Nicci French «Lundi mélancolie» (2012)

Nicci French «Lundi mélancolie» (2012)

Auteurs : Sous le pseudonyme de Nicci French se cache un couple de journalistes, Nicci Gerrard et Sean French. Tous deux ont étudié la littérature anglaise à Oxford à la fin des années 1970 sans jamais se rencontrer. Ensuite, chacun a mené sa carrière de son côté dans le journalisme. Nicci collabore à l’Observer pour lequel elle traite notamment des grands procès d’assises ; Sean est chroniqueur littéraire pour divers magazines. Ils se croisent enfin en 1989, et décident de partager leur vie et leur écriture. Maniant l’art de jouer avec les nerfs et le suspense cousu main, ils rencontrent le succès dès leur premier thriller psychologique,

Série Frieda Klein:  8 livres : Série « Frieda Klein »  (page sur la série)

Lundi mélancolieSombre mardiMaudit mercredi – Terrible jeudiCruel vendrediTénébreux samedi Fatal dimanche – Day of the Dead (été 2018)  

L’action se passe à Londres. Une psychothérapeute d’une trentaine d’années, qui tient à son indépendance, et au respect de sa vie privée. Elle a une nièce de 16 ans à qui elle donne des cours de chimie et cela semble être la seule personne de sa famille à laquelle elle soit attachée. Elle souffre d’insomnies et de ce fait elle parcourt Londres la nuit, seule, à pied.

Elle va faire équipe avec le policier Karlsson mais elle a des méthodes bien à elle et très indépendantes de collaborer…

 

Lundi mélancolie. Le jour où les enfants disparaissent / trad. Marianne Bertrand

( Fleuve noir, 2012, 432 p  / Pocket 2013)

Résumé : Frieda, psychanalyste, s’inquiète pour l’un de ses patients : Alan, désespéré de ne pas être père. Toutes les nuits, il rêve d’un petit garçon. Son petit garçon. Un fils qui lui ressemblerait, roux, comme lui quand il était jeune. Et comme Matthew, 5 ans, disparu à la sortie de l’école quelques jours plus tôt.
Simple coïncidence ? Malgré le scepticisme de la police, Frieda est bien décidée à mener l’enquête.
Et si les rêves d’Alan sont des preuves, ils ont tout d’un cauchemar.

La Presse :

« Une machine psychologique habile et oppressante. Intrigue parfaitement menée, suspense et rebondissements, ce thriller fera passer quelques nuits blanches aux amateurs. »
femmeactuelle.fr
« Ce thriller est vraiment excellent et se hisse au niveau de ce qui se fait de mieux dans ce domaine. » Encre Noire
« Dense et puissante, cette première enquête a de quoi nous rendre accro. »F.F. – Avantages
« Le couple Nicci French est indéniablement au sommet du suspense psychologique britannique : spécialiste des rebondissements, il est passé maître dans l’art de faire monter la pression. »The Observer
« Une lecture addictive, qui met les nerfs à vif. » TheDaily Express
« L’un des romans de French les plus durs à reposer. »The Sunday Express.

 

Mon avis : J’avais souvent entendu parler de ces auteurs, mais jamais approfondi. Et bien je vais me ruer sur la suite de la série. Et dire qu’il n’y a pas que cette série ! Si tous leurs livres sont aussi passionnants ! J’ai de quoi lire pour un bon moment.

 

Donc Londres, été 1987. Il fait chaud. Rosie, 9 ans, se rend chez le marchand de bonbons avec sa petite sœur Joanna. Cette dernière lambine sur le chemin puis s’évanouit dans la nature.
Vingt ans plus tard, un petit garçon disparait. Les deux affaires pourraient-elles avoir un lien ?
L’intrigue est passionnante, le climat oppressant, les personnages (qui je l’espère seront récurrents) sont attachants, atypiques. Le coté psychologique est très marqué.
Les personnages secondaires sont eux aussi très présents et bien campés. Son mentor en psychologie à qui elle pique si l’on peut dire son patient, le peintre ukrainien qui va faire irruption dans sa vie… Des ambiances surréelles, des personnages qui hantent les nuits et peuplent les cauchemars.
La belle journée d’été du début du livre ne va pas tarder à céder la place à la noirceur et les brumes de l’hiver londonien… alors… place aux frissons… et pas uniquement climatiques…
Et je ne dis rien de plus pour ne pas spoiler..

