Feuz, Nicolas – Voltenauer, Marc « Imperium » (2026) 540 pages
Auteur Nicolas Feuz : Né en 1971, Nicolas Feuz a exercé les professions d’avocat et de juge d’instruction. Il est actuellement procureur de la République du canton de Neuchâtel, en Suisse. Depuis plus de 16 ans, il s’est spécialisé dans la lutte contre le trafic de stupéfiants. Nicolas Feuz a étudié le droit à l’Université et obtenu le brevet d’avocat, avant d’être élu en 1999 comme juge d’instruction, puis en 2008 comme président du collège des juges d’instruction, et enfin en 2011 comme procureur de cette petite République helvétique. En 2010, il s’est lancé dans l’écriture de romans noirs, mêlant librement réalité du terrain et fictions obscures.
Romans:
La Série Mike Donner :
– EMORATA, pour quelques grammes de chair (2014)
– EUNOTO, les noces de sang (2017)
– La TrilogieMassaï (ILMORAN, l’avènement du guerrier (2010) – ILAYOK, le berceau de la folie (2011) – ILPAYIANI, le crépuscule massaï (2012) –Dipyque du confinement:
– Restez chez vous(2020) – Le Calendrier de l’Après (2020)
Série Jemsen : – Le Miroir des âmes (23.08.2018) – L’ombre du Renard (22.08.2019) – L’engrenage du mal (2020)- Brume rouge (23.02 2022) – Les larmes du lagon (10.11.2022) – Le Philatéliste (2023) – Les extradées (3.10.2024) – Les Prédateurs (2026)
Autres: La septième vigne (2013)– Les Bouches (2015) – Horrora borealis (2016)- Heresix (2021) – La secte (2025)
Auteur Marc Voltenauer : Ecrivain suisse né en 1973 à Genève, d’une mère suédoise et d’un père allemand et a vécu à Versoix, au bord du Léman, les vingt premières années de sa vie. Enfant, il est partagé entre sa passion pour le foot et son attrait pour une carrière de pasteur, peut-être pour suivre les traces de son grand-père, évêque au sein de l’église luthérienne de Suède. Après des études de Théologie à l’Université de Genève, Marc Voltenauer s’engage comme Secrétaire général des Unions Chrétiennes de Genève et opte ensuite pour un poste dans les ressources humaines au sein d’une banque. C’est suite à un voyage autour du monde qu’il décide de se mettre à l’écriture, et trouve à son retour son inspiration dans le pittoresque village montagnard de Gryon. Grand amateur de films et de romans policiers, il se dirige tout naturellement vers le polar.
Série : Andreas Auer «Le Dragon du Muveran» est le 1er roman de cet auteur mettant en scène l’Inspecteur Andreas Auer. La 2ème enquête de Auer «Qui a tué Heidi ?»(septembre 2017). « L’aigle de sang» (14 mars 2019), «Les protégés de Sainte Kinga»(1 octobre 2020); «Cendres ardentes » (3 mars 2023); «Fatal abîme» (3 octobre 2024)
Autre:
– 111 Lieux des Alpes vaudoises à ne pas manquer, (avec Benjamin Amiguet, Emons Verlag, 2022)
– 22 Itinéraires autour du Polar en Europe à ne pas manquer (avec Benjamin Amiguet, Emons Verlag, 2025) pas commenté mais très très passionnant et utile
Série à 4 mains avec Nicolas Feuz
Duo Jemsen/Andreas Auer : « Ultimatum » (2025) – Impérium ( 2026) –
Editions Istya & Cie – 27.08.2026 – 540 pages
Résumé:
Un homme projeté sous un train en gare de Neuchâtel. Une violente altercation dans le tunnel du Gothard. Deux incidents en apparence isolés mais qui vont entraîner le procureur Jemsen et l’inspecteur Auer au cœur d’un empire criminel d’une ampleur insoupçonnée. Derrière ces faits divers se cache Imperium, une organisation structurée comme un État, infiltrée au sein des CFF, qui fait circuler à travers toute la Suisse un produit stupéfiant d’une violence inédite –; le Crackmeth. Ses ramifications s’étendent jusqu’aux Ports-Francs de Genève et aux cercles opaques du marché de l’art. Chaque pas en avant des enquêteurs déclenche une riposte. Des témoins disparaissent. Des preuves s’évaporent. Et dans l’ombre, une exécutrice surnommée Le Faucon veille à ce que l’Empire reste intouchable.
Mon avis: 🖤🖤🖤🖤🖤
Quel bonheur de retrouver le procureur neuchâtelois Norbert Jemsen et l’inspecteur principal vaudois Andreas Auer, portés disparus à la fin du tome 1. Et pas qu’eux : Mikaël Achard et Flavie qui vont faire équipe…
Pour me rafraichir la mémoire voici l’exacte signification du titre: Imperium (commandement) le pouvoir suprême détenu par le roi puis attribué à certains magistrats. L’imperium permet à son détenteur de jouir de deux formes de pouvoirs, le pouvoir militaire et le pouvoir civil… Voilà qui promet…
Comme toujours dans les romans de ces deux auteurs, on entre immédiatement dans le vif du sujet et l’action démarre au quart de tour. Un hurlement, un homme poussé sous un train n gare de Neuchâtel . « Accident de personne » certes, mais pas suicide… tout semble dire meurtre.
