Feuz, Nicolas «Restez chez vous» (2020)

Feuz, Nicolas «Restez chez vous» (2020)

Auteur : Né en 1971, Nicolas Feuz a exercé les professions d’avocat et de juge d’instruction. Il est actuellement procureur de la République du canton de Neuchâtel, en Suisse. Depuis plus de 16 ans, il s’est spécialisé dans la lutte contre le trafic de stupéfiants. Nicolas Feuz a étudié le droit à l’Université et obtenu le brevet d’avocat, avant d’être élu en 1999 comme juge d’instruction, puis en 2008 comme président du collège des juges d’instruction, et enfin en 2011 comme procureur de cette petite République helvétique. En 2010, il s’est lancé dans l’écriture de romans noirs, mêlant librement réalité du terrain et fictions obscures.

Il est l’auteur de sept polars publiés à compte d’auteur: La trilogie Massaï (ILMORAN, l’avènement du guerrier (2010) – ILAYOK, le berceau de la folie (2011) – ILPAYIANI, le crépuscule massaï (2012) -) La septième vigne (2013) –EMORATA, pour quelques grammes de chair (2014) – Les Bouches (2015) – Horrora borealis (2016) – EUNOTO, les noces de sang (2017) .
Depuis 2018 il est édité par Slatkine & Cie. Le Miroir des âmes (23.08.2018) – L’ombre du Renard (22.08.2019) – Restez chez vous (15.05. 2020) – L’engrenage du mal (18.05.2020)

Slatkine & Cie – 15.05. 2020 –

Le Polar du Confinement  « Restez chez vous» tire de la fameuse recommandation le titre de son nouveau polar. L’auteur à succès publie tous les soirs un nouveau chapitre sur sa page FB.
26 mars : Depuis dix jours, je vis confiné comme vous. Passé le traitement en télétravail des affaires courantes du Ministère public de Neuchâtel, j’imagine ce que pourrait être un polar sous épidémie. J’ai décidé de vous l’offrir. Vous le retrouverez sous forme de feuilleton tous les soirs à 19h, sur ma page Facebook, sur celle de mon éditeur et sur tous les réseaux sociaux. Le premier polar écrit sous confinement, avec le précieux concours de mon amie Meli Melo et toute l’équipe de Slatkine & Compagnie.

Résumé 
Aux premiers jours de l’épidémie de Coronavirus, le procureur Feuz a relevé le défi d’écrire un polar en temps réel, sous forme de feuilleton quotidien. Deux ou trois chapitres chaque jour, dans la pure veine du roman de genre.
Voici enfin le livre de cette expérience inédite.
Une maladie mystérieuse paralyse l’Europe. La survie du monde dépend de l’enquête d’un journaliste têtu, à la recherche du patient zéro, et de l’investigation d’une inspectrice de police obsédée par des disparitions d’enfants. Et si les deux se rejoignaient ?
Une histoire effroyable où la Suisse est l’épicentre d’une contamination planétaire.
Aussi effrayant qu’irréel. Tellement vrai. Du Feuz à l’état brut. Le livre événement de 2020.

« À quoi pourrait ressembler un polar sous épidémie ? Nicolas Feuz répond avec une histoire d’accident de tram, de journaliste fouille-merde et de bébés disparus… »

Mon avis :
Chaque soir de confinement du 26 mars au 28 avril, j’ai eu rendez-vous avec la page Facebook de Nicolas Feuz pour suivre le polar du confinement. Pendant ces journées spéciales (heureusement sous le soleil) le rendez-vous avec la suite du roman a signifié un rendez-vous avec l’extérieur !   Le feuilleton du confinement a tenu toutes ses promesses.  
Le livre est à la fois une véritable enquête sur fond de virus et une chronique du confinement en Suisse avec des événements et des interventions que tous les suisses reconnaitront. 
Et un clin d’œil à certains auteurs qui sont devenus personnages pour l’occasion (Norek, Bizien, Lebel, Saussey, Loubry, Tackian)
Le titre est le message de prévention qui nous a été dit et répété pendant cette période de confinement.