Extraits :

Une semaine qui devrait affronter novembre, l’obscurité et la pluie, avec une obscurité et une pluie croissantes pour seules perspectives. C’était une époque où l’on ferait mieux de dormir pour se réveiller en mars, avril ou mai. Dormir.

Elle traversa Gray’s Inn Road – quelques bus et taxis de plus – et emprunta une ruelle, si petite qu’on aurait dit qu’elle avait sombré dans l’oubli.

Il n’avait pas envie de retrouver sa jeunesse, et tout ce mal-être, ce chagrin, cette sensation de ne pas être à sa place qui allaient avec.

 

Je passe mon temps à aider les gens à mettre de l’ordre dans leur vie. À leur trouver un fil conducteur. Mais je ne sais pas quel est le mien.

— Vous croyez… Vous croyez… Vous croyez… commença-t-il. (Il était habitué à ce qu’on l’interrompe. Il parlait pour combler les vides jusqu’à parvenir à trouver ses mots.)

On n’aime réellement qu’une seule ville. La mienne est ici.

Face à un problème, il faut s’y coller et le résoudre, voilà ma conviction. En parler ne le fait pas disparaître.

Quand il leva les yeux vers elle, elle s’efforça de sourire. Être heureuse lui faisait peur.

Au bout d’un moment, ce n’était même plus comme si je m’adressais à quelqu’un. Ça faisait le même effet que d’explorer une maison dans laquelle je n’étais jamais entré jusque-là, en découvrant des choses, en les ramassant pour les étudier, comme si je me laissais aller à errer en moi-même.

Il ne cessa pas d’écouter les mots mais il cessa de les traduire. Il tenta de les laisser devenir musique, une musique qui se contenterait de flotter par là.

Depuis longtemps, à présent, Frieda avait appris à organiser son existence de façon à la rendre aussi sereine et fiable qu’une roue à eau, dont chaque rayon plongerait au cœur de l’expérience pour en ressortir de nouveau.

Jusqu’où le laisserait-elle entrer dans sa vie ? Elle s’efforçait de l’imaginer. Voulait-elle vivre en couple, évoluer à l’avenir comme des alpinistes enchaînés ensemble ?

[…] notre mission n’est pas de gérer le désordre du monde mais celui qui se trouve dans la tête du patient.

— À un moment donné, on est obligé de se dire que c’est fini, voyez-vous ? Obligé.

Il croyait beaucoup au déni. Selon lui, c’était ainsi que les gens restaient sains d’esprit.

[…] il existait deux types de chefs en cuisine : l’artiste et le scientifique. Lui appartenait manifestement à la famille des artistes, capable d’improvisations extravagantes ; elle était la scientifique, précise et un peu tatillonne, suivant chaque recette à la lettre.

Je n’arrive pas à penser à autre chose. Je me lève en pensant à lui, je me couche et je rêve de lui. Je vais au pub avec les collègues, on parle de tout, j’entends des mots sortir de ma bouche. C’est fou qu’on puisse continuer d’agir comme si tout était normal quand ça ne l’est pas.

Il pourrait s’agir d’un cas de syndrome solipsiste. Vous savez, cet état mental de dissociation où les gens ont l’impression d’être les seules personnes réelles et que tous les autres sont des acteurs ou ont été remplacés par des robots, ce genre-là.

On ne peut pas tomber amoureux de quelqu’un dont on sait tout.

Plus que ça, elle trouvait important de ne pas rompre les silences, de ne pas les combler de son propre bavardage, même si la situation pouvait s’avérer très frustrante. Le silence, en soi, pouvait devenir une forme de communication.

Quand bien même, il était facile de faire ce qu’il convenait pour sauver quelqu’un, mais serait-elle prête à faire le mal ? Voilà le genre de pensées débiles qui bourdonnaient dans un cerveau à 3 heures du matin quand le taux de sucre dans le sang était bas. Elle avait appris durant sa formation et par expérience que ces heures-là engendraient un raisonnement négatif, destructeur. Voilà pourquoi elle avait pris l’habitude de se lever au beau milieu de la nuit. D’aller marcher, de lire un mauvais livre, de prendre un bain, un verre… Tout valait mieux que de rester allongée dans son lit à se tourmenter avec des pensées noires.

Voilà qu’ils reprenaient espoir, une nouvelle forme de torture.

Nicci French – Série « Frieda Klein »  (page sur la série)

(livre choisi pour le « challenge j’ai lu 2018 » ) : Un livre écrit par deux auteurs

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