Et très vite on découvre que la victime est un agent infiltré dans le milieu des stups. Une fois encore, les polices cantonales et fédérales seront de la partie.
J’ai aussi beaucoup apprécié les deux enquêtes menées en parallèle : celle de Jemsen et Auer qui est caractérisée par l’action et qui concerne les circuits de ravitaillement en drogue et principalement en Crackmeth ( nouvelle drogue de synthèse, mélange de cocaïne et méthamphétamine extrêmement dangereuse) et celle de Mikaël et Flavie, qui concerne le rapport d’une exposition consacrée aux trésors de l’art sacré bolivien prévue au musée d’Art et d’Histoire de Genève. Une enquête qui met en avant les exactions du naturaliste suisse Johann Jakob von Tschudi qui avait volé une statuette de la divinité Ekeko et qui a été rendue à la Bolivie en 2014 et le vol des antiquités dans sa globalité.
Et comme on peut s’en douter, les deux enquêtes vont se recouper…
Suspense jusqu’au bout et … Vivement la suite…
J’aime beaucoup les thrillers des deux auteurs pris séparément et leur écriture en duo est une vraie collaboration : le coté actions violentes de Nicolas Feuz est un peu adouci par la touche de psychologie des caractères donnée par Marc Voltenauer et c’est une vraie réussite.
Extraits:
Et si un agent des CFF figure parmi les victimes, l’affaire n’est pas du ressort des cantons, mais de la Police judiciaire fédérale et du ministère public de la Confédération.
Le choix des mots est important, commissaire, répondit Birgitta. Beaucoup de mécanos disent « j’ai tapé ». Alors j’essaie de les amener à dire « le train a tapé ». C’est pour les aider à passer du « j’ai tué » à « j’étais aux commandes d’une machine qui ne peut pas s’écarter ni s’arrêter à temps ». Ça permet de créer simplement que vous aviez changé de poste au sein des CFF.
— Le choix des mots est important, commissaire, répondit Birgitta. Beaucoup de mécanos disent « j’ai tapé ». Alors j’essaie de les amener à dire « le train a tapé ». C’est pour les aider à passer du « j’ai tué » à « j’étais aux commandes d’une machine qui ne peut pas s’écarter ni s’arrêter à temps ». Ça permet de créer une distance… et d’atténuer le sentiment de culpabilité qui les ronge. Ce n’est pas de la culpabilité, au sens rationnel. C’est un ressenti. Un mélange profond d’impuissance, mêlé d’injustice…
— La prévention ne supprimera jamais le risque. On se répète que les mots peuvent sauver des vies – et qu’en sauver une seule n’a pas de prix.
Divinité de l’abondance célébrée lors des festivités des Alasitas – inscrites au patrimoine culturel immatériel de l’humanité –, l’Ekeko occupait une place centrale dans la culture bolivienne. Même si la statuette conservée à Berne ne correspondait pas exactement aux représentations contemporaines, les Boliviens la percevaient comme l’ancêtre symbolique de cette figure, ce qui lui conférait une importance considérable.
Un indice signifiait un début de traçabilité. Et dès qu’on trace, on remonte – étape par étape – jusqu’au point de départ.
En fauconnerie, on ne commande pas un rapace. On le rappelle avec un leurre – un appât, une récompense, jamais un ordre. Tout repose sur le conditionnement : faire coïncider l’instinct de l’oiseau avec la volonté de celui qui le tient. Le fauconnier apprend, ajuste, récompense et, surtout, devient dépendant de ce qu’il croit maîtriser. Il le savait : on ne possède jamais vraiment un prédateur. On négocie avec lui.
Andreas et Jemsen sortirent sur la terrasse, verre de whisky dans une main, cigare dans l’autre. Voilà pourquoi Jemsen avait plaisir à travailler avec Andreas : ni l’un ni l’autre n’aimait enquêter depuis un bureau.
Je ne suis pas en mesure de commenter les motivations politiques d’un État étranger. Ce que je peux dire, c’est que la question du patrimoine est devenue plus sensible ces dernières années, et les exigences ont évolué. Pour les autorités boliviennes, intervenir maintenant permet d’affirmer une souveraineté culturelle, mais aussi de montrer à l’opinion publique qu’elles défendent activement leur patrimoine.
C’était une manière tout helvétique de gérer les crises : aussi vite que possible, mais aussi lentement que nécessaire.
Information ( Mythologie Inca) :
Ekeko : le dieu des Aymaras de l’abondance, de la fécondité et du bonheur dans la mythologie inca issu de la région de l’Altiplano.
Il est encore présent dans la culture de la Bolivie (et dans une moindre mesure dans une partie du Pérou voisin), où il est représenté sous forme d’une statuette appelée equeco. (Source Wikipedia)
Pour en savoir davantage sur « le long voyage d’Ekeko » :
https://blog.nationalmuseum.ch/fr/2025/05/le-long-voyage-dekeko/