Au début il y eu la chauve-souris -anagramme de souche à virus ??? est-ce un hasard ??? – Il y a eu la mort du chauffeur du tram 215, Cédric Achard, la mort du photographe Karl Gross dans un accident d’avion. L’un des deux aurait-il contaminé l’autre ?
Il y a eu la rencontre avec une ancienne spécialiste des épidémies, la rencontre avec un journaliste tenace, celle avec le personnel médical des hôpitaux débordés par l’épidémie, et bien entendu la police. Des personnages qui ne sont pas ceux des autres romans de cet auteur qui a choisi de nous livrer un one-shot mais comme à son habitude des personnages bruts de décoffrage…
Comme dans tous les romans de Nicolas Feuz, ça démarre fort et cela ne fait pas dans la dentelle. Et une fois encore il y a le style Feuz : ça va à cent à l’heure, il y a du rythme, il se passe tout le temps quelque chose, il y a du suspense, de l’action…  Il y a un sentiment d’urgence, et des chapitres courts et efficaces. De fait comme l’auteur nous en offrait deux par soir, il fallait bien qu’il se passe quelque chose chaque jour !   
Le contexte : une épidémie (mais pas celle du Covid19) et deux enquêtes : celle d’une inspectrice de police qui enquête sur la disparition de bébés et un journaliste qui veut remonter aux sources de l’épidémie, trouver de fait le « patient zéro », celui par lequel tout a commencé.
Comme toujours c’est un bonheur de lire un livre qui se passe dans des lieux qui nous parlent (surtout aux habitants de Neuchâtel et de sa région) ; J’ai adoré le passage faisant référence à la réponse du président du Conseil d’État de Genève, Antonio Hodgers lorsque le Sénateur de la Haute-Savoie s’est permis d’émettre des réserves sur la gestion de la crise par le Gouvernement Suisse ! (chapitre 42).
Un grand merci à l’auteur de nous avoir offert ce polar en direct pendant le confinement et bonne lecture à tous ceux qui ont raté le coche mais ont maintenant le plaisir de pouvoir trembler en lisant le livre publié par les Editions Slatkine & Cie.

Extraits :

Une fois les fake-news identifiées, les réseaux sociaux étaient une mine de renseignements. Les gens lâchaient toujours trop facilement des informations sur la toile. Une publication a priori banale pouvait se révéler un scoop.

— Vous êtes une vraie ordure, vous.
Fournier en avait vaguement conscience, mais il était aussi de la vieille école, il savait qu’on ne gagnait pas le Pulitzer sans piétiner quelques plates-bandes.

Fournier le savait, raccrocher les gants était toujours possible, mais pas pour une passion. Élise Marval était passionnée.

Il n’avait dû son salut qu’à un défaut de procédure, au manque de preuves et au travail remarquable d’un avocat, qui avait précisément fondé, à sa demande, sa plaidoirie sur le credo de Dürrenmatt : « La justice est, à sa manière, une fiction à laquelle on est libre de croire ou de ne pas croire. »

Toutes ces émotions m’ont donné soif, je prendrais bien une bière.
— Une bière ? On est au Val-de-Travers, monsieur Fournier.
Elle lui servit une absinthe.

Les souvenirs liés aux odeurs sont, dit-on, plus intenses que ceux des autres sens. 

Au fond, il n’avait jamais cessé de l’aimer. Un jour, elle n’avait plus voulu de lui et ce jour-là, comme tous les suivants, il avait appris à la détester. Ou plus exactement, fait semblant de la détester, pour se protéger.

Je n’ai fait que renchérir sur un constat préexistant : dans les infections virales des voies respiratoires, l’évolution est souvent plus grave chez les hommes. De manière générale, les femmes ont une réponse immunitaire plus forte face aux infections. Le chromosome X, présent en un seul exemplaire chez l’homme, contient de nombreux gènes impliqués dans l’immunité. Les femmes en ont deux. Et les femmes sont plus intéressantes en tant qu’hôtes pour les virus, car elles peuvent les transmettre pendant la grossesse, la naissance et l’allaitement. Du coup, les virus s’adaptent pour être moins virulents chez les femmes que chez les hommes. 

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