon(2017) , Péril en mer d’Iroise (2018) , Les disparus de Trégastel : Les vacances du commissaire Dupin (2019), Les secrets de Brocéliande (2020) , Enquête troublante à Concarneau (2021), Meurtre gourmet à Saint-Malo (2022) , Piège mortel à Belle-Ile (2023) , Les Fantômes du Finistère (2024), Vendanges mortelles à Pornic (2025)
Tous ses romans ont paru aux Presses de la Cité.
Les aventures du commissaire Dupin – tome 10
Presses de la Cité – 06.04.2023 – 352 pages / Pocket – 18.04.2024 – 304 pages (traduit de l’allemand par Pierre Malherbet)
Résumé :
Sous un ciel d’été caniculaire, dans le port de Doëlan, on retrouve le corps sans vie de Patrick Provost, riche éleveur de moutons à Belle-Île.
Cap sur Le Palais pour le commissaire Dupin, qui suit la piste criminelle : la victime n’était-elle pas unanimement détestée ? Surtout par ses voisins et locataires d’Islonk, hameau de sept maisons situé sur la côte ouest de l’île. Il y a notamment son épouse qui voulait divorcer ; les propriétaires d’une distillerie de whisky empêchés par Provost de construire un atelier de céramique ; un berger en mal de reconnaissance ; une institutrice à la retraite, spécialiste de Sarah Bernhardt, gloire locale. Et qui va hériter de la fortune du défunt ? Elle attise bien des convoitises… dont celles d’une maire au projet écologique d’envergure.
Sur une île aux mille secrets et aux paysages sublimes où s’élèvent d’intrigants menhirs, l’esprit sagace de Dupin saura-t-il résoudre ce nouveau mystère breton ?
Suspense sur la plus belle île pour la dixième enquête du commissaire Dupin.
Mon avis : 🖤🖤🖤
Merci au commissaire Dupin, à Nolwenn, à l’inspecteur Le Ber et à tous les habitants rencontrés pendant ces trois jours de m’avoir fait découvrir Belle-Île, ses paysages, ses spécialités culinaires, ses atouts multiples, ses menhirs. Sarah Bernhardt… Une lecture délassante qui est parfaite en été après une lecture prise de tête.
Une fois encore suivre les enquêtes de Dupin est un merveilleux guide touristique. Des anecdotes et des infos sur les moutons qui s’épicent d’eux-mêmes, en ruminant, l’histoire des Acadiens qui résident sur l’île, et tout le reste…
Petite baignade au début et à la fin du roman avec le nouvel ami du Commissaire, le phoque gris à moustaches puis très rapidement, cap sur Belle-Île suite à la découverte d’un cadavre. Un corps jeté dans l’océan et qui n’aurait jamais dû réapparaître mais les hasards des courants… Pas de chance pour le Commissaire qui déteste monter sur un bateau… mais c’est pas de chance pour celui qui habite en Bretagne… Très vite la question se pose : le coupable serait-il un insulaire ou viendrait-il du continent ? Il fait dire que le mort était détesté de tous… Et cela ne va pas s’arrêter à un mort… il y aura un enlèvement, un autre mort, des lettres de menace, du chantage…
Extraits:
Et il y a bien une raison évidente pour laquelle tant d’artistes sont venus ici, patron : Claude Monet, Henri Matisse, Sarah Bernhardt, Jacques Prévert, Gustave Flaubert. L’île accueille depuis toujours nombre d’esprits libéraux et créatifs. On y ressent comme une grande liberté, et une anarchie créatrice.
Dans la baie, la mer ne scintillait pas ; elle brillait. Elle brillait tellement qu’elle offrait un spectacle presque irréel. Des reflets de différentes couleurs au gré de la nature et de la profondeur des fonds. Turquoise, aigue-marine, jade, vert clair, puis, naturellement, un camaïeu de bleus : cyan, bleu acier, azur, bleu barbeau. Et, au-dessus des flots, d’autres subtiles nuances encore…
Elle lui avait un jour appris le nom d’une couleur mystique, visible seulement en Bretagne : le « glaz ». Le mot n’a pas d’équivalent en français ; il désigne un mélange de bleu, de vert et de gris, dont se teinte l’océan.
Pour nous, les Celtes, le whisky est comme le soleil de la vie, expliqua Fidelin, dont les yeux étincelaient comme ceux d’un enfant heureux. Pas seulement en Écosse, mais partout où nous vivons. Irlande, Cornouailles, pays de Galles, île de Man, Bretagne. Les six nations celtes. Gouloù est un mot celte qui signifie « lumière ». Le poète George Bernard Shaw disait du whisky que c’était un rayon de soleil liquide.
Il n’avait jamais été un grand buveur d’eau, ce qui faisait de lui un vrai Breton, selon le proverbe local : « L’eau c’est pour les vaches. »
— Là où il y a des éloges, il y a des mensonges, dit-on en Bretagne, alors évitons les éloges.
Image : célèbres aiguilles qu’a peintes Claude Monet. (À Islonk)